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Album de Beautés Vulgaires - A part ça, tout va bien


« Beautés Vulgaires » titre provocateur emprunté à l’origine à un roman photo pornographique, l’oxymore a pris à partir de la sortie d’« asile de flou » en 2003 un sens plus affirmé : si la beauté est fille de ce qu’il peut y avoir de meilleur dans la nature et dans l’humain, la vulgarité n’est pas là où l’on croit, c’est-à-dire dans la bouche de ceux qui gueulent et raillent avec des mots crus, mais elle est sans doute d’avantage du côté des adulateurs d’indices, des adorateurs de fric et d’un système qui précarise, marginalise, rejette ou karchérise !



Après les avoir vu parcourir la France « du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest » - avec entre autres, des passages remarqués aux Francofolies de La Rochelle, aux Terres Nevas de Bobital, au Festival Pic’Arts et deux soirs combles au Bikini de Toulouse -, nous n’avions pas de nouvelles de « Beautés Vulgaires » … Et pour cause, depuis la fin de la tournée « les 10 ans » fin septembre 2006, les six membres du groupe se sont attelés à travailler, ciseler, torturer et peaufiner leur nouvel album entre Toulouse et Paris. Le boulot s’est achevé à la mi-mars.

12 nouveaux titres sont prêts pour la sortie le 04 juin 2007 de leur nouvel album, « A part ça, tout va bien.. », sur le label AT(h)OME.

Dès la première écoute on perçoit que tous les mots prennent sens, que l’écriture est appliquée mais non sans aspérités drôles ou émouvantes. La musique, résolument plus rock, est sans nul doute la plus efficace que le groupe nous ait donnée d’écouter. Un rock hérité du mouvement alternatif flirtant parfois avec la chanson française ou la pop. Soucieux de garder un esprit artistique indépendant, le travail de composition et d’arrangement s’est fait dans la stricte intimité mais le groupe s’est entouré, comme à son habitude, d’autres artistes au moment de la réalisation. Ainsi Mr FUZZ a apporté sa touche de sonorités électroniques à sept des douze morceaux, Jérémy DIRAT (A ne rien comprendre, Laisse aller) et Julien COSTA (37, rue Lejeune) ont fait les arrangements de cordes. La prise de son et le mixage ont été confiés à Dominique LEDUDAL (Da Silva, Thomas FERSEN…).

Le morceau éponyme « A part ça tout va bien » ouvre le bal, « Beautés Vulgaires » y évoque un monde « qui marche vite, trop vite », un monde dans lequel les places sont de plus en plus chères. Il ne s’agit pas de places au soleil mais plutôt de petits espaces de vie et pour beaucoup de territoires de survie. Ce monde est trop souvent happé par la spirale de la croissance, des performances et de la concurrence effrénée. « Beautés Vulgaires » ne veut pas s’en tenir à ce constat amer, les six Toulousains n’oublient pas ce qui fait l’essentiel de l’humanité : le sens de la vie, le goût du bonheur, l’attrait des utopies ou tout au moins la part des rêves. Ils « clament et réclament » des droits souvent bafoués et réprimés : le droit à un monde plus ouvert au rêve, à la paresse (qui n’est pas le rien faire), à plus de solidarité et d’échange.

Le registre de « Beautés Vulgaires », n’est pas devenu pour autant le « tout sérieux », pour preuve l’adaptation qu’ils ont faite de « La maman des poissons » de Boby Lapointe, le parallèle entre l’abandon avorté de la cigarette et la rupture amoureuse dans « Adieu ma blonde ! » ou encore le parcours érotique de la locataire du « 37, rue Lejeune ». Dans « le journal » ils livrent un portrait caustique et humoureux de l’homme-médiatisé incarné par « la bête de foire » et nous transportent dans un univers parallèle dans « Doggy Bag », qui est la suite de « chapitre premier », sorti sur l’album « Asile de Flou ».

Le disque est fini ! On a qu’une hâte, retrouver « Beautés Vulgaires » sur scène ! Les « croqueurs de bitume », comme ils se nomment dans « Atteint par la fièvre », reprennent la route pour partager les sonorités de cet album, pour revisiter leurs anciens standards, en bref, pour fouler les scènes avec la gouaille et l’énergie qu’on leur connaît. Et pour ceux qui ne les ont pas vu pas après plus de 500 concerts, venez assister à cet instant de pure euphorie !

En résumé « A part ça, tout va bien… » est un beau voyage, et si « Beautés Vulgaires » n’est pas un remède aux maux du monde, leur rock’n roll demeure une bonne échappatoire !

Lundi 11 Février 2008 - 00:00
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