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Album de Taïro - Choeurs et ame

Sortie 1er album solo printemps 2008




Après s’être fait un nom sur la scène ragga-dancehall française, Taïro espère maintenant se faire un nom dans la chanson. Ismaël Jolé-Ménébhi est né à Paris le 5 février 1978, d’un père marocain et d’une mère alsacienne. Il est encore petit lorsque ses parents se séparent. Sa mère, professeur de sociologie, l’élève seule dans un petit studio dans le Xe arrondissement. Trente ans plus tard, devenu Taïro, il lui dédiera le titre Mama sur son premier album. En ce temps, Ismaël vit une scolarité sans histoire jusqu’à l’âge de 13 ans. C’est alors que l’équipe du réalisateur Jacques Doillon organise le casting du film Le jeune Verther. Ismaël en décroche le premier rôle. Cette même année, des camarades de classe, férus de ragga, l’emmènent voir un concert rue d’Hautepoul dans le XIXe arrondissement, pour la fête de la Jeunesse. Tandis qu’il écoute des toasters qui scandent leurs textes aux sons des décibels crachés par leur soundsystem, Taïro se voit instinctivement et artistiquement à leur place. A son entrée en seconde, il passe autant de temps dans un local de répétition du quartier que face à ses professeurs. Avec ses copains, il crée un groupe baptisé Youthmen Ten. Ismaël redouble, mais l’apprenti toaster est lancé et doit se trouver un pseudonyme pour exister. Il choisit Taïro dans un dictionnaire d’anglais, dans lequel Tyro signifie "novice" ou "débutant".

Le CD de Watermelon Man, un splendide instrumental d'Herbie Hancock, qu’il trimbale en soirée chez des amis avec un petit ampli et un micro pour chanter approximativement ses premiers textes, est bien vite remplacé par de grands classiques jamaïcains achetés chez Patate Records et Blue Moon. Taïro n’a pas choisi le reggae par hasard. Il se sent proche de cette musique qui porte la parole de ceux qui ne l’ont pas, exactement comme l’avait fait son père en militant avec les étudiants marocains en 1968 alors qu’il était président de l’UNEM (Union Nationale des Étudiants Marocains). Le texte engagé du titre L’Animal geint naît d’ailleurs à cette époque et se retrouve aujourd’hui sur son l’album, porté par les arpèges d’une guitare acoustique, élaborés à partir d’un sample instrumental de Raphaël Assidon, un ancien camarade de classe de Taïro, avec lequel, entre autres, il a monté le studio H24 à Bastille. Son adolescence toujours, y inspire également le titre Jusqu’au bout, co-écrit par J.P. Mapaula et composé avec Yao Dembelé dans une couleur musicale beaucoup plus chanson que reggae, afin de montrer d’autres facettes des talents vocaux de Taïro.

Retour au milieu des années 90... Taïro et son collectif se font remarquer dans leurs premiers Soundsystems. Même si le niveau n’approche pas encore celui des Saï Saï ou des Raggasonics, les salles sont pleines, car les garçons sont très influencés par le style et les sons que produit la Jamaïque à l’époque. Son Baccalauréat obtenu, Taïro, qui voit en Sizzla l’une des voix et l’un des auteurs les plus prolixes du genre, a lui aussi trouvé sa voie et le citera toujours en référence, en plus de Bob Marley. Le reggae et le dancehall de Everton Blender, Beenie Man, Capleton ou Anthony B, lui en fourniront l’essence musicale.

A l’aube du vingt et unième siècle, les Youthmen Ten se séparent et chacun poursuit sa route, jusqu’à ce qu’une soirée au Divan du Monde change le destin de Taïro. Dans la fameuse salle parisienne, un jeune homme se propose de le manager. L’opportunité d’un avenir professionnel se dessine alors clairement dans la tête du jeune toaster. Finis les jobs alimentaires chez Pizza Hut et sa chambre d’ado chez sa mère. Grâce à lui, Taïro enregistre sa première maquette d’une demi-douzaine de titres au studio des Sages Poètes de la Rue. Passée par le bureau d’un responsable de Virgin, elle se retrouve entre les mains d’Akhenaton, alors que le célèbre rappeur marseillais d’IAM organise le casting de la bande originale du film Taxi 2, produit par Luc Besson. Le cinéma rattrape donc Taïro en l’an 2000, alors que le jeune collégien est devenu un vrai toaster, prêt à balancer son flow avec des artistes plus expérimentés comme Daddy Nuttea et Faf Larage. S’il se rend compte qu’il n’est encore qu’un ‘tyro’ néophyte, plus ancré dans l’énergie que dans la technique, l’expérience est de taille, d’autant plus qu’elle se renouvelle la même année aux côtés de Daddy Mory, Supa John, Baby G et Daddy Yod sur la compilation Plus de cœur = Soleil, produite par Pierpoljack. Les projets se suivent les uns après les autres. Taïro multiplie les featurings, que ce soit sur les albums de Gomez et Tavarez, Nakk, Nuttea ou Assassin, avant d’accompagner aussi Rockin’ Squat et son groupe en tournée à travers le monde. La compilation Que des combinaisons de Boumsound et la bande originale, enregistrée par Marco Prince (F.F.F.), du film de Jean Veber Le Pharmacien de garde, avec Guillaume Depardieu et Vincent Perez, sont encore pour lui l’occasion de se faire connaître, et re-connaître.

Le moment d’enregistrer un premier album est maintenant venu pour Taïro. Un morceau est maquetté, Elle veut, que le rappeur Passi tient absolument à intégrer à son projet Dis l’heure de Ragga en y ajoutant le featuring de Flya. Extrait de cette compilation à sa sortie en 2004, ce single devient un tube. C’est alors Tefa du collectif Kilomaître, rencontré sur l’enregistrement de l’album de Gomez et Tavarez, qui va le sortir du conflit qui l’opposait à ses précédents producteurs. Après six mois de négociation, les bandes sont enfin entre les mains de ses nouveaux producteurs. L’album tant attendu va enfin voir le jour ! Quatre titres sont enregistrés dans la foulée, dont les deux bombes reggae Si j’avais pas connu cette fille et Je taille, avec les magnifiques chœurs féminins de Denise Sauron et Dominique Larose. Entre autres voix féminines, Sandra N’Kake sera ensuite conviée sur le duo Dans cette ville, le dernier titre ajouté à l’album, alors que Mama, produit par Gary Chateaubon, alias Radja déjà à l’origine du tube Elle veut, en était un des premiers. Cet élément a son importance, car au fur et à mesure qu’il avance dans l’écriture de cet album, Taïro va s’appliquer à mettre en valeur les mélodies de ses chansons au point de modifier sa façon de chanter. Plus harmonieuse et sensible, même lorsqu’il partage le titre universel On essaye avec le rappeur Kery James, elle se teinte de soul, comme sur le morceau cathartique Je ne t’aime plus qui ouvre l’album. Composée avec Grégoire Yiannacou, un ami de collège jamais perdu de vue, cette chanson à but thérapeutique témoigne de sa rupture avec son ex petite amie. Elle représente autant la fin d’un cycle que le début d’un autre que peut l’illustrer une autre chanson d’amour comme Jamais eu, née d’une nouvelle rencontre féminine déterminante, que vont mettre en musique le guitariste Jérémie "Bim" Dessus et le saxophoniste Mathieu Bost, deux excellents musiciens de reggae omniprésents sur l’album, que Taïro retrouvera sur scène en tournée.

Ismaël, l’adolescent révolté s’est assagi avec le temps. Taïro, le garçon, devenu un homme, en a fait de même. Il ne fera plus d’erreur et aimera désormais en conscience, sans demi-mesure. Il a choisi d’ouvrir son cœur aux gens pour toucher leur âme. Ismaël et Taïro ne font aujourd’hui plus qu’un. Un artiste attachant à découvrir immédiatement.

Son Myspace : http://www.myspace.com/officieltairo

Samedi 3 Mai 2008 - 15:50
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