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Album de Maxime Le Forestier - Restons Amants

Sortie le 19 mai 2008




8 ans que Maxime Le Forestier n’avait pas réalisé d’album original ! C’est chose faite avec « Restons Amants » qui sortira le 19 mai prochain. Ce nouvel album est composé d’un duo avec Emmanuelle Beart, à noter les participations d’Albin de la Simone, de Matthieu Chedid, Thomas Bloch (Radiohead, Tom Waits), Manu Galvin, Michel Haumont, et d’une partie des cordes et vents de l'opéra. Maxime a signé tous les textes de ce nouvel album.

A la réalisation on retrouve Frédéric Lo (Daniel Darc, Stéphane Eicher) Patrice Renson (Ben Ricour, -M-, Vanessa Paradis, Le Soldat Rose) et Stanislas.

Le 1er extrait de ce nouvel album « Restons Amants » dont Maxime Le Forestier signe le texte et Julien Clerc la musique.

EN CONCERT au Casino de Paris les 13, 14 et 15 novembre 2008

Qu'a-t-il fait durant ces huit années qui le séparent de « L'Echo des Etoiles » (2000) ? Maxime Le Forestier a alterné les dehors et les dedans. Les dehors, d'abord, avec ces voyages à travers la France et ses environs, muni d’un florilège de ses chansons dans une formation « Plutôt guitare ». Il y eut encore un tour de France, en solo cette fois, avec l'autre moitié du répertoire de Brassens dûment classé et numéroté. Au sortir des réveillons en famille, invariablement Maxime Le Forestier a rejoint celle des « Restos du Cœur ». Dans les périodes de replis, les dedans, avec un crayon et une guitare, il a traqué la rime pour retracer le destin de Spartacus et des siens (« Gladiateur »), une occasion de rappeler que les hommes naissent, quelque part, égaux en droit. C'était avant qu'il ne révèle au grand public la « Double enfance » de Julien Clerc. Aux dernières nouvelles, il s'associait au même Julien Clerc pour offrir « Juste une étoile » à Isabelle Boulay. Ainsi ont passé les saisons, sans l'ombre d'un quatorzième album à l’horizon.

Enfin, une chanson est arrivée par surprise, déposées sur les ondes par les hirondelles. « Restons Amants », c’est la magie retrouvée d’« Amis », de « Quitter l'enfance », d’« A mon âge à l'heure qu'il est »… où Maxime Le Forestier signe les paroles et Julien Clerc la mélodie. D’une voix mâle qui descend légèrement dans les graves, le voilà militant en faveur des amours adultérines, des aventures sous-marines (une forme de non-demande en mariage ?) L'arrangeur Frédéric Lo a placé la guitare devant et imaginé l'arrivée d’une flûte afin d’illustrer l’impatience de la belle toquant à la porte de l’hôtel pour un rendez-vous secret. C’est un peu la même histoire qu’il nous conte « Sur deux tons », un savant exercice de style pour une insouciante qui hésite entre deux beaux garçons. Gardera-t-elle les deux malgré les recommandations qui lui sont faites ? : « L’ubiquité, ma beauté, c’est un don, qu’ont les chansons, pas les humaines ».

« Restons Amants » donne son titre au nouvel album de Maxime Le Forestier qui contient douze chansons originales dont il a écrit la totalité des textes. Elles ont toutes été conçues pour voix et guitare, il ne restait plus qu’à leur trouver l’habillage adéquat. Deux arrangeurs se partagent l’essentiel des titres : Patrice Renson (Vanessa Paradis, Ben Ricour, « Le Soldat Rose ») et Frédéric Lo (Stephan Eicher, Daniel Darc) ont fait de la haute couture en respectant le postulat de départ cher à l’auteur. Une exception : pour « L’hymne à la soie », le seul duo, Maxime Le Forestier a fait appel à Stanislas, connu pour ses orchestrations de cordes (Calogero, Charles Aznavour) et son récent album « L’Equilibre instable ». Quand l’artiste ne signe pas lui-même la mélodie, il la confie à Manu Galvin, Michel Haumont, Michel Amsellem ou Julien Clerc. L’exception, dans ce domaine, c’est « Histoire Grise» dont la musique est d’Alain Lanty. «Histoire Grise», une lente mélopée mélancolique où les cordes sont là pour déplorer à l’unisson l’absence de sentiment, le manque cruel d’amour au creux d’un lit défait. Elle était destinée au disque que Serge Reggiani prévoyait d’enregistrer avant de mourir, en juillet 2004. Elle figure ici en hommage à celui qui, le premier, interpréta la chanson de Maxime Le Forestier débutant. À 21 ans, il avait été tellement flatté que Serge Reggiani chante sa « Ballade pour un traître » ! « Histoire Grise » fait écho à « Empreintes ». Frédéric Lo a conçu pour cette histoire d’amour bâclée un arrangement pattes de velours guidant les pas feutrés d’un gentleman cambrioleur de sentiments, qui repart sans rien emporter, à peine un souvenir ému d’une nuit de sensualité.

C’est lui et ce n’est pas lui… Maxime Le Forestier est immédiatement reconnaissable aux premiers accords de « L’ère Etrange » qui ouvre l’album. Une guitare et un quatuor (deux altis et deux violoncelles) entourent avec un semblant de gravité cette litanie de jeux de mots et de doubles sens pour décrire une époque. La sienne, la nôtre. Pourtant, l’auteur semble se poser des questions sur ses engagements avec « Grain de Sel », où s’entend la guitare de Matthieu Chédid: « J’irai bien glisser mon grain de sable, dans l’ordre et la paix civile, Glisser mon grain de sable, mais »... Quoi qu’il en dise, on reconnaît l’auteur constamment concerné qui se transporte dans le désert du Soudan. « Là-bas, la terre » est aride, rien ne pousse. Aucun espoir n’y fleurira jamais. Sur un rythme à cinq temps du guitariste Manu Galvin, la chanson raconte cette misère incurable, avec des maisons qui fondent sous la pluie. Il existe quelque part dans les archives de Maxime Le Forestier un film qu’il a réalisé lors d’une visite qui remonte à la première tournée consacrée à Brassens. Ce n’est pas la première fois que Maxime Le Forestier s’amuse à métisser ses chansons. « La Meute et le Troupeau », propose deux positions possibles (« Aboyé avec la meute/Au troupeau jouer du pipeau ») sur une mélodie qui entre progressivement en transe au son des percussions africaines. Ici, Patrice Renson a dû relever le défi lancé par l’artiste d’y ajouter une touche urbaine : des vents et des cordes.

Maxime Le Forestier est méconnaissable sur « Le juge et la blonde ». La mélodie de Julien Clerc a subi un sort auquel elle ne pouvait s’attendre. En réalité, personne n’avait prévu que ce conte sur un homme de loi et de sa blonde cigarette, se termine en une joyeuse fanfare de cuivres. Méconnaissable, aussi, de drôlerie et de malice, avec « Tellement je m’aime » (à prendre au second degré) et « Tuer le temps », un texte qui ressuscite l’esprit de Raymond Devos et laisse à la guitare de Matthieu Chédid (aux claviers d’Albin de la Simone) le choix de raconter l’histoire comme il la comprend : « Quand on a tué le temps / Qu’est-ce qu’on fait du corps ? »

Restons Amants distille ses surprises jusqu’au bout. Sur la douzième plage, s’alanguie une voix soyeuse et inconnue. « L’hymne à la soie » est un duo avec Emmanuelle Béart sur le thème de la douceur et de la sensualité. Pour l’incarner, il ne fallait pas seulement un timbre tendrement lyrique, mais une personnalité aussi. Dirigées par Stanislas, les cordes de l’Opéra de Massy se font discrètes pour laisser aux chants mêlés de Maxime Le Forestier et d’Emmanuelle Béart le loisir de disserter sur le thème de la soie. L’album s’achève sur ce chef-d’œuvre de romantisme qui n’a pas besoin d’en rajouter dans la séduction et sait se faire attendre.

Jeudi 24 Avril 2008 - 14:25
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