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Arkol - On aurait dit qu'on était bien

Sortie de l'album le 28 août 2006




Arkol est plus proche du Mans que de Manchester, car plus inspiré par Renaud que par Pete Doherty. Normal, il est vrai qu´on a plus de chance de rencontrer une caissière que de croiser Kate Moss. Ils ont tapé leur premier boeuf alors qu´ils travaillaient chez Renault, aujourd´hui ils s´entourent de Clive Martin (Dolly, Silmarils) et Sodi (Têtes Raides, Mano Negra) pour leur nouvel album. C´est à partir de leur vie de tous les jours, et leurs petites galères, qu´ils bricolent des chansons dont les refrains entêtants resserrent un étau d´acier sur vos oreilles.
Et si on disait qu´on était bien…

Le Mans, Julien et David usent les bancs de la fac avant d’emménager dans la banlieue parisienne et travailler pour la firme automobile au Losange. Là, ils rencontrent les autres membres de ce qui deviendra vite un groupe à part entière. Guitare, basse, batterie, clavier, tout est réuni pour faire chauffer les amplis. Un scénario somme toute classique, un quotidien plutôt banal, le décor est planté. Et c’est de cet univers de métro-boulot-dodo que va naître l’inspiration d’Arkol, sorte de Working Class Heroes égarés dans l’Essonne. Après un premier LP et le succès de 20 ans, les nouvelles compos de Julien et David laissent vite entrevoir un nouvel album plus brut, plus rentre-dedans, plus personnel.

« On aurait dit qu’on était bien », un titre d’album enfantin, tout en légèreté, avec une pincée de second degré, qui se veut avant tout optimiste. Impossible de ne pas y reconnaître quelques clins d’œil à un de ses héros, un artiste de chez nous qui dépeint comme personne des situations affligeantes avec un humour sans pareil, le bien nommé Renaud.
Dans l’optique de faire « quelque chose de rock’n’roll, simple et rêche », les cinq se sont entourés des réalisateurs Clive Martin et Sodi, tandem reformé pour l’occasion. Le résultat est bluffant : le côté rock de Clive et la sensibilité chanson de son camarade de jeu se sont combinés pour donner le meilleur d’Arkol.

Quiconque ne sait pas ce que c’est que de vivre dans 15 m², se faire larguer par sa nana ou pointer à l’ANPE ne saisira peut-être pas de quoi parle Julien, chanteur inspiré, excellent narrateur des petits soucis et tracas de la vie quand on a vingt-sept ans en 2006.
Tout le monde est un con : « On est tous le con de quelqu’un ! Sinon dernièrement, on a un peu trop écouté les Strokes… »

Si la vie c’est ça : « Quand on était à l’école, on osait pas dire au conseiller d’orientation qu’on voulait faire « rock star » parce que c’est pas un vrai métier. Donc on a fait un « vrai » métier… Bientôt un monde rempli de chanteurs, footballeurs et de pompiers ! »
Faits divers : « Alice a tué son chat, Dimitri veut monter un commando, Jérôme a mordu son pit-bull, Ludivine veut tourner dans un porno… sur des guitares dansantes. »
J’aimerais : « Peut être le titre qui résume le mieux l’album : j’aimerais ! Ou comment raconter sa vie trop étriquée et ce dur désir d’être heureux. »

Parce que c’était pas forcément mieux avant, que les paiements en trois fois sans frais ne sont pas une évolution, que Mon amoureuse elle est partie, Arkol jette ses envies, ses emmerdes sur des mélodies bigrement efficaces.

On aurait dit qu’on était bien.

Vendredi 16 Juin 2006 - 15:41
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