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Album The do - A mouthful


Sortie de l'Album "A mouthful" le 15 janvier. Concert le 4 décembre 2007 à La maroquinerie (Paris) et le 6 décembre au Festival Les Transmusicales Rennes, Bretagne .



La musique, ça ne marche pas comme les mathématiques. Si vous ajoutez un musicien à un autre, vous n’êtes pas sûrs du résultat : leurs talents respectifs peuvent s’additionner ou s’annihiler, s’opposer ou se révéler complémentaires. Dans le cas de The Dø, la rencontre artistique entre Olivia et Dan a été explosive, défiant les règles de l’arithmétique. Selon les intéressés, « ça n’arrive pas trois fois dans une vie ! »

Depuis qu’ils se sont croisés début 2005, au moment de collaborer au débotté à une musique de film, leur trajectoire respective a été bouleversée, leurs plans complètement changés. Venant du milieu du jazz, connaissant davantage la musique classique contemporaine (Stravinsky, Bartok) que le rock, Dan travaillait dans son coin, composant à la commande des musiques pour le cinéma, le théâtre ou des spectacles de danse. « Jamais, je n’avais pensé travailler avec une chanteuse, ça ne me venait pas à l’esprit. Jusque-là, j’avais connu des rencontres artificielles où il fallait souvent faire des compromis ». Olivia, franco-finlandaise installée à Paris, avait auparavant chanté de manière très naturelle pour des groupes de rock, de jazz ou d’electro, sans trouver quelqu’un qui l’aide à canaliser sa créativité. « J’avais envie de faire tant de choses…

Dan a fait sauter les barrières qui pouvaient me freiner parfois. Avec lui, musicalement je peux faire tout ce je veux ». L’échange et la curiosité sont réciproques : quand Olivia fait écouter PJ Harvey ou Queen à Dan, lui l’ouvre au classique et au jazz. Depuis, le ping-pong artistique ne s’est jamais arrêté et l’idée de The Dø a germé. Pourquoi ce nom de The Dø d’ailleurs ? A l’origine, il ne constitue que l’agrégation des initiales de leur prénom respectif. Mais d’autres sens se sont ajoutés : « le do est la première note de la gamme, c’est un nom qui a un pouvoir symbolique très fort », explique Dan tandis qu’Olivia rappelle que « do veut dire “la voie” en japonais ». Bienvenue dans le monde de The Dø, un monde toujours en mouvement et tout sauf unidimensionnel, où la prise de risque est une règle, une source de plaisirs.

A partir de l’étincelle initiale causée par leur rencontre, les projets se sont succédés, les emmenant du côté du cinéma (la BO du film Camping sauvage avec Denis Lavant et Isid Le Besco ou celle de The Passenger, BO doublement primée au festival international d’Aubagne et au Premier Plan d’Angers) ou de la danse. Un jour, le chorégraphe Juha Pekka Marsalo leur a demandé une chanson avec une guitare bien électrique. « Quelque chose de plus rock que ce qu’on pouvait faire », se rappelle Dan. « Pour nous c’était impensable. Mais j’ai dit à Marsalo que ce qui m’excite ce sont les projets où on ne vient pas nous chercher pour ce qu’on maîtrise mais pour ce qu’on ne sait pas faire ».

En 48 heures, Olivia et Dan bouclent “The Bridge Is Broken” : on y entend la voix écorchée vive mais mélodieuse d’Olivia entourée de guitares reptiliennes pour un concentré d’émotions qui servira de déclic et d’acte de naissance. « Avec “The Bridge Is Broken”, on s’est vraiment découvert une liberté qu’on ne se connaissait pas », estiment Olivia et Dan. Cette liberté, ils l’explorent ensuite dès qu’ils en ont l’occasion, écrivant des chansons comme s’ils pénétraient sur un terrain de jeu sans limites. « On n’avait aucune vision, c’était comme la récré », analyse rétrospectivement Olivia. Naissent justement “Playground Hustle”, sorte d’hymne à un éternel esprit de rébellion enfantine et “Queen Dot Kong”, où sur fond de fanfare, Olivia et Dan laissent éclater leur passion pour le hip hop (spécialement pour le Wu-Tang Clan ou Eminem). « On ne veut pas s’enfermer dans un truc folk rock », affirment-ils en choeur.

L’un enregistrant ce que l’autre joue (et vice-versa), ils composent à quatre mains et deux têtes, Olivia amenant le côté mélodique et Dan des structures héritées de la musique symphonique ou du jazz. Ce dernier, admiratif de George Martin (les Beatles) ou de Nigel Godrich (Radiohead, Air), possède le savoir-faire et le goût pour les arrangements qui suggèrent images et collent le frisson. Lui qui considère que « chaque chanson est un court-métrage » met ainsi l’univers de The Dø en « couleurs » et en cinémascope. Des cordes qui font souffler un vent mélodramatique ou de folie, des guitares légères, furieuses ou en larmes, des lignes de basse jazzy et des rythmiques intrigantes : le casting musical ne comprend aucun instrument qui joue les figurants ou la facilité.

Tous renforcent l’identité de The Dø mais s’effacent devant la voix d’Olivia, capable de toutes les mutations. Tendre, rêveuse, boudeuse ou en colère, cette voix fascine par son intensité et les émotions qu’elle fait naître en nous. De ses paroles, écrites en anglais ou à l’occasion (“Unissasi laulelet”) en finnois, Olivia dit juste qu’elles forment des « petits contes modernes ». Pour en saisir les histoires, il faut se laisser envoûter par ces chansons qui, malgré la pureté de leurs mélodies, gardent leur part de mystère. Que cachent le catchy “On My Shoulders” ou “Searching Gold”, chanson au tempo instable qui ondule comme une danse tzigane ? Fort de quinze titres, A Mouthful (« une bouchée » en anglais), premier album à la sensualité aboutie réussit à être extrêmement cohérent et digeste tout en étant le produit de boulimiques de musique. « Ce qu’on aime, c’est que ça rebondisse tout le temps, qu’on ne s’ennuie jamais ».

Cette ligne de conduite exigeante, les deux musiciens l’appliquent aussi en concert, perpétuant l’esprit de défi à l’origine de The Dø. Olivia chante, une guitare saturée en bandoulière, (une expérience inédite pour elle) tandis que Dan qui n’avait jamais quitté le confort de son studio pour monter sur scène joue de la basse et des claviers. Olivia et Dan ont pris un parti radical, celui de réarranger la majorité de leur répertoire de manière très électrique et rock, en allant à la fois à l’essentiel et en donnant tout ce qu’ils ont.

Pour les accompagner dans cette nouvelle aventure du live, ils ont fait appel à Jérémie Pontier (qu’on entend aussi sur deux chansons de A Mouthful). La présence de Jérémie, dont la batterie est entourée d’un kit de casseroles de cuisine sur lequel il tape gaiement, renforce encore l’impact visuel d’un groupe ennemi de la routine. Preuve que l’univers de The Dø passe la rampe de la scène, sur la page myspace du groupe, les premiers spectateurs du trio lui adressent des déclarations enflammées et des retours enthousiastes.

D’autres internautes y ont découvert quelques extraits de A Mouthful et ont vécu une vraie révélation. Après la première rencontre d’Olivia et Dan, l’histoire de The Dø est parsemée de coups de coeur. Et le club, pour l’instant fermé des fans va s’ouvrir en grand avec la sortie de ce premier album qui va marquer l’année 2008 et transformer The Dø en groupe qui compte, qu’on habite à New York, Londres, Paris ou Rio de Janeiro.

Jeudi 22 Novembre 2007 - 23:50
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