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AqME En l'honneur de Jupiter Nouvel

Sortie le 19 octobre 2009


Retour aux sources pour les quatre AqME, avec un quatrième album coup de poing modelé par le Suédois Daniel Bergstrand, artisan déjà de leurs deux premiers albums. AqME reste l'un des rares rescapés de la vague qualifiée à tort de néo-metal dans le début des années 2000, car le groupe a réussi au fil des album et au fil des concerts à se forger une identité propre, loin des clichés. Rock ? Métal ? AqME est certainement beaucoup des deux à la fois...



AqME En l'honneur de Jupiter Nouvel
Tout commence par une simple petite annonce passée dans un magazine metal en avril 1996 et une première rencontre entre un batteur et un gratteux devant la Loco dans le 18e arrondissement parisien. Etienne est à fond sur Machine Head, Suicidal Tendencies et Pantera. Ben, lui, est plutôt porté sur Nirvana et les Smashing Pumpkins. Pas vraiment la même école... 11 ans plus tard, ces deux-là ne se sont pourtant toujours pas lâchés. Réunis tout d’abord dans Neurosyndrom autour d’un pacte de son mêlant les débuts de KoRn avec le Roots de Sepultura, Etienne et Ben intègrent Thomas au chant à l’aube de l’année 1999. Neurosyndrom rend l’âme, AqME est né.

Moins d’un an plus tard, le EP 5 titres University Of Nowhere déboule dans les bacs et permet à AqME de faire ses armes scéniques aux côtés de Pleymo et Enhancer. A cette époque, l’effet Team Nowhere joue à plein, les salles se remplissent peu à peu et le line-up se stabilise dans la foulée avec le départ de Sofy et l’arrivée de Charlotte à la basse en octobre 2000.

L’histoire est alors plus que jamais en marche…. Direction plein nord, puisque c’est à Uppsala, en Suède, que le groupe va enregistrer Sombres efforts durant l’été 2001. AqME n’a alors pas de label, mais se donne pourtant les moyens de ses ambitions en partant à ses frais à la rencontre de Daniel Bergstrand (Meshuggah, Strapping Young Lad ou In Flames), leur référence en matière de production. Une hérésie déjà, mais un choix qui s’avère vite payant puisque la formation revient avec un premier album lourd, intense et doté d’une identité forte.

Les retombées ne se font pas attendre avec une année 2002 chargée : une signature sur le label At(h)ome en janvier 2002, des concerts avec Mass Hysteria, Lofofora et Watcha et la sortie du disque en septembre. Entré directement à la 48e place du top album, Sombres efforts pose les bases avec un son jamais entendu en France jusqu’alors, tandis que le titre « Si » n’existe pas sonne le ralliement d’une génération entière qui suivra le groupe sur la route de janvier à octobre 2003. Une tournée en tête d’affiche de près de 100 dates qui passera par Le printemps de Bourges, le Dour Festival, les Eurockéennes et le X Festival monté par Nicola Sirkis d’Indochine. De ces années-là, AqME gardera une foule de souvenirs : de galères, de bonheurs aussi –beaucoup-, mais également un principe qui fait toute leur force. Ne jamais faire de concessions et aller au bout de ses envies.

La suite n’attendra pas et ne fera que confirmer. Les 4 repartent en studio sans souffler et lâchent Polaroïds & Pornographie en avril 2004. Un brûlot encore plus énervé que le précédent qui les portera un peu plus haut –avec notamment une entrée à la 16e position du top album- et les révèlera définitivement comme l’une des meilleures formations scéniques du rock français.

A contre courant des tendances qui poussent alors les groupes metal à incruster plus de chant et de mélodie dans leur musique, AqME conserve sa rage et sa mélancolie sans tomber dans les clichés.

L’apogée (ou l’acmé) n’est plus très loin. La fin des temps en octobre 2005 marque un tournant en même temps qu’une nouvelle ascension. Enregistré en France avec Steve Prestage, cet opus dissipe un malentendu et est totalement en phase avec le discours qu’a toujours tenu Thomas, Etienne, Ben et Charlotte ; AqME ne joue pas dans la cour metal, il vit avant tout pour le Rock : de Led Zeppelin à Nirvana, de Black Sabbath aux Queens Of The Stone Age et bien plus loin encore. Passionné, ouvert, sincère, le quatuor ne se fixe jamais de limites et ose toujours plus. Comme avec Aujourd’hui je pleure, un duo offert à Indochine et interprété avec eux en studio et sur scène, quand les dates des 2 groupes le permettent. En fin de tournée et quelques jours après la sortie du CD/DVD Live(s), c’est finalement un Olympia sold out qui les accueille le 21 octobre 2006 pour l’apothéose d’un parcours sans faute à défaut d’être sans risque.

En 2007, une période de respiration s’impose tant les gars (et la fille) ont été à fond depuis leur début, mais cette pause ne sera pas franchement synonyme de silence. Après Etienne qui s’était fait remarqué dès fin 2006 avec Grymt, son projet grindcore, Thomas se tournait vers plus de douceur avec Vicki Vale qui sortira son album le 17 mars, tandis que Ben en a profité pour monter Die On Monday avec Toni d’Enhancer. AqME était en marge, mais jamais très loin. Dès mars, le travail de composition a repris et en juin 12 titres se sont dégagés. 3 mois plus tard, l’équipe s’envole pour Uppsala. Retour aux sources avec Bergstrand, le gourou suédois. Mais aussi remise à plat de leur histoire commune, car le but n’est pas de refaire ce qui a déjà été fait.

En 2008, AqME revient ainsi plus fort avec Hérésie. Un 4e album sévèrement burné, plus rageur et vindicatif que jamais (Uniformes, Lourd sacrifice, Casser/Détruire), gravement oppressant mais pourtant toujours aussi addictif. En 7 ans, les parisiens ont forgé un style unique et reconnaissable entre mille. Pas question d’y revenir. Le mal de vivre (Les enfers, En saga Om Livet), les tortures sentimentales (Romance mathématique), la fureur et la mélancolie, tout est là. Une évolution sans révolution, mais avec cette volonté d’avancer bien accrochée aux tripes. AqME marque ici au fer rouge un son et une identité toujours aussi à part. Une empreinte qui a déjà indéniablement marqué le rock français.

Mardi 8 Septembre 2009 - 11:21



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