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Cali le live, Le bordel magnifique

Album live le 2 octobre




On l’a dit et écrit plus d’une fois, Cali est né sur scène. C’est son berceau, sa résidence principale. C’est aussi et surtout pour lui une sorte d’impérieuse nécessité qui lui permet de retrouver une respiration maîtrisée une fois retourné à la réalité. Il y a quelque chose de fascinant à voir et aujourd’hui enfin à écouter cet artiste qui paye comptant, connaît le prix parfois cruel de la sueur et fait de chaque concert un moment ultime. Chaque rendez-vous avec lui sur scène est comme le dernier. Un peu comme dans la chanson « La fin du monde dans dix minutes »… Une sorte de prière païenne ultime, comme s’il nous disait en grand ordonnateur de cette communion amoureuse : « Alors allons y… donnons tout, brûlons-nous jusqu’à nous réduire en cendres ». L’exercice parfois anecdotique de l’enregistrement live est ici on ne peut plus légitime. L’album live de Cali est aussi à sa façon un premier album qui s’inscrit en parallèle à sa discographie studio. Enregistré en mai 2006 à Lille, avec son groupe et la présence lumineuse supplémentaire de deux cuivres, voici l’instantané forcément singulier d’une aventure qui aura réuni sur l’ensemble de la tournée plus de 400 000 spectateurs, festivals inclus.

Depuis cinq ans j’ai pu voir Cali sur des scènes très différentes. Tout d’abord des scènes ouvertes et gratuites alors qu’il était encore avec son groupe Tom Scarlett. Puis dans ce singulier marathon des petites scènes françaises où déjà il arpentait l’espace avec une énergie incommensurable, offrant à ces petits praticables la dimension et l’honneur des plus grandes arènes. Ensuite est arrivé le temps premier de la reconnaissance où Cali prit ses marques, faisant de chaque concert une histoire singulière et unique. S’inspirant probablement des années où, jeune homme, il fut un joueur de rugby plein de rage, Cali a abordé la scène comme une finale de coupe du monde. Concentration, puis ruée dans la mêlée entre le public et ses musiciens. Il y a un style Cali sur scène, ou plus précisément une stylistique. Jeu de jambes trépignant, bras dessinant dans l’air des figures, sortes de lignes de fuite à la Cocteau, tambourin comme une deuxième pulsation rythmique, et sa façon d’opérer des accélérations fulgurantes pour faire de la scène un terrain à absolument conquérir. Cali en eau respire, expire, inspire et prend juste le temps de regarder ces foules en fusion qui lui offrent l’énergie encore nécessaire pour prolonger le combat.

Il n’y a pas d’attitude préétablie chez lui. L’attitude, c’est lui qui l’invente concert après concert. Sans être le nombril du monde, il invente crée un nouveau monde. Bien sûr, il y aussi ce moment chaque fois différent du stage diving prolongé. C’est la solitude du slamer de fond, les mains du public le portant à bout de bras, couché dans une sorte de figure christique… Des bouquets de bras forment l’écume sur laquelle Cali surfe, le corps abandonné, comme sur le toit du monde. La septième vague, celle qu’il faut prendre pour toucher le point G de la catharsis. Cali a grandi à l’ombre des jeunes garçons en fleur qui ont fait briller la légende du rock’n’roll. Androgyne parfois comme Bowie, flamboyant souvent comme Jim Kerr, incandescent toujours comme Bono, outrancier peut-être comme Léo Ferré, sexe et sexy sûrement comme Iggy Pop, blessé encore comme Miossec, terroriste comme Joe Strummer.

Cali devient alors lui-même, ayant assimilé toutes ces figures de style pour devenir celui qui ne ressemble à aucun autre. Entré par effraction dans la guérilla du rock, Cali est devenu rebelle sur scène. En faisant du public une femme qu’il faut désirer, chevaucher puis caresser, Cali a pris le parti de donner à sa musique une autre dimension. Pour cet album live il a choisi de sélectionner une majorité de titres figurant sur son deuxième album « Menteur ». Peut-être pour faire refleurir la vérité intrinsèque de ce disque qui fut imaginé et composé sur la route, entre les concerts où des milliers de fidèles venaient consacrer la beauté de « L’amour parfait ».

Entre l’Irlande de Wickham et ses rasades de violons qui tapent le gosier, la Méditerranée qui s’exprime dans l’outrance extravertie de la corne d’Espagne et la Perfide Albion qui fait que le dieu du rock a encore la tête dans le brouillard, Cali avance tel un équilibriste pour jouer sa vie comme d’autres le font par des exploits de l’inutile. Sauf qu’avec Cali il s’agit de réinventer l’impossible et de faire en sorte qu’une utopie soit toujours en marche. Un bordel magnifique, une brûlure apparemment assassine qui paradoxalement ressuscite son envie de s’embraser à nouveau. Si l’on veut comprendre le prix parfois lourd à payer de la vie, il faut avoir vu Cali sur scène au moins une fois et ainsi réaliser que de toute éternité le rock ne fut jamais tout à fait innocent. Didier Varrod

Tracklisting :

1- Je te souhaite à mon pire ennemi
2- Je m en vais (après Miossec)
3- Je ne vivrai pas sans toi
4- C’est quand le bonheur ?
5- Menteur
6- La fin du monde pour dans 10 minutes
7- Il y a une question
8- Je sais
9- Roberta
10- Pensons à l avenir
11- Dolorosa
12- Le grand jour
13- Qui se soucie de moi
14- Elle m a dit

www.cali-menteur.com
le blog de Cali sur www.qui-se-soucie-de-moi.fr

Vendredi 15 Septembre 2006 - 22:52
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