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Album de Micky Green - White T-Shirt

Sortie le 27 août 2007




Les filles ont bien changé. A voir son visage d’ange, ses cheveux blonds et ses grands yeux verts, qui se douterait que Micky Green, 22 ans, auteur-compositeur-interprète de délicates chansons folk s’est maté plus d’une fois l’intégrale, porno compris, des DVD de Snoop Doggy Dog ?

Le rappeur west coast le plus effrontément macho, mais aussi le plus drôle de l’univers appartient pourtant au panthéon personnel de cette jeune australienne. Micky, qui n’a honte de rien, s’autorise également de temps à autre, pour le plaisir, « un moment old-school-Mariah-Carey » : drame de l’amour en stéréo, vocalise dégoulinante et clip tout en hyperboles. Ça n'empêche pas d'aimer Bowie ou Erikah Badu. Les apparences sont ainsi, trompeuses. Qui s’en plaindrait ?

Micky — ses parents l’appellent Michaela, de vieilles origines Hollandaises dit l’histoire familiale — est partie de chez elle à 18 ans, jouer les mannequins. Un rêve gamine ? Non : « un métier pratique pour découvrir le monde » dit-elle. Surtout quand on a que ça et la musique en tête. Elle continue de l’exercer, de temps à autre, parce qu’on ne vit pas de ses chansons du jour au lendemain. Ça lui permet aussi de racheter les i-Pods qu’elle perd avec la régularité d’une étourdie. Six déjà. « Je les recharge en musique chez les potes. Le bon coté de truc, c’est que je découvre des artistes que je connaissais mal, et récupère mes indispensables tel Bob Marley. »

La plupart des titres de « White T-shirt », Micky les a écrits dans l’avion, dans ses chambres d’hôtel, dans les salles d’attente des aéroports. Dans ces moments où l’esprit vagabonde, comme elle le fait depuis 4 ans maintenant. Elle note tout dans un carnet qui ne la quitte jamais. Certains datent de l'adolescence. Micky a toujours écrit. Au lycée, elle jouait de la batterie dans un groupe. Le plus masculin des instruments, parce qu’être une fille n’oblige à rien. Et puis elle avait déjà appris à jouer du piano, toute seule… Le chant, c’était aussi une sorte de lien avec son père. Il lui avait transmis le virus de la musique, côté faiseur. Il en jouait, avec ses copains.

Et puis un jour, ses parents ont divorcé, comme tous les parents, rien de « grave ». Micky est restée avec sa mère, dans une banlieue de Sydney normale, banale, agréable. A la maison, on écoutait Fletwood Mac,Heart, ou du glam rock. Après les cours, elle travaillait, pour l’argent de poche, dans le magasin de disque du centre commercial « j’ai très vite compris la valeur de l’argent, et l'intérêt d'être indépendante. »

Pour ses maquettes, composées sur le logiciel Garage Band, et avec le micro de l’ordinateur, Micky a tapoté sur des tables, ses jambes, avec un crayon, une boîte. Des micro rythmes parfaits pour accompagner les détails qui parsèment ses textes. La vie lui apparaît toujours sous cet angle : une façon de tenir une cigarette, une couleur de t-shirt (white donc…), un faux pas, un doute… Tout cela, cette fragilité, cette simplicité s’entend sur son disque, même si les instruments ont changé. Il y une raison à cela : l’enregistrement a été confié à Renaud Letang. En studio, les deux ne parlaient pas plus que ça. Ils écoutaient la musique qu’ils aiment en commun. Vous savez quoi ? Du rap. En boucle, pour s’imprégner au mieux de l’indolence du groove.

Ce côté « laid back » et sans façon qui colle à cette fille, comme à ses chansons. « En arrivant à Londres et Paris, j’ai vite compris qu’ici, on ne portait pas de tongs » se souvient-elle. Ça ne lui a pas déplu pourtant, toute cette agitation, puisqu’elle a choisi d’y rester. Et d’en profiter. « Je crois que ne suis jamais autant sorti que pendant l’enregistrement. Je passais mes nuits dehors à faire la fête avec mes amis. C’était une période tellement extraordinaire pour moi qu’il fallait que je l’extériorise. » Qui a pu croire un jour que les chanteuses douces étaient sages ?

Jeudi 23 Août 2007 - 20:46
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