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Avishaï Cohen - Aurora

Nouvel album le 23 mars 2009




Le jazz traverse aujourd’hui une belle période. Après de nombreuses années d’opposition entre classiques et modernes, s’ouvre aux jazzfans une ère de plaisir, de mélange, de métissage et de swing.

Et c’est bien cela dont il s’agit avec le sieur Cohen, de PLAISIR. L’envie terrible de partager avec le public, d’être en communion. Trop rares sont les instrumentistes dans l’histoire du jazz à avoir su trouver une connexion directe entre leur instrument et le public. Avishai Cohen sait installer un climat en quelques secondes, émouvoir en trois notes et faire exploser la joie de ceux qui sont venus voir ce phénomène de musicalité et d’énergie. Elevant sans cesse ses exigences artistiques, il a su au fil de sa carrière tisser un lien solide et invisible. Ce lien qui fait les grandes stars du jazz, qui émeut jusqu’aux larmes. Le phénomène Avishai Cohen fédère aujourd’hui, bien au-delà des frontières du jazz. Cet artiste désormais hors format électrise son public à chacun de ses concerts. On le savait l’un des meilleurs contrebassistes actuels ; compositeur talentueux et imaginatif, on le découvre désormais chanteur.

Né en 1970, non loin de Jérusalem dans une famille de mélomanes, il est d’abord pianiste, puis bassiste électrique fasciné par Jaco Pastorius. Après deux ans de service dans un orchestre militaire, il quitte Tel Aviv pour partir à la conquête du monde. New York en est donc le passage obligé. Pour le jeune Israélien, la première année fut terrible, allant même jusqu’à travailler sur des chantiers pour gagner son pain. Puis, vinrent les orchestres latins. L’enfant aux racines moyennes orientales est un familier des rythmiques atypiques. C’est ainsi qu’on le retrouvera au côté du Panaméen Danilo Perez jouant déjà sur les frontières latines du jazz actuel.

C’est à cette époque qu’il crée son premier groupe… un orchestre aux nombreuses influences qui plaira beaucoup à un certain Chick Corea, lequel lui propose un contrat d’enregistrement sur son label (Stretch) et une place dans son groupe.

Ce sera l’aventure d’« Origin ». Une nouvelle jeunesse pour Chick, la meilleure des écoles pour Avishai. Avec ce groupe, il fait le tour du monde, se produit sur les plus belles scènes. Il apprend la discipline, le savoir faire, la maîtrise, l’exigence, le rapport au public… Il garde de ces années ce sens de la composition qui fait mouche, ce rapport presque inné à la mélodie. Il devient le contrebassiste que tout le monde s’arrache d’Alicia Keys à Bobby McFerrin. Il accompagne Roy Hargrove, Herbie Hancock, Nnenna Freelon, Claudia Acuna, Paquito D’Rivera. Il se produit avec « London Philharmonic Orchestra », le « Israel Philharmonic Orchestra » et le « Boston Pops Symphony ».

Après quatre disques sous son nom sur le label de son mentor et une renommée désormais internationale, il décide de faire le grand saut et de se précipiter dans l’inconnu d’une carrière en solo.
Il fonde son propre label, décide de ne compter que sur lui et d’être libre d’explorer ce qu’il veut. Durant presque sept ans, il n’abandonne pas un pouce de terrain, ne refuse aucun sacrifice. Il joue partout où on le réclame. Il construit pas à pas, concert après concert, un réseau, un lien intime entre sa musique et son public.

Compositeur avant tout, le travail d’Avishai Cohen sur ses racines, sur son histoire et ses métissages est devenu au fil du temps de plus en plus profond, dense et émouvant. En retournant vivre à Tel Aviv, il a trouvé des complices de choix. Il est maintenant entouré par des amis de toujours et de jeunes artistes prêts à aller avec lui là ou il les guidera. L’oud d’Amos Hoffman, les percussions créatives d’Itamar Doari, le toucher délicat de Shai Maestro, la voix unique de Karen Malka créent le terreau de tous les « possibles ».

Avec « Aurora », Avishai Cohen est arrivé aujourd’hui à l’essentiel, utilisant la voix comme le véhicule direct et puissant de ses émotions.

Il chante donc désormais, en hébreux, en anglais, en ladino. Sa musique puise ses sources dans la terre de son pays, elle est au croisement de nombreuses cultures. Arabo-andalouse, hébraïque, elle raconte les bédouins du désert, elle parle de la vie, de l’amour, de la jeunesse, de la liberté…

Le jazz reste forcément l’essence de cet univers original, c’est le lieu idéal pour toutes sortes de rencontres. Une symbiose sous l’égide de Blue Note, label qui depuis des années semble être au cœur de tous les futurs du jazz, dont Avishai Cohen est le porte drapeau le plus moderne et le plus irrésistible.

Mardi 24 Février 2009 - 17:34



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