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Album de Bang Gang - Ghost From The Past


Concert exceptionel pour la sortie de son 3eme opus avec Keren Ann le 5 juin pour la cloture du festival d'art de Reykjavik (Islande).



Même s’il opère sous le pseudonyme de Bang Gang depuis 1996, Bardi Johannsson, grand échalas venu d’Islande, ne se livre véritablement à visage découvert que depuis 8 ans. C’est d’abord un premier disque atmosphérique You (2000), aux contours étonnamment doux vaporeux pour un artiste qui choisit d’opérer sous un pseudonyme aux résonances franchement hard. L’année 2003 marque son véritable avènement, comme compositeur, interprète et metteur en son.

Simultanément, deux albums l’imposent comme une figure majeure de la mélancolie musicale : Something Wrong, deuxième album de Bang Gang qui mêle avec un sens étonnant du contraste le moelleux des chansons acoustiques et l’exploration électronique la plus aventureuse ; puis Lady & Bird, projet parallèle et duo androgyne mené en pleine complicité avec Keren Ann, plein de fragilité et de sobriété. Fort du succès de ces deux créations, mais jamais trop grisé, Bardi se plie un temps au jeu de la tournée, de l’Europe au Japon en passant par les USA, avant de s’évanouir à nouveau dans l’anonymat de ses activités les moins exposées au regard public.

C’est que, dans ses goûts comme dans ses pratiques, cet artiste complet reste avant tout un amateur au sens le plus noble du terme, capable de se consacrer aux styles et aux disciplines les plus variées sans rien renier de ses exigences esthétiques : lui qui confesse une inclinaison pour le hard-rock le plus brut, tout autant que pour Ennio Morricone ou Serge Gainsbourg ne saurait limiter l’expression de ses talents au seul champ musical sans en éprouver de frustration ou de souffrances. Réalisateur de courts-métrages (Red Death, projeté en avant-première en 2004 au Centre Pompidou), producteur et auteur pour divers artistes islandais, compositeur de bande-originale (Haxan, 2005) : Bardi n’a pas perdu son temps, loin de là, au cours des 5 dernières années.

Pour autant, comment ne pas se réjouir de voir resurgir ce geyser éteint pour un retour à ses premières amours : les chansons. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, encore et toujours, sur ce troisième album. Des chansons formidablement bien écrites, pleines d’envolées mélodiques comme il en existe peu dans le paysage contemporain ; arrangées avec soin, avec une cohérence qui n’empêche pas, ici le respect de la diversité. Entre l’évidence pop et les influences presque métalliques du tube potentiel, I Know, irrésistible appel à la danse, le crescendo émotionnel et les montées d’orgues presque mystiques de Ghost From The Past, qui tire presque irrémédiablement vers les larmes ou la délicatesse éthérée de Don’t Feel Ashamed, sublime composition digne du meilleur de The Lotus Eaters ou The Cocteau Twins, Bardi prouve, s’il en était encore besoin, l’étendue de sa maîtrise et de son talent.

Bardi Johannsson aime donc les mystères et l’éclectisme, toujours près aux détours les plus inattendus. Comme les spectres évoqués dans le titre de ce troisième album, Ghosts From The Past, il s’éclipse quelques temps puis réapparaît. Sa musique, elle, ne cesse jamais de nous hanter.

Comme pour fêter la sortie de ce 3eme opus avec son amie Keren Ann, Le gouvernement islandais a choisi Bang Gang et Keren Ann pour clôturer en musique le Festival D’art de Reykjavik le 5 Juin prochain.

Pour l’occasion, 35 minutes de concert de Keren Ann, 35 Minutes de concert de Bang Gang et 20 minutes de concert de Lady & Bird, ont été ré-arrangé par Thorvaldur B. pour les 80 musiciens de l'orchestre symphonique national d'Islande et seront dirigés par Daniel Kawka (chef d’Orchestre pour le Philharmonique de Radio France, le National  Polish Radio symphonic Orchestra, l'Orchestre National De Lille,  L'Orchestre symphonique de Varsovie, et l'Orchestre Philharmonique de Liège).

Mercredi 7 Mai 2008 - 20:32
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