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Album de Soulja Boy - Tellem.com


Le petit génie Hip HOP US du moment



"Ce mec est un génie. Il me fait penser à Michael Jackson avant sa mutation en bonhomme de cire, on retrouve chez lui cet immense talent." Des morts forts, que l'on attribuerait davantage à un bloggeur zélé plutôt qu'à un des imprésarios les plus en vue. Mais Mr. Collipark, plus connu pour ses productions incontournables avec les Ying Yang Twins, ne tarit pas d'éloges pour décrire Soulja Boy, nouveau phénomène venu d'Atlanta. Sceptiques ? Jugez plutôt : à un âge où les problèmes d'acné et d'appareils dentaires préoccupent ses petits camarades, Soulja Boy fait, lui, partie du prestigieux catalogue d'Interscope Records. Comment un garçon de 16 ans, rappeur, producteur, est-il passé du lycée South Panola à Batesville dans le Mississippi au somptueux bureau de Jimmy Iovine ? Penchons-nous sur cette incroyable ascension.

Soulja Boy, de son vrai nom DeAndre Way, est né à Chicago. Il a déménagé à l'âge de 6 ans à Atlanta. Cette ville, dont l'expansion artistique remonte au milieu des années 90, est aujourd'hui un haut lieu de la création musicale. Des artistes tels OutKast, Usher, Jermaine Dupri ou encore Goodie Mob sont passées du statut de célébrité locale à star nationale, imposant cette ville du Sud des Etats-Unis comme une place de tout premier ordre.

Le jeune Soulja, influencé par cet environnement, se lance alors pleinement dans la musique avec son partenaire de l'époque, Young Kwon : "C'est lui qui m'a appris a créer des beats et à enregistrer. Il a d'ailleurs enregistré mes premières chansons" dévoile Soulja. "Il m'a révélé ce qu'il savait au sujet des rythmiques sèches dans son studio chez lui." Stimulé, Soulja commence à créer et à peaufiner ses propres productions. Cependant, alors qu'il se consacre à la musique, le manque de moyens pécuniaires se fait sentir. "Je n'ai pas vraiment aimé mon enfance, car nous étions pauvres" admet Soulja. "Je devais rester avec ma mère et mon petit frère. Nous n'avions pas beaucoup d'argent. Je ne pouvais pas faire grand chose, juste aller à l'école. J'étais plutôt un bon élève, intelligent et assidu. Mais je ne vous cache pas que la musique a sérieusement affecté mes notes."

Ironie du sort, c'est lorsque Soulja quitte Atlanta qu'il franchit un cap au niveau musical. Alors qu'il est en 4ème, il déménage avec son père vers le Mississippi voisin. "J'ai suivi mon père car il avait de l'argent et pouvait m'aider financièrement. C'est ainsi que j'ai eu mon premier ordinateur. Je ne suis parti pour le Mississippi de gaieté de cœur, j'ai du m'adapter à la situation. Mais au final ce fut une vraie bénédiction, car sans ce déménagement, je ne serais pas là où j'en suis aujourd'hui : pas d'ordinateur, pas d'internet, pas de caméra pour filmer mes chorégraphies, je n'aurai jamais eu l'opportunité d'obtenir cela. J'ai pris l'argent où il était. Et sans fric, personne ne parlerait de ça."

Par "ça", il fait référence à l'énorme buzz médiatique dont il est l'objet sur internet. Soulja a collaboré avec un camarade de classe et partenaire, Arab, pour former le duo The 30/30 Boys. Les deux compères créent des chansons qu'ils diffusent sur le net. "Nous avons dans un premier temps mis en ligne nos chansons sur SoundClick, un site où les gens peuvent télécharger, noter ou laisser des commentaires sur nos chansons" explique Soulja. "Nous obtenions des réponses encourageantes, je me suis alors décidé à créer mon site web, www.souljaboytellem.com, pour acquérir davantage de popularité." Avec l'ouverture de ce portail - au côté du manager Michael Sykes, plus connu sous le nom de Miami Mike - Soulja a pu montrer au monde entier l'étendue de ses talents artistiques. "Je ne crois pas que ce soit uniquement lié à ma musique, c'est surtout ma personnalité que les gens aiment" affirme-t-il. "Mon style et mon temperament sont un plus. Une personne qui entendra juste ma musique sans savoir qui je suis ne pourra m'apprécier autant qu'une personne qui m'a vu en représentation. « C'est Soulja Boy ! C'est lui, c'est ce mec ! » Tu seras comme ça, tu voudras absolument me ressembler."

A première vue, de telles déclarations sont davantage liées à son jeune âge qu'à sa crédibilité. Mais en y regardant de plus près, on s'aperçoit cependant que Soulja Boy ne prend pas pour autant la grosse tête. En fait, son partenaire de toujours Arab est resté l'un de ses meilleurs amis et s'occupe actuellement de sa promotion. Quant à M. Collipark, qui a servi d'intermédiaire entre Soulja Boy et Interscope, il révèle : "Les adultes qui ne connaissent pas vraiment ce garçon pensent qu'il s'agit d'un engouement passager, éphémère. Toutefois en analysant la situation, on constate que les fans lui vouent un réel culte. De fait, il n'avait même pas un single de prêt quand je l'ai signé. Mais Soulja Boy c'est bien plus qu'un simple disque : son mode de vie, sa façon de s'habiller, les chaussures qu'il porte... Tout ça participe au phénomène, et sa musique en est un autre aspect. Une partie de la magie Soulja Boy correspond au fait que les gamins s'approprient totalement sa musique, c'est la leur uniquement. Mais même si vous ne vous intéressez pas à lui, vous allez le percevoir comme un de ces gamins qui aura fait n single génial."

Soulja retourne à Atlanta en 2004, laissant le Mississippi derrière lui, tel David Banner (ce rappeur américain s'est fait tatoué dans le dos le nom Mississippi). "Partout au Mississippi on trouve des rappeurs qui tentent de percer. Si plus de ces gars-là avaient la possibilité de montrer au Monde leur talent, on trouverait beaucoup plus de mecs capables de faire mieux que ce que l'on trouve actuellement. C'est controversé car beaucoup de personnes pensent que le Sud est en train de tuer le Hip Hop, mais selon moi il s'agit d'un renouveau du genre. Les gens restent accrochés à leurs vieux trucs ; mais c'est en train de changer. Je m'adapte pour appartenir à la nouvelle génération." Surfant sur la célébrité acquise sur internet, Soulja était decidé à tirer profit de cette situation. "Quand je suis revenu à Atlanta, je pensais ‘Il faut que je sorte ma mère de cet endroit'", dit-il. "Ma carrière a commencé a décollé, et l'argent a suivi." Il s'est alors associé avec un manager basé à Atlanta, Derrick Crooms, artisan du succès des Ying-Yang Twins'. Soulja a donné son premier concert à tout juste 15 ans, dans une discothèque pour adolescents à Indianapolis (Indiana). "La première fois que je suis monté sur scène j'étais quelque peu dissipé" se souvient-il "Le concert était tellement crunk (le crunk est une variante du rap et peut être défini comme un son minimal, répétitif, reposant sur des basses puissantes) que j'ai eu peur d'être un peu décalé. Mais bon je me suis quand même lancé." Ce mini-concert de 3 chansons est très prometteur. "En tant qu'homme d'affaires, je peux vous garantir que ce garçon a de la jugeote", atteste M. Collipark. "Il coordonne son jeu de scène, ses chansons, il produit lui-même sa musique. Et ce n'est qu'un début !"

Collipark va même plus loin : "Plus je côtoie ce garçon, plus je perçois chez lui des qualités exceptionnelles. Je pense qu'il peut être un pionnier dans son genre. S'impliquant totalement, il correspond parfaitement aux attentes de la maison de disque qui cherchait un artiste performant avec déjà quelques fans. De nos jours le marché fonctionne sur des mecs chanceux sortis de nulle part qui sortent un tube, mais ces gens n'ont aucun talent. Soulja Boy possède lui un talent inné. Il a beaucoup plus de chances de vendre des millions de disques que la plupart de ce gens. Si nous, en tant qu'adultes, comprenons ça ou non, peu importe. Mais c'est un fait, il vend déjà par lui-même, et bénéficie d'une notoriété nationale. Il est plein de fantaisie, ses performances live sont phénoménales. Je le place parmi les meilleurs

Tout cela peut paraître un tant soit peu enthousiaste, aussi laissez-moi dans ce cas vous dévoiler un chiffre : presque 10 millions de personnes ont visité la page MySpace de Soulja Boy depuis sa mise en ligne. Ses nombreux fans se connectent tous les jours sur YouTube pour visionner ses clips, imitant la désormais fameuse danse qui porte son nom. Son hymne "Crank Dat Soulja Boy" tourne en boucle à la radio. Il a enregistré son premier album chez Interscope Records, dont le titre est simplement SouljaBoytellem.com. Comme il convient, débordant d'ambition, il cite comme référence son collègue de label 50 Cent : "50 Cent m'a beaucoup inspiré : il a vendu des millions de disques, joué dans des films, possède une ligne de vêtement et est même héros d'un jeu video. Il me faut tout ça, et même plus."

Ambitionnant déjà de détenir des records de ventes pour un rappeur à seulement 16 ans, Soulja possède le talent nécessaire pour réussir. Et persuade même les plus sceptiques. Quand on lui demande quelles sont les différences entre les autres artistes montants et lui, il répond fermement dans un large sourire adolescent : "Je suis différent, en terme de style, de sujets évoqués, sur ce que je fais, la manière dont je le fais, comment j'élabore ma musique. J'introduis à la fois comédie, rupture, danse, fête, joie, tristesse, un peu de tout." Un discours convaincant. Quand on le sollicite sur ses réactions vis-à-vis des critiques, il ne semble pas le moins du monde concerné. "Je ne réponds pas aux sceptiques, car ceux-ci ne vont pas le rester longtemps. Ma vie aujourd'hui est comme une émission de télévision, chaque jour vous découvrez un nouvel épisode" déclare-t-il. "Ils n'ont qu'à attendre de voir ce que je vais faire la prochaine fois." Tout semble si facile pour lui. Pas mal pour un gamin de 16 ans.performeurs live du moment, alors qu'il n'a que 16 ans."

Mercredi 12 Mars 2008 - 01:25
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