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Album de Le Sacre du Tympan - La Grande Ouverture

SORTIE LE 31 MARS 2008




Un big-band pour le XXIème siècle

Après un premier disque éponyme en 2002, puis « Le retour ! », trois ans plus tard, le Sacre du Tympan livre aujourd'hui « La Grande Ouverture ». L'occasion pour l'orchestre d'affirmer sa singularité tout en s'adressant à un public plus important. Mené de main de maître depuis une dizaine d'années par le trentenaire Fred Pallem, le Sacre du Tympan a su s'imposer comme un des plus passionnants ensembles de musique en activité en France. Ce big band de 17 musiciens (saxophones, trompettes, trombones, tuba, flûte, percussions, orgue guitare, basse et batterie) puise son essence dans le jazz, avec une conception élargie de l'idiome. « Je préfère collaborer avec des gens qui ne sont pas forcément issus de cette musique. » déclare Pallem. C'est peut-être parce que le bassiste (on peut le voir sur scène avec Sébastien Tellier) est lui-même venu à la musique par le rock avant d'étudier la composition et les arrangements au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, vivier de talents parmi lequel il a recruté les membres de l'orchestre. Voici plusieurs saisons que le Sacre du Tympan est sollicité pour fournir accompagnement et orchestrations à différents artistes, ce dont La Grande Ouverture est aujourd'hui un aboutissement. Fred Pallem y a appliqué les leçons qu'il a tiré des multiples collaborations qu'il a réalisées, auprès d'Emilie Simon, sur le nouvel album de Kent et aussi pour la publicité et le cinéma (on se souvient notamment d'Emmenez-moi du réalisateur Edmond Bensimon).

Un album taillé sur-mesure pour ses invités

Au sujet de La Grande Ouverture, Fred Pallem emploie volontiers le terme de collection. « Tous les morceaux de ce disque sont nés de la rencontre avec d'autres artistes et ont déjà été faits sur scène. J'ai choisi d'enregistrer mes arrangements préférés parmi ceux que j'avais faits pour d'autres. Chacun des artistes que j'ai contacté a accepté l'exercice. » Néanmoins, les différents titres dévoilent un stupéfiant sentiment d'unité, malgré la variété des collaborateurs. « Nous sommes probablement le seul groupe qui peut faire un titre avec Tellier et M, un avec Sanseverino, un avec Kanche, un autre avec Piers Faccini… Le dénominateur commun à tous ces artistes, c'est l'orchestre lui-même. Nous nous sommes adaptés à eux, ils se sont adaptés à nous. » Coutumier d'arrangements dépouillés, Faccini est particulièrement surprenant dans la luxuriance du big band, et très convaincant sur la relecture de son Sharpening Bone. « Nous aurions pu faire un album entier avec chacun. » s'enflamme Pallem. Que ce soit Sanseverino, Tellier et Marcel Kanche sur leurs propres compositions, Minvielle, Lourau, Juliette Paquereau et Alice Lewis sur des reprises signées respectivement Lionel Hampton, André Popp, Etta James et Burt Bacharach, tous se sont prêtés au jeu avec une jubilation qui fait plaisir à entendre.

Les couleurs du jazz avec l'énergie du rock

Constamment inventifs, les arrangements de l'album confirment la très large palette du Sacre, également à l'aise dans des registres sombres ou légers, voire franchement drôles. « Il y a de tout : des choses très posées, des musiques de cul, des trucs tarés aussi. » explique Pallem. Au terme des dix premières années d'existence du Sacre, Pallem semble y avoir accompli ce qui était son idéal : s'exprimer à travers un orchestre de jazz qui ait la puissance du rock. Héritier moderne des house-bands du type de ceux des labels Stax et Motown, le Sacre est un outil d'une richesse et d'une souplesse fabuleuses. En se consacrant principalement à des reprises (seule La Grande Ouverture, un thème écrit pour « La folle et véritable histoire de Luigi Prizzoti » d'Edouard Baer, est une composition originale), le Sacre s'assume pleinement comme accompagnateur, ce qui l'autorise à une plus grande épure. « Nous nous sommes mis au service de l'émotion en rangeant nos égos au placard. » affirme Fred Pallem. L'album est l'occasion pour Pallem et ses comparses de prouver leur amour pour d'autres compositeurs, et aussi une manière de boucler le premier cycle de l'existence du Sacre du Tympan. L'heure du Sacre a bel et bien sonné !

Mercredi 12 Mars 2008 - 21:39
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