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Cali Nouvel album – Menteur + Jeu

Sortie le 03 octobre 2005





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Site officiel de Cali : http://www.cali-menteur.com/
Le Blog de Cali http://qui-se-soucie-de-moi.fr/
Le Clip de Cali - Qui se soucie de moi


C’est indéniable, Cali porte bien son nom et on va le réaliser avec plus de force sur ce deuxième album qui entre dans le corps comme une fièvre catalane. Nous étions restés sur les prestations cathartiques de Cali sur scène essoré à chaque fois par la sueur d’un rock abrasif et d’un folk mélancolique. Après les paradoxes de « L’amour parfait » (plus de 400 000 ventes à ce jour…) et l’attente inquiète toujours d’un feu qui dévore le ventre, Cali s’est à nouveau mis dans le vertige de l’urgence pour écrire et composer ce nouveau disque qui transpire l’énergie de la sueur et l’envie d’être peut-être plus frontal encore.

Ses douze nouvelles chansons sont presque toutes nées sur la route entre les concerts qui sont un peu la raison d’être de ce félin griffé par le don de lui-même. La voix brûle les sentiments toujours extrêmes avec une vérité désarmante. Les mots exorcisent les douleurs traquées. Cali provoque en duel pour son deuxième album solo son besoin impérieux de vivre toujours plus vite et sans concession aucune. Ainsi il tisse cette fois la toile chatoyante de son paysage mental en équilibre sur un axe rêvé entre l’Irlande de tous les mythes et le Perpignan de son enfance. Aux pays des merveilles de Cali il y a ainsi le lyrisme mystérieux de la terre des ancêtres de U2 et des Waterboys.

Retour aux sources de l’envie où Cali part enregistrer toutes les bases rythmiques de ces nouveaux morceaux au studio Grouse Lodge à une heure de Dublin avant de revenir à la maison ou presque, au mas d’En Llinas à Castelnou dans une maison d’hôte où la quiétude du lieu vient jouer avec la fierté sanguine d’une terre d’exil. L’album est produit comme le premier par le fidèle Daniel Presley avec la même équipe de musiciens, fidélité atavique d’un artiste en proie à une reconnaissance tardive qu’il sait assez rare pour être choyée.

Revue de détail donc d’un album saillant, baroque, physique et parfois nostalgique. D’entrée Cali envoie avec ferveur « Qui se soucie de moi », single percutant qui creuse le sillon de la rupture amoureuse clouée au pilori des idées reçues. La chanson était initialement sombre comme son thème, Daniel Presley a extirpé en son cœur l’énergie du désespoir que Cali transcende toujours en troublant tout ce qu’il touche. « Je m’en vais » (après Miossec) composée à la guitare acoustique est comme un clin d’œil à la sincère fraternité entre ces deux artistes brûlés, illustrée ici par le violon mi-irish mi-manouche de Steve Wickham du groupe Waterboys.

Ballade irlandaise dans la lignée du mythique « A girl called Johnny », Cali en quête du graal gaëlique fait des merveilles pour rythmer de claps humains ce chaos sentimental. Toutes les audaces sont ici permises, comme celle de chanter avec l’homme blessé Daniel Darc qui après l’avoir tant cherché traite avec délice ce garçon de « pauvre con ». « Pauvre garçon », c’est un peu comme les retrouvailles imaginaires entre David Bowie et Iggy Pop qui se souviendraient le temps d’un chanson qu’ils rêvaient toujours d’embrasser la bouche de filles aussi grandes que Patti Smith… Le succès se conjugue assez bien avec les rencontres rêvées. C’est encore le cas avec « Pour Jane » écrite initialement pour un film qui met en scène les duos de Jane Birkin sur son dernier album. Cali affûte son style. Léo Ferré disait « le bonheur c’est le chagrin qui se repose », Cali semble lui répondre que « le bonheur est aussi une vieille qui boîte sur du verglas ».

C’est entre Brest et Ouessant, sur un bateau fendant la houle, que Cali a voulu que quelques unes de ses chansons portent le flambeau jadis brandi par les Waterboys, et Steve Wickham sûrement touché par la grâce de cet hommage s’en donne à cœur joie. Il peint les chansons de Cali avec ses cordes sensibles, d’un violon ou d’une mandoline, comme pour la très fellinienne ambiance de tango qui bascule « Roberta » 82 ans et toutes ses dents dans les allées d’un cimetière. Promenant ses souvenirs pas toujours très courtois au bras d’un Cali amusé et tendre qui semble presque sourire en chantant. Mais le jeu laisse parfois la place à un engagement plus violent .L’amour est le terrain de toutes les expériences, ici inspiré par le roman de Diastème « 107 ans » qui décrit sans fard la rançon parfois douloureuse du sentiment amoureux, « Je ne vivrai pas sans toi » au point de se blesser dans sa propre chair. Cette chair, on dirait le sud parfois…

Irrigué par le sang de la Catalogne son amour et la fougue naturelle des hommes harassés par le soleil. Pour Cali la vie est aussi une musique pop et charnelle à l’image de ces deux chansons, « Tes yeux » et « La fin du monde pour 10 minutes », qui se suivent et pourtant ne se ressemblent pas pour parler de la femme qui est toujours l’avenir de l’homme. Avenir parfois dominé par les orages de la passion qui confine jusqu’à souhaiter à l’être aimé de se soumettre au joug de son pire ennemi. Cali enflammé et bouillant, « Je te souhaite à mon pire ennemi », est encore électrisé par la fougue enragée de Damien Lefèvre en vacances de Luke pour la circonstance. Cali enregistre et c’est aussi tout à coup les brûlures guitaristiques de Mathieu Chédid qui viennent enfiévrer quatre chansons de l’album.

Et puis chaque disque doit aussi être porteur de sa propre légende. Ici nous retiendrons « Je sais », pure chanson signée à la pointe d’un stylo par le style de l’auteur Bruno Caliciuri, entérinant effectivement dans la chanson un avant et un après Cali faisant de l’amour terroriste un genre à part entière. C’est bouleversant de vérité. Et pour être dans cette sincérité là jusqu’au bout, Cali se devait aussi d’être audacieux pour sortir du chant dicté par la norme d’une rock’n’roll attitude. Pièce maîtresse du disque jusqu’à lui donner son titre pour ce nouvel album, « Menteur » offre à Cali l’échappée belle vers une contrée où la musique n’a plus de genre. Kurt Weil était-il rock ? Nous avons une réponse possible avec Cali qui invite 43 musiciens du grand orchestre du conservatoire de Perpignan sous la houlette du chef Daniel Tosi. La portée lyrique de Cali est à son paroxysme pour une dernière chanson poussée comme un cri primal, « Le vrai père » dont le thème déjà évoqué dans la première chanson de l’album « Qui se soucie de moi » revient cette fois frontale et révoltée en conclusion. Le droit des pères est aussi celui de Cali qui peut désormais vivre écorché mais pas nu. A cette bonne question posée dans le premier disque « C’est quand le bonheur ? », Cali répond dans le second par une traversée du désir de l’Irlande à l’Espagne sur le fil du bonheur.

Jeudi 29 Septembre 2005 - 00:40



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