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Album de Juanes - Mi Vita Es Un Ratico


La star colombienne revient dans la ville qui a lancé sa carrière tourner une vidéo pour un nouvel album extraordinaire



Vivre à Los Angeles, c’est comme être assis au premier rang d’un concert privé mondial de musique latine. Tôt ou tard, tous les artistes principaux et beaucoup d’autres moins importants de ce monde parlant espagnol passent par ici, pour y créer ou pour y présenter leur musique.

Cette semaine, par exemple, la Cité des Anges a accueilli… Juanes, la superstar colombienne qui est sans doute la personnalité de la pop music latine la plus importante de ces dix dernières années.

… Le croiser ici cette semaine a suffi à redonner à un fan la foi dans la musique latine, qui était en plein marasme, tout comme le reste du business de la pop music.

Juanes est revenu dans la ville où il a commencé pour y filmer la vidéo d’un titre de son nouvel album studio à venir, une sortie internationale majeure prévue cet automne chez Universal. Il a passé l’après-midi de jeudi sur la Scène 20 des Ben Kitay Studios à Hollywood, à faire plusieurs prises d’une scène où il saute sur le capot d’une voiture noire en jouant un solo de guitare électrique pour la superbe femme coincée pendant tout ce temps sur le siège du conducteur.

"Regarde sur le côté," ordonnait le réalisateur, observant l’image du chanteur sur un moniteur. "Regarde vers le bas. Regarde dans la voiture. Maintenant souris. Coupez!"

Juanes s’exécutait docilement. Il était impossible de dire comment les diverses pièces du puzzle constituant ce processus s’emboîteraient pour former une illustration visuelle de cette chanson d’amour accrocheuse, "Me Enamora," prévue pour être le premier single. C’est le morceau le plus adapté à la radio sur cet extraordinaire nouvel album, "La Vida es Un Ratico," dont le titre est tiré d’un conseil donné au chanteur par sa mère quand il traversait une période éprouvante dans sa vie personnelle et qui signifie en gros "La vie est courte."

C’est tellement vrai. Il y a huit ans, cette méga-star charismatique n’était qu’un garçon décharné et anonyme de plus rêvant de devenir célèbre, arrivé de Colombie à Los Angeles pour y colporter quelques chansons qu’il avait écrites et enregistrées. Cet ancien fan de metal avait trouvé un nouveau son avec lequel il expérimentait, un mélange de rock énervé et de musique folklorique festive de son pays natal. Et il avait beaucoup de choses à dire, déversant ses peurs, ses obsessions, ses désespoirs et ses passions, aussi bien sur le plan personnel que politique, dans une bande démo qui allait devenir son premier album solo, "Fíjate Bien" (ce qui se traduit à peu près par "Fais attention").

Ce disque, et son angoisse face à la violence aveugle causée par les mines terrestres dans son pays, lui a valu une célébrité instantanée avec le chiffre stupéfiant de sept nominations aux Latin Grammy en 2001.

Juanes (le diminutif de Juan Esteban) avait passé des mois à peaufiner sa musique à L.A., se traînant toute la journée d’un bout à l’autre de la ville en bus quand il n’avait pas d’endroit où habiter. La chance lui a souri quand sa musique a attiré l’attention du producteur oscarisé Gustavo Santaolalla, qui avait lui-même déménagé de Buenos Aires à Echo Park. Le célèbre réalisateur musical allait bientôt devenir le partenaire de Juanes sur la route du vedettariat.

Ce lien à L.A. entre ces deux ressortissants d’Amérique Latine allait contribuer à transformer la musique latine conventionnelle, remplaçant les crooners en smoking qui dominaient auparavant l’industrie par un chanteur-auteur nourri au rock, armé d’une guitare en bandoulière et portant des jeans. Juanes allait vendre plus de 5 millions d’albums dans le monde entier, devenant l’équivalent masculin de sa compatriote colombienne, Shakira, mais sans chanter en anglais.

"Au début, cette ville m’a fait payer très cher mon succès," a dit Juanes, que sa célébrité ne semble toujours pas avoir changé aujourd’hui. "Mais ensuite, L.A. m’a tout remboursé. La relation que j’ai avec les fans d’ici est très étroite, et très spéciale."

Toute l’année dernière, Juanes est resté terré dans sa retraite montagnarde surplombant la ville de Medellin, travaillant dans la solitude de son studio personnel, tard dans la nuit. En février, il était de retour dans le studio de Santaolalla à Echo Park, La Casa, avec un nouveau lot de chansons qui constituerait la musique de son nouvel album, son quatrième en tout et son premier depuis l’énorme succès en 2004 de"Mi Sangre" (Mon Sang).

Quand le fastidieux tournage de sa nouvelle vidéo a été terminé, les journalistes ont brièvement questionné le chanteur au sujet de sa séparation et de sa réconciliation avec sa femme, qui l’accompagnait pour ce voyage. Toutes les relations traversent des périodes difficiles, a déclaré ce père de deux jeunes filles. C’est tout simplement humain.

Mais on peut trouver une réponse approfondie à ces questions au sujet de ses désarrois privés dans plusieurs des 13 chansons de son disque à paraître, que Juanes m’a permis d’écouter en avant-première. Ses assistants ont installé son ordinateur portable personnel Apple sur une table basse dans une chambre du fond, et ouvert un fichier contenant les nouveaux morceaux. Quelqu’un m’a passé un jeu d’écouteurs et a fermé la porte.

La première impression (bien qu’il faille attendre une chronique complète pour un jugement définitif), est que l’album est un bond en avant considérable pour Juanes, à la fois en tant que chanteur et en tant qu’auteur de chansons. Musicalement, il a perfectionné son mélange caractéristique et il a retrouvé la résolution et la puissance qui donnaient à son premier album un impact tellement saisissant.

Juanes a quitté la ville dans la nuit de jeudi, pressé de rentrer à Bogota pour les répétitions et d’essayer une nouvelle pédale de guitare qu’il a trouvée à L.A. Il doit présenter le nouvel album devant un public de sa ville natale au cours d’un showcase le 29 août, avant de partir pour l’Europe effectuer la promotion de sa sortie, prévue pour le 22 octobre.

Les fans de L.A. peuvent être sûrs d’une chose: Juanes va revenir.


Mercredi 10 Octobre 2007 - 08:12
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