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Album de Arman Méliès - Casino

Sortie le 21 avril 2008


En deux albums, « Néons blancs et asphaltine » en 2004, puis, l’année d’après, « Les Tortures volontaires », Arman Méliès a imposé sa griffe sonore, à la fois onirique et cinématographique, ses textes aux détours altiers et lyriques, tout en suggestions baroques. on y retrouve l’univers Méliès, mais enrichi de cordes, cuivres, claviers, et batteries percutantes. Dix titres denses et drus, aux musiques et aux textes étroitement liés, comme un voyage dans l’imaginaire, ou une promenade nocturne sur la grève d’une station balnéaire abandonnée.



Magicien. Ce n’est nullement un hasard si Arman Méliès s’est choisi, il y a déjà cinq ans, un nom d’artiste en forme de double hommage : Arman, pour l’excentrique peintre et sculpteur contemporain qui cassait des pianos avant de les coller sur des toiles de trois mètres sur quatre ; Méliès, pour le lunaire cinéaste pionnier, inventeur des premiers trucages. Car il y a un peu de tout cela dans les chansons d’Arman Méliès : un goût prononcé pour le fantasmagorique mélancolique et la féérie bizarre, une propension au romantisme étrange, à l’émotion irréelle.

On dit des Beach Boys qu’ils ont jadis inventé les symphonies de poche. C’est sans doute sur ces fondations-là qu’Arman a bâti peu à peu son œuvre, comme un puzzle harmonique aux pièces changeantes et sans cesse renouvelées, un collage de sons et de sens aux volutes aériennes.

En deux albums, « Néons blancs et asphaltine » en 2004, puis, l’année d’après, « Les Tortures volontaires », Arman Méliès a imposé sa griffe sonore, à la fois onirique et cinématographique, ses textes aux détours altiers et lyriques, tout en suggestions baroques. Pas étonnant que des artistes comme Dominique A ou Alain Bashung se soient entichés de ce curieux troubadour aux ardeurs exaltantes. Après avoir enregistré "Ivres" en duo avec l’auteur de « Osez Joséphine » (sur les "Tortures Volontaires") et l'avoir accompagné pour sa dernière tournée en date, Arman vient d’ailleurs d’écrire deux musiques de son prochain album. Décidemment, ces deux-là ne se quittent plus.

C’est fort de ces expériences enrichissantes qu’Arman Méliès propose aujourd’hui son troisième enregistrement studio. Sobrement intitulé « Casino », le disque, réalisé à Bruxelles par le fidèle Antoine Gaillet, renoue avec un format plus « chanson », tout en s’inscrivant dans une continuité artistique : on y retrouve l’univers Méliès, mais enrichi de cordes, cuivres, claviers, et batteries percutantes. Dix titres denses et drus, aux musiques et aux textes étroitement liés, comme un voyage dans l’imaginaire, ou une promenade nocturne sur la grève d’une station balnéaire abandonnée.

« Après un an et demi de tournée, seul sur scène, j’avais envie d’un retour à l’électrique et aux rythmiques, mais aussi de plus de concision mélodique et de simplicité dans les textes», affirme ce natif de l’Essonne, grandi aux sons de Neil Young, The Cure, Sonic Youth ou My Bloody Valentine. Un fan de musiques anglo-saxonnes mais nourri de littérature contemporaine et admirateur de Léo Ferré. Un artisan paysagiste pointilleux, qui raffole des effets de miroir et des expressions à double sens et n’hésite pas à peaufiner ses textes au millimètre près : « Quand j’écris, trouver le mot juste me rend heureux… jusqu’au mot suivant. »

« Casino » débute par le morceau éponyme, évocation de la comédie de la vie avec son jeu de masques, ses « règles du je » et cette solitude qu’on ressent parfois, « ensemble, esseulés, mais ensemble… » Un thème qui revient comme un leitmotiv tout au long de l’album : rester debout, malgré les épreuves, les douleurs et les deuils, se persuader que la vie continue, au-delà des regrets et des envies inassouvies.

Chansons de vie et de mort, donc, chansons d’amours et de ruptures aussi. Comme « Belem », souvenir d’une escapade littéraire dans les rues de Lisbonne, librement inspirée par « Le Livre de l’intranquillité » de l’écrivain Fernando Pessoa, ou « Sur ta peau », inventaire des petits et grands mensonges quotidiens. Ou encore cette étonnante reprise d’« Amoureux solitaires », le tube synthétique eighties d’Elli et Jacno, popularisé par Lio, qu’Arman s’approprie et réinvente, « à cause des paroles, un texte incroyable passé inaperçu à l’époque et qui colle parfaitement à la thématique de l’album ».

Sur la pochette du disque, illustrée comme d’habitude par le graphiste dadaïste Julien Pacaud, on voit des ballons rouges planant au-dessus d’un immeuble au futurisme rectiligne. C’est tout Arman Méliès, ça : un mélange de rêve et de rigueur, de fiction et de réalisme, de modernité et de classicisme. Dans le Casino d’Arman, il y a des tapis verts et des divas nostalgiques, des regrets et des espoirs, des soupirs et des sourires, de l’amour et du hasard. Le jeu de la vie.

Arman Méliès sera sur scène :

- Le 4 AVRIL Neuilly-sur-Seine (Festival Chorus des Hauts-de-Seine)
- Les 14 & 15 MAI au Divan du Monde (Paris)

Mercredi 26 Mars 2008 - 17:08
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