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Cake - Showroom of Compassion




Cake - Showroom of Compassion
Voilà plusieurs années que l’on avait plus entendu parler de Cake (si l’on excepte l’utilisation de leur « Short skirt/Long jacket » pour la publicité du nouvel iPod Nano), qui fût l’un des fers de lance du rock indépendant américain des années 90 … D’ordinaire, je déteste cette étiquette, rock indépendant. Qu’est-ce que ça veut dire dans le fond ? Quand on sait que les Pixies ou Pavement sont classés dans la même catégorie, on peut se poser la question !

Cake - "Showroom of compassion" Cependant, pour une fois on va faire une exception car « Showroom of compassion », le nouvel album de Cake, semble venir nous donner une définition du genre qui colle à peu près à sa dénomination. En effet, Cake a mis un point d’honneur à faire de l’indépendance un leitmotiv sur ce disque, indépendance artistique puisque le groupe californien enregistre désormais pour son compte sur son propre label Upbeat, indépendance matérielle car, fait unique, Cake dispose de son propre studio alimenté à l’énergie solaire et indépendance musicale qui saute aux oreilles à l’écoute des onze titres de cet album.

En effet, « Showroom of compassion » nous propose un joyeux bric à brac de sons divers et variés allant d’un solide rock sixties (« Sick of you », premier single extrait de l’album qui renvoie d’une manière à peine voilée aux Rolling Stones) à un rock psychédélique qui n’est pas sans évoquer les Pink Floyd période Syd Barrett (« Federal Funding ») en passant par de la country d’excellente facture sur « Bound Away » sans oublier une petite incursion glam avec un « Mustache Man (Wasted) » que n’aurait pas renié T-Rex.

Le seul point commun de ces chansons outre leur évidente qualité d’écriture, est la voix caractéristique de John McCrea, son timbre monocorde passant du chant au slam au détour d’un couplet ayant toujours été l’une des marques de fabrique de Cake, tout comme l’utilisation intensive d’un moog hypnotique qui vient apporter sur presque chaque titre une ambiance à la fois futuriste et vintage du meilleur effet.

C’est également l’un des grands talents de Cake, faire sonner actuel des mélodies et des ambiances d’un autre temps sur des morceaux comme « Got to move » ou « The Winter », des ballades clairement échappées du Londres des swinging sixties remises au goût du jour avec une grande classe et une vraie délicatesse dans l’interprétation. Une belle réussite de la part d’un groupe si fortement ancré culturellement dans sa Californie natale !

C’est d’ailleurs encore plus vrai sur des titres comme « Long Time » ou « Italian Guy » qui sonnent franchement Beatles, notamment ce dernier avec ses cordes échappées de « Sgt.Pepper »… Aucun plagiat, juste une belle inspiration en forme d’hommage de la part d’un groupe qui a mis un point d’honneur à renouveler son style en tirant parti des leçons du passé.

En conclusion, on a bien fait d’attendre si longtemps ce « Showroom of compassion » qui, s’il désarçonnera peut-être dans un premier temps les fans de Cake, n’en reste pas moins l’un des meilleurs albums du groupe à ce jour, sinon le meilleur. D’ailleurs, je vais m’en resservir une part sans attendre…

Samedi 30 Avril 2011 - 20:58



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