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Ca$h




Un arnaqueur évite les agressifs. Et encore plus les agressifs armés. Solal a oublié cette règle. Résultat, il est mort, assassiné par un mauvais perdant. L'affaire aurait dû en rester là. Mais Solal a un frère : Cash. Et Cash a décidé de le venger. A sa manière. En élaborant une arnaque de haut vol. Toutefois, l'adversaire est sur ses gardes. Et Cash et ses amis se sont peut-être attaqués à plus fort qu'eux... Dans ce genre d'opération, les alliances se font et se défont, les complices sont parfois des traîtres et les traîtres des complices. A la fin, une seule chose compte : qui est le pigeon ?

Réalisé par Eric Besnard
Avec Jean Dujardin, Jean Reno, Valeria Golino

Genèse du projet
Eric Besnard a pour habitude d'écrire ses films en s'appuyant sur ses références de spectateur. Pour Ca$h, il souhaitait retrouver les sensations qu'il avait éprouvées en voyant un certain cinéma de la fin des années 60. "Un cinéma où les personnages étaient à la fois intelligents et légers, explique-t-il. Dans mes films de référence, il y avait bien sûr L'Arnaque, auquel la première scène rend un hommage distancié puisque dès le départ, mon intrigue prend une autre voie. Mais aussi tous les films où des héros prennent des risques sans perdre le sourire. Butch Cassidy et le Kid, L'Affaire Thomas Crown, etc. J'ai écrit sans producteur. Mais je m'étais dressé un cahier des charges : aucune violence, de l'élégance, et surtout une fin à la hauteur de la promesse. Je suis donc parti de la fin, en me disant que si je me lançais dans ce film-là, le dernier acte devait absolument être digne du suspense. C'était mon obsession depuis le départ. J'ai ensuite travaillé la mécanique."

La construction de l'intrigue
Pour l'écriture du scénario, Eric Besnard s'est documenté sur le milieu de l'arnaque. "J'ai découvert une ou deux arnaques de référence qui sont citées dans le film, mais l'intrigue ne repose pas dessus, confie le réalisateur. A défaut de découvrir une école d'arnaque, j'ai été conforté dans l'idée que c'est un métier ! Une profession qui a ses maîtres, ses codes, son jargon. Une profession dont les représentants ont tous un point commun. Un fort complexe de supériorité. Quand j'ai commencé, mon personnage principal était un jeune arnaqueur des rues qui tombe amoureux d'une jeune femme alors qu'il est plus ou moins dans le collimateur de la police. Son futur beau-père demande à le suivre pendant vingt-quatre heures avant de lui accorder la main de sa fille. Le postulat marchait mais il m'emmenait vers une pure comédie. Et ça ne correspondait pas à ce que je voulais faire. Je cherchais quelque chose d'à la fois plus sophistiqué et plus pétillant. A partir de là, j'ai enrichi la trame, relevé les enjeux. Chaque manipulation devait pouvoir en cacher une autre. Le problème était de ne jamais tricher. De rester cohérent. Que chaque scène fonctionne en tant que telle, mais aussi à la lumière de la fin."

Un film "champagne"
Avant toute chose, Eric Besnard souhaitait, avec Ca$h, faire un film "champagne", "entre bulles qui pétillent et cristal qui tinte". "Mes seules exigences très marquées portaient sur le choix des décors et j'en avais discuté avec le producteur, confie le réalisateur. Le luxe des décors devait être ressenti. La dynamique est une autre composante de la mise en scène du film. La caméra est souvent mobile, parfois les décors s'associent à cet élan, comme pour le dîner sur le bateau. Cet élément dynamique, constamment présent, induit un rythme. Le luxe ne devait rien avoir d'ostentatoire, il n'est que l'écrin de l'histoire. Je tenais par exemple à ce que des voitures de luxe passent en arrière-plan. Je ne voulais pas m'y attarder mais elles devaient être belles. L'un des éléments de l'identité visuelle du film est l'utilisation d'écran partagé, le split screen. C'est un procédé que j'amène très tôt afin de préparer la séquence de présentation du casse idéal."

Rencontre sur "Le Convoyeur"
Jean Dujardin et le réalisateur Eric Besnard se sont connus sur le tournage du Convoyeur, polar urbain dont le scénario a été écrit par ce dernier. Depuis, les deux hommes rêvaient de travailler à nouveau ensemble. "Jean Dujardin est d'un professionnalisme impressionnant, confie le cinéaste. Il est tout le temps là et bosse énormément. Avec lui, j'avais un double souci. Il a construit sa carrière sur un jeu de masques, avec perruques et artifices, et habituellement, il porte un film à lui seul. Tout à coup, il se trouvait dans un film à dix personnages dans lequel je voulais réfréner son pouvoir comique. Je voulais le sexuer, en faire une icône d'élégance et d'intelligence, un héros. Il devait assumer le fait d'être un héros. Pour lui, je cherchais une sorte de mâle attitude, de cool attitude. J'ai eu la chance que tous me fassent confiance. Je n'ai pas eu à forcer des portes. Parfois, nous ne trouvions pas tout de suite et nous avons dû discuter mais de façon constructive, jamais conflictuelle."

Avec la participation de Clovis Cornillac
On notera la présence au début du film de Clovis Cornillac, ami de Jean Dujardin à qui il donna la réplique dans Brice de Nice. Caroline Proust, la compagne de Clovis Cornillac, joue également dans Ca$h. Elle interprète le personnage de Léa.

Des essais ratés pour Valeria Golino
Le personnage de Julia Molina s'est avéré être le plus difficile à caster. Au point de faire des essais. "Par chance, les essais avec Valeria Golino ne se sont pas bien passés, raconte Eric Besnard. Ce n'était pas la bonne journée et il y a eu un malentendu. J'avais décidé de faire le film avec une autre actrice mais elle est revenue de Rome et nous avons eu une très longue conversation. Après cela j'étais sûr que c'était elle. Je crois que sans ce malentendu (ces essais ratés), nous n'aurions pas eu ce rapprochement, ce lien. A partir de là, tout a été magique !"

François Berléand, un fidèle d'Eric Besnard
Pour Eric Besnard, il paraissait évident que François Berléand fasse partie du casting. "François est un ami, confie le cinéaste, un monsieur que j'aime, qui est là depuis mon premier court métrage. C'est le seul pour qui j'ai écrit. C'est une sorte de tic personnel. Que j'écrive pour moi ou pour les autres, il y a toujours un rôle pour Berléand. Ca ne veut pas dire pour autant que ce soit toujours lui qui le joue à l'arrivée. Mais moi ça me fait plaisir."

Ambiance de tournage
Débutant le 9 mai 2007, le tournage a duré onze semaines, dont deux entre Nice et Monaco. "Nous devions jongler entre les engagements de chacun et les disponibilités des hôtels de luxe dans lesquels nous tournions pendant la haute saison, se souvient Eric Besnard. Malgré cela, tout s'est bien passé. Nous avons quand même eu beaucoup de chance avec la météo parce que le printemps a été désastreux et pourtant, nous sommes passés à travers les gouttes. L'ambiance de tournage était excellente. Ces deux semaines sur la Côte d'Azur ont été un cadeau pour tout le monde. Il y a eu quelques moments surréalistes parce que les premiers jours, les comédiens les plus connus faisaient de la figuration. Quand vous commencez par faire venir Jean Reno pour le faire marcher plusieurs jours de suite dans des couloirs sans qu'il dise un mot ou que vous demandez à Jean Dujardin de faire des passages en fond de plan, c'est assez spécial comme début de collaboration !"

Mercredi 23 Avril 2008 - 14:41
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