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Album de Raul Midon - A World Within A World

Sortie le 17 septembre 2007


Le chanteur découvert sur la BO de She Hate Me de Spike Lee en 2004 et connu en France pour son très bon "State of mind", revient le 17 septembre avec un nouvel opus "A World Within A World".



Raul Midón injecte de la soul classique dans la pop, un genre musical qu’il affectionne car c’est le plus universel. Lorsqu’une chanson devient un tube, elle balaye tout le paysage musical, et les compositions du talentueux Raoul Midón sont de cette facture.

Originaire du Nouveau Mexique mais désormais basé à New York, ce singer-songwriter et guitariste a éclaté sur la scène musicale en 2005, grâce à “State Of Mind”, un premier album particulièrement audacieux. “A World Within A World”, son successeur publié par Blue Note Rec. / Manhattan Records le 17 septembre 2007, multiplie les allusions à la musique pop dans son ensemble, et au monde intérieur que cet artiste, aveugle de naissance, a été capable d’imaginer.

En combinant la dimension humaine particulièrement attractive de Stevie Wonder, la façon dont Paul Simon a su incorporer des éléments provenant d’autres cultures, et un sens de l’individualité cher à des artistes tels que Bill Withers, Raul Midón confirme que la pop n’a pas d’œillères. “Il s’agit là d’artistes qui ont été capables de figurer dans les charts en faisant de l’art, note Raul Midón. Il n’y a plus beaucoup d’originalité dans la pop de nos jours, car tout le monde essaye de s’adapter au format radiophonique. Pourtant, la meilleure pop est aussi importante que les autres genres musicaux. J’aime autant Paul Simon, James Taylor et Prince que Miles Davis.” Avec “A World Within A World”, il entend bien contribuer à redonner à la pop ses lettres de noblesse.

Sans tourner autour du pot, Raul Midón précise : “Dans la pop, il faut savoir penser au public tout en faisant une musique qui reste intéressante au plan artistique. Si quelque chose que vous détestez a du succès, vous êtes quand même tenu de le jouer tous les soirs, ce qui n’est pas une façon de vivre. Parce que le succès de mon premier disque a ravi mon label, et grâce à la qualité des gens avec lesquels je travaille, nous avons fait le nouveau disque à notre manière, ce qui est plutôt extraordinaire par les temps qui courent. Personne n’a demandé quelle chanson allait être le premier single.”

Le tracklisting de l’album reflète sa diversité : “Pick Somebody Up”, la chanson d’ouverture qui pourrait être le credo de Raul Midón, allie une prise de conscience à un groove irrésistible, avec ce côté humain qui caractérise les albums marquants de Stevie Wonder et Marvin Gaye. Le titre a cappella “Ain’t It Happened Yet” fait référence au doo-wop et à l’exubérance des Beatles. “Love Is Gonna Save My Life” remet au goût du jour la soul 70’s soyeuse des Stylistics et des Delfonics, et le funk torride de la même décennie y est incarné par une partie de guitare wah-wah jouée par Raul Midón.
Dans “All The Answers”, Raul Midón fait allusion à une autre décennie en célébrant l’accès à l’information que procure Internet. C’est sûrement la première fois que le terme “googling” est utilisé dans une chanson. “Lorsque j’ai grandi, il fallait aller à la bibliothèque pour trouver des informations, fait-il remarquer. L’impact du flot d’information que nous subissons aujourd’hui est impossible à estimer et ce qui me fascine vraiment est le moyen que nous choisissons pour accéder à cette information.”
Tout aussi originale, “The More That I Know” est à la fois une chanson d’amour et une chanson engagée : “Quelque part, explique Raul Midón, il y est question de voyage, mais elle est également parsemée de métaphores. En tant que non-voyant, je me sens toujours désavantagé lorsqu’il s’agit d’évoquer des images que je n’ai jamais vues. J’ai réalisé que je devais parler de ce que je connaissais, et dans cette chanson, j’essaye d’expérimenter une nouvelle façon d’écrire, d’après ma propre expérience, plutôt que d’essayer de décrire un coucher de soleil que je n’ai jamais vu.”
Les allusions au monde dangereux dans lequel nous vivons abondent dans “A World Within A World”. “Tembererana”, qui utilise des éléments de la musique argentine, fait surgir le spectre des menaces qui pèsent contre “le pouvoir de la création”. “The More That I Know” pose des questions métaphysiques comme “Pourquoi les enfants souffrent-ils tant ?” Et la dominante “Peace On Earth” replace l’humanisme radical exprimé par John Lennon dans “Imagine”, dans un contexte contemporain. “On m’a accusé d’être naïf sur le premier disque, mais je crois que ça n’arrivera pas cette fois” dit Raul Midón en souriant.

Raul Midón est né à Embudo, au Nouveau Mexique, d’un père argentin et d’une mère afro-américaine. Passionné de musique depuis son plus jeune âge, il a commencé par jouer de la batterie, à l’âge de quatre ans, avant de se mettre à la guitare. Il a ensuite refusé une bourse accordée par l’Université du Nouveau Mexique au profit de l’Université de Miami, réputée pour son département jazz. Après avoir obtenu son diplôme, il est devenu choriste et a travaillé avec de nombreux artistes parmi lesquels Julio Iglesias ou Shakira. Il a également commencé à chanter dans des clubs en proposant un répertoire de reprises et de chansons originales. C’est alors qu’il s’est perfectionné en tant que chanteur et compositeur, et a développé une technique à la guitare influencée par le flamenco et le jazz.

En 2002, Raul Midón a décidé de faire le grand saut et a débuté sa carrière solo à New York. “Je voulais devenir artiste à mon tour et faire ce que je voulais” explique-t-il. Après l’avoir entendu, le légendaire producteur Arif Mardin, qui venait de produire “Come Away With Me” pour Norah Jones, lui a fait signer un contrat d’enregistrement. C’est ainsi qu’a démarré sa collaboration avec la famille dont le père et le fils, Joe Mardin, ont produit “State Of Mind”, que Steve Wonder a gratifié de sa présence via un titre.

“A World Within A World”, n’est pas le disque pop auquel tout le monde s’attend. Il est à la fois audacieux, accessible, contemporain et ancré dans ses racines. C’est un disque à la fois personnel et universel, séduisant et sans compromis. “A World Within A World” est de ces rares albums pop qui font la différence et à ce titre, il ne souffre aucune comparaison avec les disques des artistes classiques qui l’ont inspiré.

Samedi 28 Juillet 2007 - 21:51
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