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Arnaque ? La Fac passe à 10 mois, les boursiers toujours pas


Valérie Pécresse a annoncé l'allongement de l'année universitaire qui passera à la rentrée de 9 à 10 mois. Une fausse bonne nouvelle, selon l'Unef, pour qui un problème n'a pas été réglé : celui de l'augmentation des bourses d'études.



Arnaque ? La Fac passe à 10 mois, les boursiers toujours pas
Passé le 15 août, les ministres sont en pleine préparation de leur rentrée. Valérie Pécresse a décidé de frapper un grand coup mercredi, en annonçant sur RTL, l'allongement officiel de l'année universitaire. De fait, celle-ci passera de 9 à 10 mois dès la rentrée prochaine. Selon la ministre de l'Enseignement supérieur, "les universités ont fait voter en juillet par leur conseil d'administration le principe de l'allongement de la durée de l'année universitaire sur dix mois, de septembre jusqu'à juin", a-t-elle précisé.

Pour la ministre, cet allongement n'a que des effets bénéfiques : il s'agit en l'occurrence de "mieux accompagner les étudiants", "préparer la rentrée", "faire des groupes de niveau", "avoir du tutorat personnalisé", mais aussi de "se caler sur les rentrées universitaires des autres pays", a-t-elle expliqué. "Toutes les universités" ont voté ce principe, "je vérifierai qu'elles le mettent bien en oeuvre", a-t-elle ajouté.

"Dans les faits, il n'y a rien de nouveau"

Pour Jean-Baptiste Prévost, président du syndicat étudiant Unef, cet allongement n'est certes pas une mauvaise chose. "Ça peut effectivement avoir un effet bénéfique sur les rythmes universitaires et favoriser la mobilité des étudiants à l'international", reconnaît-il. Mais il ne cache pas sa surprise face à l'annonce de Valérie Pécresse. "Dans les faits, il n'y a rien de nouveau. L'année de 10 mois à la fac, ça existe depuis la rentrée 2003, depuis la réforme LMD (licence-Master-Doctorat, ndlr)", assure-t-il en ajoutant que "75 % des étudiants travaillent déjà dix mois".

Pire, pour le président de l'Unef, l'annonce de la ministre accentue un autre problème : celui de l'octroi des bourses aux étudiants. Nicolas Sarkozy avait promis aux étudiants boursiers qu'ils recevraient l'aide sur dix mois. Mais la mise en place de la mesure tarde. Et, selon l'Unef, la ministre vient d'ajouter une condition : la mise en œuvre effective du cursus de dix mois par les universités. Le cahier des charges signé par la Conférence des présidents d'universités (CPU) comprend cet engagement.

"Pour l'heure, rien n'est chiffré"

Et, là ça coince pour Jean-Baptiste Prévost. "Ce préalable, c'est de la poudre aux yeux. L'Etat dit : 'Ok, on va vous donner de l'argent', mais en même temps, il rajoute un obstacle. Valérie Pécresse se déresponsabilise en montrant du doigt les universités, a priori coupables de mauvaise volonté face à leur engament." Mais pour le président de l'Unef, les universités sont dans l'impasse."Où est l'enveloppe financière qui doit suivre ? On ne peut pas demander aux enseignants, au personnel administratif de travailler plus sans contrepartie", explique-t-il. "C'est à l'Etat de gérer cette contrainte supplémentaire. Si les universités doivent faire face seules à cette réforme du rythme de travail, je ne vois pas comment elles pourront tenir leurs engagements". Au ministère de l'Enseignement supérieur, si on assure qu'une "enveloppe budgétaire est bien prévue face à la dépense supplémentaire", on reconnaît toutefois que "pour l'heure rien n'est chiffré et que tout est en cours d'organisation".

Quant au versement du 10e mois aux boursiers, tout devrait se mettre en place progressivement, mais là aussi, on reconnaît que ce fameux 10e versement ne sera pas mis en place dès la rentrée. "On verra au fur et à mesure si les facultés sont de bonne foi et si elles respectent le cahier des charge", commente-t-on, confirmant les craintes de l'Unef. "Une mesure bienvenue aurait été d'octroyer rapidement des aides aux étudiants qui paient déjà un dixième loyer de chambre en cité U ou dans le privé", suggère quant à lui Jean-Baptiste Prévost.

Mercredi 18 Août 2010 - 21:11



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