Connectez-vous S'inscrire

Amy Winehous - Back to black

Sortie le 19 mars 2007


Sortie de l'album le 19 mars chez AZ. En concert le 30 mars au Trabendo. En couverture du numéro de mars de Vibrations. Artiste de l'année aux Brit Awards.



Il y a deux ans, au milieu de la campagne de promotion de son premier album Frank, universellement applaudi et certifié disque de platine, Amy Winehouse a commencé à penser à ce qu’elle aimerait faire avec son second disque. Frank était son grand début, un disque de rupture franc et direct, parfois un peu amer, avec une maturité dans la façon de chanter qui savait toujours rester douce. Il lui a rapporté un bataillon de fans dans le monde entier et l’a désigné comme l’une des nouvelles voix les plus originales de la pop; autobiographique, simple et possédant ce mélange des plus rares: de l’humour et de la soul. Amy avait plongé jusqu’au cœur de la condition humaine avec son premier album, ajoutant ses propres bons mots jazzy à l’héritage des plus grands. Alors comment donner une suite à cela?

Musicalement, elle était sûre de là où elle voulait aller. “Je ne voulais pas trop mettre une nouvelle fois le côté jazzy en avant” dit-elle maintenant, assise dans la petite arrière-salle de son pub préféré de Camden, ”J’en avais assez des structures d’accords compliquées et j’avais besoin de quelque chose de plus direct. J’écoutais beaucoup de girl-groups des fifties et des sixties. J’aimais leur simplicité. Ça va à l’essentiel. Alors j’ai commencé à penser à écrire des chansons de cette façon.” On peut l’entendre sur l’intro de Back To Black qui fait subtilement référence aux Supremes. Mais sa portée s’étend plus loin. Tandis que les girl-groups des sixties qui la captivent retenaient leurs voix, Amy est capable de se lâcher avec des lignes vocales à la Aretha sur “Just Friends” ou en prenant le thème de la désintoxication pour en faire un gospel sur l’étourdissant premier titre du disque, “Rehab”. Quelle autre chanteuse britannique pourrait transformer en spiritual cette première phrase de son album - “essayez de me faire aller en désintox/je dis non, non, non”?

Armée, comme toujours, de sa seule guitare acoustique, d’un paquet de clopes et d’une imagination débordante, Amy s’est attelée à distiller en chanson ses expériences vécues depuis l’apparition de Frank. Elle est l’une des conteuses les plus charmantes quand elle parle de sa propre inspiration. “Si je n’ai pas fait quelque chose, je ne peux tout simplement pas le mettre dans une chanson. Ça doit être autobiographique.” Pour Amy, écrire des chansons, c’est comme tenir un journal. “C’est un exorcisme. Je fais tout sortir. Si je n’avais pas ce moyen d’expression pour transmettre mes expériences, je serais perdue.” ‘Perdue’ dans le langage d’Amy concorde avec le ‘Lost’ des grands de la soul: écoutez simplement ses métaphores déchirantes dans le sublime “Love is a Losing Game”. Voici une écriture et une interprétation à la fois classiques et modernes; brèves, pertinentes et ruisselantes d’émotion.

Passons aux expériences elles-mêmes. Par où commencer? Le concert de Nas où elle n’a pas pu aller parce qu’un gars n’a pas voulu lui prendre une place? Comment réussit-on à transformer ça en une histoire de pouvoir féminin, comme elle le fait sur le superbe « Me and Mr Jones ». L’éternel triangle amoureux avec un ex-petit ami dont elle savait qu’il était nul et un nouveau dont le nom était tatoué tout près de son cœur? La douleur d’avoir le cœur brisé? La joie d’un nouvel amour? La stupéfiante et très personnelle révélation que vous pouvez peut-être vous conduire aussi mal que tous ces mecs qui ont couché avec vous et vous ont écrasée, comme elle le déclare sans s’en excuser sur “I’m No Good”?

Ou le sentiment que quand les choses tournent mal, vous tombez dans un trou noir dont vous devez physiquement vous arracher? C’est là, sur le slow bluesy qui donne son nom à l’album, “Back To Black”. Bien qu’elle soit intéressée par les profondes résonances émotionnelles de l’amour trouvé ou perdu, elle est tout aussi heureuse de fustiger le garçon qui se pointe chez elle et fume toute son herbe dans “Addicted”. Amy est une lady drôle, intelligente. Est-il besoin de souligner qu’il n’y en a pas vraiment assez de comme ça dans la pop actuelle ?

La nouvelle approche de l’écriture de chansons d’Amy, très au point, a été greffée sur certains des morceaux les plus incroyables et éblouissants de sa courte carrière à ce jour. Son intrépidité dans l’écriture des textes n’a pas d’égale. Là où d’autres jeunes filles de son âge – elle n’a encore que 22 ans - aiment tirer un motif comique de leurs histoires de cœur ou traitent d’émotions pop génériques, elle est piquée au vif à l’idée de pouvoir être quoi que ce soit d’autre que brutalement honnête. “Quel est l’intérêt de ne pas l’être?” questionne-t-elle, avec un charmant optimisme. Pourtant, elle sait qu’elle peut aussi être drôle. “Il faut que ça soit présent. La vie est drôle et triste, parfois les eux en même temps.”

Amy a rejoint Salaam Remi, le producteur de Frank, à Miami pour deux semaines d’enregistrement non stop et ils ont retrouvé une fois de plus leur magie commune. Elle a ensuite immédiatement filé à New York pour travailler avec l’homme du moment, Mark Ronson, qui a réussi à trouver du temps libre au milieu de son travail sur les albums de Lily Allen, Robbie Williams et Christina Aguilera. En trois semaines de studio, elle a trouvé une nouvelle âme et une nouvelle direction, qui rappellent les girl groups chers à son cœur mais les placent en pleine modernité. “Je ne suis pas très sûre de savoir comment le disque a fini par sonner aussi achevé mais je savais qu’en décidant de l’enregistrer en deux semaines, je voulais qu’il sonne comme ça.” Les chansons sont construites autour du motif pop classique de trois minutes. Rien n’est surfait. “Back To Black” est une œuvre cohérente, faite pour être écoutée d’une traite.

Amy n’est pas certaine de savoir comment elle s’est retrouvée à être une de ces filles qui n’ont pas peur des expériences les plus sombres de la vie et les transforment en quelque chose de spirituel et de vrai, mais elle est heureuse que ce soit le cas. “J’ai toujours voulu ressentir les choses. Parce que je sais que, si une situation tourne mal, je peux écrire une chanson et l’interpréter pour faire sortir tout ça de moi. Je me comprends tellement mieux après avoir écrit une chanson à propos de quelque chose de personnel.” La musique n’est pas seulement son mécanisme de défense. C’est sa vie. Durant les deux années qui se sont écoulées depuis que Frank a causé tout ce vacarme en mettant au centre de la scène cet être humain volubile et extraordinaire, Amy pense que ce sont seulement les circonstances qui ont changé, pas elle. Mais on peut le voir au maquillage de ses yeux légèrement plus agressif et à la superbe cascade de cheveux noirs qui descend sur son visage et dans son dos. Cette fois, Amy Winehouse a enregistré son évolution qui l’a vue passer d’adolescente à femme. Ça lui va bien.

Vous serez contents de savoir qu’elle a rencontré un garçon il y a quelques mois – ils ont la même date d’anniversaire, c’est donc le destin, vous voyez? Il l’aime et elle l’aime. Elle démêle son désordre intérieur, en trouvant son véritable esprit et en apprenant à échapper aux démons qui la suivaient. Elle fait tout cela avec le sourire. “Back To Black”, avec son étourdissante palette colorée de funk, la voit enfin arriver quelque part où elle se sent bien, en accord avec elle-même.

Plus d'infos : http://www.amywinehouse.com/

Lundi 12 Mars 2007 - 21:46
sur cette page