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Album de Roisin Murphy - Overpowered

Disponible le 15 octobre 2007




La bougeotte

J’ai pas mal bougé depuis que je suis gamine. Je suis née à Arlow, une petite ville d’Irlande du Sud, j’ai vécu à Manchester, suivi des cours au Art College de Sheffield, puis j’ai fait la connaissance de Mark Brydon. Nous avons enregistré quelques titres sur lesquels je me contentais de “bavarder”, et c’est ainsi qu’est né Moloko. J’ai flippé lorsqu’on nous a demandé de signer un contrat pour six albums mais Mark a accueilli la nouvelle avec pragmatisme. Depuis quelques années, j’habite à Londres, mais j’ai également beaucoup bougé à cause du groupe. Nous avons même joué en Australie et en Europe de l’Est.

Je ne peux pas concevoir de faire un disque sans m’investir totalement dedans, ni qu’il me satisfasse complètement. Durant l’enregistrement de celui-ci, j’ai travaillé avec des gens formidables, écrit à Miami, Londres ou Barcelone, effectué quelques enregistrements additionnels à Sheffield et Philadelphie, une partie du mixage à New York, Jersey, Las Vegas et dans tous les studios de Londres qui possèdent une console Neve. L’album a été masterisé à Sterling, à New York.


“New York, New York”


Avant de débuter l’enregistrement de “Overpowered”, je suis allée à New York à l’invitation de Danny Krivit pour chanter “Forever More”, une chanson de Moloko, sur un play-back électronique remixé par François K, qui met en exergue son caractère disco. J’ai également interprété “I Cannot Contain This”, un autre extrait de “Statues”, l’album de Moloko. J’ai passé là un agréable moment et lorsque j’ai demandé à Danny de me donner le mix de la soirée, il m’en a donné une dizaine, soit près de 200 chansons parmi lesquelles “Keep On” de D Train, “Spank” de Jimmy Bo Horn, “You’re The One” de Little Sister, “Number One” de Patrice Rushen, “Together Forever” d’Exodus, “No Way Back” d’Adonis, ses edits originaux de “You Got Me Running” de Lenny Williams, “No One Gets The Prize” de Diana Ross, et “Stay This Way” des Brand New Heavies. Des chansons de Robert Palmer, Gwen Guthrie, Lisa Stansfield, Freeze, Mantronic, Universal Robot Band, Rene & Angela, ainsi que des titres par des artistes de la scène acid house de Manchester ont également fait partie des plus joués dans mon iTunes personnel. Je crois bien avoir été signée par EMI parce que je leur rappelle Robbie Williams.


Retour à Sheffield

Pour mettre de l’ordre dans mes idées et les influences qui m’ont amenée à enregistrer “Overpowered”, j’ai ressenti le besoin de revenir à Sheffield. Parrot, un ami de longue date avec qui j’avais envie de travailler depuis longtemps, m’a suggéré d’écouter encore d’autres titres disco.

Puis j’ai travaillé avec Seiji à Londres, avec Andy Cato à Barcelone, avec Richard X à Hoxton, à Miami avec Jimmy Douglass et le jeune Ill Factor, un petit génie des studios. Enregistrer les cordes à Philadelphie avec le légendaire Larry Gold a été la cerise sur le gâteau. J’ai aussi écrit deux chansons avec Parrot et son partenaire musical Dean Homer : “Cry Baby”, un marathon disco, et “Scarlet Ribbon”, ma première chanson lente en deux ans, enregistrée avec mon groupe et produite à Londres avec Dan Carey.

Ne plus tromper personne

L’essentiel de “Overpowered” a été écrit au pied levé avec des partenaires que je ne connaissais pas avant de travailler sur le disque. C’était quelque chose de neuf pour moi et j’ai beaucoup appris. La contribution de Seiji a été capitale, il m’a aidé à aborder cette musique qui m’obsédait de manière moderne.

J’ai enregistré six albums au cours de ma carrière qui n’ont pas tous fonctionné comme je l’aurais souhaité… Aujourd’hui, les chiffres de vente de tout le monde sont sur Internet. Jimmy Douglass m’a fait remarquer qu’on ne pouvait plus tromper personne. A Miami, c’est lui qui nous emmenait en studio le matin, et il disséquait la musique noire qui sortait des haut-parleurs de son autoradio. Il nous a démontré à quel point elle est simple. Il n’est pas du genre à faire des compliments, mais à la fin de l’enregistrement de “Checking On Me”, il a consenti à lâcher que j’avais vraiment assuré.

Matthew Herbert

Je considère “Ruby Blue”, mon premier disque solo paru en 2005, comme un petit miracle. Après les concerts de Moloko à la Brixton Academy, j’ai travaillé avec Matthew Herbert aux Dairy Studios. Son local ressemble à la NASA, on se serait cru dans “2001, L’Odyssée De L’Espace”. On a tout fait dans cette pièce, composé, enregistré les musiciens et le reste, et même mixé l’album. Matthew travaille de manière très directe, il affectionne les premières prises et le côté organique. Sa façon de travailler contrastait avec celle de Moloko. “Ruby Blue” ne s’est pas vendu des masses, mais j’en suis très fière.

Vive la folie !

Scott King s’est occupé de l’aspect visuel de “Overpowered”. Il était directeur créatif de Sleaze Nation lorsque la photographe Elaine Constantine m’a demandé de poser pour le magazine. Je lui ai montré des passages du DVD de Moloko filmé à la Brixton Academy, et lui, des images de David Bowie marchant dans une rue de Londres dans le clip de sa chanson “DJ”. C’est de là que lui est venue l’idée de faire de moi une diva des rues. Pour la pochette du single “Overpowered”, je porte une veste Viktor & Rolf qui s’allume avec tout un système électrique… Pas très pratique ! Lorsqu’on a fait la photo pour la pochette du deuxième album de Moloko, en Suisse, pendant une tempête de neige, celle où je porte une armure et essaye de traire une vache, je me souviens de m’être demandé à quoi tout ce la rimait. Mais finalement, j’aime toute cette folie. La vie est si monotone parfois, je suis plutôt une rêveuse. Je passe mon temps à penser à ce qui va se passer ensuite, à réfléchir au moindre détail. C’est d’autant plus ironique que je ne choisis pas le chemin que je vais emprunter, c’est plutôt lui qui me choisit. Tout m’arrive de manière si accidentelle…

Vendredi 31 Août 2007 - 13:03
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