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Bikini Machine - Daily music cookin’

Sortie depuis octobre 2006






Depuis cinq ans, Bikini machine fabrique des sons hybrides entre électro, soul et rock 60s. Après leur premier album en 2003, composé à grands coups de samples vintage et de machines dernier cri, ils ont repris goût aux structures plus simples des grands classiques, au point de sortir à l’automne 2005 un album-hommage à Jacques Dutronc. Retravailler ses pépites 60s leur a donné l’envie d’écrire simplement des chansons tous ensemble.

Finis donc les samples. La dernière idée de génie de Bikini Machine ? Ressortir des vieilles guitares. Un vrai pari après la période des groupes en « the » ! N’empêche. Airline, Hagström, Fender Jaguar, ou autres incroyables Morris se tirent désormais la bourre avec les machines. Des fuzz bavantes relèvent les rythmiques.

Des programmations savantes bousculent les solos. Pas de quartier pour les guitar-heroes ! Le résultat : un son plus live, à la fois mature et plus sauvage. On sent Bikini machine enfin à leur aise dans ce décorum néo-pop de plus en plus personnel.

Voici donc le nouvel album de bikini machine, Daily Music Cookin’. Ni une impossible danse rétro ou un improbable journal anglais dernière tendance, ce Daily Music Cookin’ résume plutôt le liant et le tour de main indispensables acquis concert après concert pour parvenir à ces douze morceaux. Allemagne, Angleterre, Espagne, Hollande, Suisse, Belgique, Chine, Espagne et même Russie, partout l’accueil est chaleureux et enthousiaste.. La centaine de dates sur les deux tournées françaises et dans les nombreux festivals (Vieilles
Charrues, Transmusicales, Solidays, Printemps de Bourges…) en est aussi la preuve.

Le Jerk du Gastronome résume bien cet album. Ecrit comme un clin d’oeil à Boris Vian, prince de St Germaindes-Prés bien avant que Ray Davies ou Andrew Loog Oldham ne jerkent rue Princesse, on y retrouve l’omniprésence des guitares fuzz, appuyées par des gimmicks électro imparables ; le tout sur un chant détaché, assez classe. Ce ton et cette ambiance sont aussi présents sur les deux autres morceaux en français. L’invitation diabolique digne de Gainsbourg à rejoindre La Pharmacie anglaise, et les plans de ce héros très « Deuxième Souffle » de la Downtown jail.

Trop réferencé ? Les deux instrumentaux enfoncent le clou. Bien sûr, on imagine sans mal l’inspecteur Ginko lancé à la poursuite de la jaguar type E de Diabolik sur les routes de la Riviera dans Cougar 73, avant l’happy end de Destinazione Roccapina. Mais, Bikini Machine se jouent de leurs influences et massacrent les clichés.

Les machines catapultent le très byrdsien Summer Kingdom. La wha-wha se charge de Voodoo pour tout écraser sur son passage. The Pawn semble lui avoir été écrit dans les studios de Fortune records par un André Williams sous acide. Ces subtils mélanges explosent pour donner le super-efficace Shake ! qui devient naturellement le titre-phare de l’album. Bikini Machine parvient ainsi toujours à garder le cap. Jouer efficace et juste, quelque soit le style ou l’instrumentation. Des airs plutôt soul de It’s all up et Let’s Grab jusqu’aux hymnes plus garage-punk délicieusement d’actualité d’Optimistic breakdown. Un vrai régal !

Vendredi 1 Décembre 2006 - 02:27
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