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Album FINK - Distance and Time

Sortie le 1er octobre 2007




Si "Biscuits for Breakfast", premier album de Fink chez Ninja Tune, a vraiment été un séisme musical tant pour l’artiste que pour le label, alors "Distance and Time" entretient l’émotion. Ce nouvel album est le résultat d’un frénétique agenda de toute l’année passée – Fink, accompagné du bassiste Guy Whittaker et du batteur Tim Thornton, ayant participé à une douzaine de festivals, plus d’une centaine de concerts, dont la première partie de Zero 7.

Afin de rendre cet album plus sophistiqué et plus étoffé que le précédent, Fink a confié la production à Andy Barlow du groupe Lamb. Franchement, "Distance and Time" ne débute pas en fanfare, mais plutôt avec l’introduction chuchotée de "Trouble’s What You’re In", si faible que vous serez amené à craindre pour sa santé.

"Aucun sample, et le strict minimum côté artifice électronique », nous avoue Fink. « Je suis convaincu que les chansons ont suffisamment de gravité et de force émotionnelle comme ça, et je ne voulais pas faire du revival de quelqu’un des seventies ou de je ne sais quand. Notre expérience de la route nous a montré que les fans de Fink ne sont pas les mêmes que ceux qui adulent James Morrison ou Paulo Nutini (ndlt : idoles folk du moment pour ados anglais). Peut-être cela vient-il de notre label, ou tout simplement de nos chansons – mais il semble bien que je sois le seul artiste “guitare-solo” que vous appréciez alors que vous détestez ce genre de truc d’habitude…"

"This is the Thing", le second morceau de l’album et premier single, poursuit l’édifice. Les paroles, consacrées à une relation sur le déclin, sont difficiles mais fragiles, délivrées dans un vrai souci d’honnêteté. Suit le dépouillé et plein de regrets "If Only" ; "Blueberry Pancakes" intensifie le rythme – la section rythmique grandit sur la fin à tel point que la guitare de Fink ne peut devenir qu’électrique. "Je ne suis pas en colère, explique Fink, j’intériorise énormément, et je suis sûr que vous pouvez ressentir cette tension dans l’album. Il y a quelque chose de jovial dans la chanson "Get Your Share", mais en réalité c’est plus de la colère retenue, et ça signifie beaucoup pour moi, donc peut-être un peu pour les autres. C’est en quelque sorte une chanson d’amour, et ça, ça touche tout le monde".

"Under the Same Stars" et "So Many Roads" sont la preuve de l’ambition de Fink, tant au niveau du son que de l’écriture, leurs arrangements météoriques étant dignes des meilleurs albums acoustiques. Sur "Make It Good", le beat très léger et l’introduction quasi a cappella reflètent le fragile sentiment propre à cette chanson – l’espoir optimiste de renouer une relation : “back together, piece by piece”. Enfin, les dernières minutes de l’album sont sans doute les plus proches des instants passés sur la route, avec l’épique "Little Blue Mailbox" où comment sa cabine de DJ est déjà bien loin…

Vendredi 24 Août 2007 - 15:18
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