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Album de Larrikin Love - The Freedom Spark

Sortie le 15 mai 2007


Déjà plus de 25 000 albums vendus en Angleterre et un soutien unanime des medias. 1ère partie de Baby Shambles au dernier festival Inrocks à Paris.



De tous les groupes londoniens que le NME a associé à l'éphémère mouvement qu'il avait baptisé "Thamesbeat" (en référence au Merseybeat des années soixante) et qui engloberait des groupes du sud-ouest de la capitale aux sonorités proches (Mystery Jets, Holloways, …), Larrikin Love sont indiscutablement les plus doués et les plus déjantés.

Le groupe s'articule autour d'Ed Larrikin, chanteur à la démarche désarticulée et au visage angélique. Un excentrique dans la pure tradition britannique qui magnétise tous les regards tandis que son groupe s'active derrière lui dans un ska-punk festif, chamarré, et aux influences aussi diverses qu'incongrues.

Oscillant entre country sautillante (dans l'exceptionnelle "Happy As Annie"), dub à trompettes ("Meet Me At The Getaway Car"), bossa nova ("On Sussex Downs"), chanson traditionnelle irlandaise ("Fall At The Feet Of Rae"), punk flamenco arabisant ("Six Queens"), ska tzigane ("Edwould", "On A Burning Coast") et pop indie sous influence Libertines/Smiths ("Downing St. Kindling", "Well, Love Does Furnish A Life"), le son du groupe est multiple sans jamais être taxable d'opportunisme.

Tout au long de cet album, Ed Larrikin se place en position de Monsieur Loyal et invite l'audience à danser sur la musique riche et emballante de son groupe, sans cynisme aucun, sans pose fatiguante. Tout ici est frais et vient du cœur. Tient-on là un exemple de world music moderne? Une world music qui ne consisterait pas à sampler un vieil indien et lui coller des beats technos?

Larrikin Love viennent de Hounslow, dans une des banlieues les plus multiculturelles de Londres, près de l'aéroport d'Heathrow, où des milliers de réfugiés demeurent et où plusieurs dizaines de langues sont recensées. De ce melting-pot culturel, Larrikin Love ont tiré une musique qui dépasse les frontières tout en ayant de solides racines britanniques. Cette joyeuse collision des sons et des rythmes rend ce The Freedom Spark quelque peu bordélique mais éminemment sympathique.

Comme le dit Larrikin dans la chanson "Downing St. Kindling", "England has nothing more to offer me". En sortant de l'anglocentrisme qui gangrène le pays en ce moment – il faut voir les résultats du British National Party aux élections ou observer les gros skinheads reprendre "Albion" de Babyshambles en chœur pour s'en rendre compte –, Larrikin Love joue la carte d'un rock pluriculturel qui ne sombre pas dans le cliché et bouscule le cocotier indie.

L'album possède évidemment de nombreux défauts, comme celui d'être brouillon par moments, mais on peut attribuer cela à une fougue mal canalisée. Hormis quelques morceaux de remplissage (ceux qui sonnent le plus pop, comme par hasard…) et une durée tellement courte que c'en est presque du foutage de gueule, ce premier disque de Larrikin Love s'avère très convaincant, idéal pour danser ivre le soir du réveillon.

Sur certains morceaux, on ne peut s'empêcher de penser à Pete Doherty quand on écoute Ed Larrikin chanter. Le frontman illuminé de Larrikin Love possède le même genre de voix – ou de non-voix plutôt – que l'ex-Libertines. Sur le dub "Meet Me By The Getaway Car" ou l'extraordinaire "Six Queens" la ressemblance est frappante. Une question s'impose : l'avenir serait-il aux chanteurs asthmatiques ?

Source : Planet Gong

Mardi 20 Mars 2007 - 14:02
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