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Album de To Willie : Phosphorescent




Il faudra un jour revenir sur l'interminable carrière de Willie Nelson, qui (contrairement aux Dylan, Young et Springsteen) n'a jamais été vraiment pris au sérieux par ici. Pensez-vous, un papy barbu accro aux pétards qui se fait reprendre par Julio Iglesias et... Grey & Barbelivien (A Toutes Les Filles) ne peut forcément pas être crédible ! Seulement, quiconque aura vu Willie Nelson affronter Neil Young & Crazy Horse, armé de sa seule guitare classique, le temps d'un All Along The Watchtower dantesque, au Farm Aid 1993, sait que cela dit bien autre chose sur le personnage.

On rappellera également que Johnny Cash était considéré comme un has-been à peu près partout avant sa rédemption par les American Recordings. Est-ce ce qui manque à Willie Nelson pour qu'on lui reconnaisse enfin ses indéniables talents de songwriter ? Le bougre aura quand même réuni Mark Lanegan, Jello Biaffra (Dead Kennedys), Kelly Deal (The Breeders), Jerry Cantrell (Alice In Chains), ou justement Johnny Cash, le temps de Twisted, un tribute album de 1996 injustement sous-estimé.

On doutera fort que ce soit ce disque de reprises par Matthew Houck (aka Phosphorescent) qui changera la donne. Qu'importe. Non seulement notre curiosité était grande sur les transpositions que Houck allait donner aux originaux, mais on se demandait également quelle direction il allait prendre, deux ans après l'olympien Pride.

La réponse à ces deux interrogations sera finalement la même : Phosphorescent a décidé de jouer le plus calmement possible, la guitare acoustique laissant toute la place au chant, finalement échappé de la taverne de Pride. Plus de hoquets célestes donc, mais une approche intimiste qui sied à merveille aux titres de Willie Nelson. La reprise de My Heroes Have Always Been Cowboys sur The Weight Of Flight n'était donc pas qu'une réussite sans lendemain.

Si elle n'est pas marquée par un entrain débordant, la lettre d'amour de Phosphorescent à Willie Nelson a le charme de ces longs dimanches confortables où il est bon d'en faire le moins possible. En flirtant parfois avec les limites de l'acceptable niveau codification country, Matthew Houck a peut-être inconsciemment mis le doigt sur l'aspect qui empêche une plus grande reconnaissance au vieillard, qui doit sûrement être fier de voir la relève aussi bien assurée.

Jeudi 11 Juin 2009 - 23:06



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