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Album de Sébastien Tellier - Sexuality

Nouvel album évènement le 26 Février 2008




2001. L’odyssée de Sébastien Tellier commence par « L’incroyable vérité ». Un disque malheureux pour pleurer à la lumière d’une bougie. Un disque en apesanteur mixé par Quentin Dupieux où toute batterie est bannie. Un voyage intérieur à la frontière de l’universel et de l’intime où Sébastien, assoupi et la barbe fleurie, part à la recherche des temps perdus (le Floyd, Robert Wyatt, une certaine idée des années 70) sans bouger de son lit. Un ovni vient de se poser dans les jardins de la chanson française. A Record makers, sa maison mère, ex-label de Air d’en promouvoir la singularité.

2004. Sébastien Tellier ouvre la fenêtre de sa chambre et découvre un truc stupéfiant : le monde extérieur. Avec « Politics » son second album (Tony Allen à la batterie, Philippe Zdar aux consoles), il parcourt le globe à grandes enjambées (l’Afrique, les Etats-Unis, l’Amérique du sud…) pour essayer de comprendre ce qui s’y passe. « La Ritournelle » morceau de bravoure, épique et romantique, fait le tour des ondes, convaincant chacun de ses auditeurs d’une évidence : Sébastien Tellier est un artiste essentiel.

2006. Après des « Sessions » épurées où il reprend son répertoire (plus le sublime « Dolce Vita » de Christophe) accompagné de Simon Dalmais au piano, Sébastien s’enferme dans un studio parisien avec une moitié de Daft Punk (Guy-Manuel de Homen-Christo) derrière les manettes pour nous livrer la suite de ses aventures.

2007
. Biarritz en été. Un bar sur la plage. Sébastien Tellier est accoudé au comptoir. Il sirote un Martini dans un costume blanc immaculé. Au loin le soleil se couche et les filles à la peau cuivrée se dirigent nonchalamment vers le Blue Cargo. Sébastien claque des doigts : « Sexuality », son troisième album, envahit les airs. 11 morceaux qui parcourent la nuit en moins d’une heure, du crépuscule jusqu’à l’aube. Il nous glisse à l’oreille quelques mots sur chacun d’eux.

- Roche : « J’ai longtemps passé mes vacances ici. Toujours voulu y revenir, jouer ma musique et me dire « ce soir, je suis au top ». Dans cette chanson, le soleil tape et je fantasme dur sur les filles en bikini. Si je voulais séduire, je passerais cette chanson, une version européenne, française, de l’envoûtement sexuel que procure le r’n’b américain.»

- Kilometer : « Il faut imaginer ici un Justin Timberlake Berlinois. La sensualité américaine et la froideur mécanique germanique. C’est ma vision de l’amour à l’allemande : l’autoroute qui défile pendant des kilomètres…»

- Look : « C’est la chanson de la séduction latine. Sur les apparences. J’aime sentir qu’une
femme s’est apprêtée pour séduire. « Look » parle de la partie de peau entre la mini-jupe et les bas. Je parle ici de sexe de manière sage et sérieuse, comme un psy qui draguerait élégamment dans un cocktail-bar New Yorkais.»

- Divine : « Mon hommage aux Beach Boys et aux Juicy Fruits de « Phantom of The Paradise ». C’est le temps de l’innocence. De l’amusement avant la drague. Je regarde une bande de jeunes s’amuser sur la plage et j’aimerais bien jouer avec eux. »

Arrêtons nous un instant. Sébastien Tellier nous ferait-il avec « Sexuality » un grand numéro de charme ? Naviguant entre B.O. pour film porno et soul digitale, toute à la fois érotique et synthétique, sa nouvelle incarnation serait-elle celle d’un latin lover électronique ? «Sexuality» peut s’imaginer comme le carosse de Casanova monté sur des roues de Hummer. La vieille Europe de Christophe, d’Ennio Morriconne et de Giorgio Moroder flirte ici outrageusement avec la nouvelle école du r’n’b contemporain, celle de Justin Timberlake, Beyonce ou Timbaland pour 51 minutes d’une sensulalité technologique éprouvante pour les sens.

- Pomme : « C’est la chanson qui représente le mieux l’album. La plus érotique et sucrée. C’est le fruit défendu. Le soleil attend que les amants aient fini de faire l’amour pour se lever. Il ne veut pas déranger. »

- Un heure : « Je chante ici mon admiration pour les bisexuels qui ont la chance de goûter à
tous les plaisirs. La bisexualité révèle la plus grande part de freestyle d’esprit, les vrais êtres cools sont bisexuels. C’est la première chanson érotique que j’ai écrite, je voulais la faire durer une heure, ça a été le déclic pour tout l’album »

- Sexual Sportswear : « Premier extrait. Un instrumental. Ce morceau représente le mieux
mon association ave Guy-Man : mes accords touchants et l’efficacité et la légèreté des Daft. Pour moi le fantasme total, c’est une fille en survêtement qui fait du sport dans son salon. Elle a deux coachs qui lui font travailler ses fessiers et ses abdos… ça ne peut que déraper. »

- Elle : « Composée avec Guy-Man, c’est la chanson « Rox et Rouky » de l’album. On ne peut atteindre la jouissance sexuelle sans un minimum de complicité et de tendresse. La clé du
sexe c’est l’amour. C’est une chanson très pure qui ressemble au paradis. »

- Fingers of Steel :
« C’est le fantasme Kubrickien de la machine qui pense toute seule. L’ordinateur me touche ici sensuellement avec ses doigts d’acier. De notre union nait une
chanson.»

- Manty : « J’adore la musique classique, c’est une grande inspiration. Je suis parti ici de l’univers de « Marie-Antoinette » de Sofia Coppola : un mélange de discrétion et de tape à l’oeil qui pour moi est archi-sexe. Je m’imagine entrain de faire l’amour sur un voilier au large de l’Italie. Ce qui m’est arrivé cet été. Vivre ses fantasmes, c’est pour moi l’exemple d’une vie réussie. »

- L’amour et la violence : « C’est le titre somme sur ce que j’ai vécu de plus profond, qui
montre que le reste de l’album est un gros fantasme où je cherche l’intensité dans le superficiel. Avec « l’amour et la violence », je me dévoile enfin : je ne suis ni dans la peau de l’étalon ni dans celle du puceau, je suis à nu et je demande que l’on me juge pour ce que je suis. »

Les dernières notes de piano, si pures, si légères de « L’amour et la violence » s’envolent dans l’air encore tiède comme de petits tracts de propagande lancés par un avion. Sur chaque note est imprimé en capitales dorées : «SEBASTIEN TELLIER - SEXUALITY ». Le soleil peut enfin se lever.

Vendredi 25 Janvier 2008 - 23:36
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