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Cannes 2012 : les grandes dates du Festival




Cannes 2012 : les grandes dates du Festival
Le 65e Festival de Cannes s'apprête à poursuivre à écrire un nouveau chapitre dans la longue histoire du plus couru et certainement du plus médiatisé des festivals de cinéma au monde. Entre scandales, annulations, manifestations ou idylles, voici les grandes dates de l'histoire de Cannes. L'édition 2012 compte 22 films en compétition et s'ouvrira mercredi avec la présentation de Moonrise Kingdom, le nouveau film de Wes Anderson. Le palmarès et la Palme d'or seront dévoilés le dimanche 27 mai prochain.

1939: "Le Bossu de Notre-Dame" ouvre ce qui devait être le premier "Festival international de Cannes", le 31 août. A l'origine de l'événement, avec le soutien du gouvernement, le diplomate Philippe Erlanger souhaite faire pièce à la Mostra de Venise, devenu un outil de propagande fasciste. Mais l'Allemagne envahit le lendemain la Pologne, la guerre est déclarée et le festival annulé.

1946: Diplomatie oblige, le "vrai" premier festival de Cannes couronne onze films, un par pays représenté, dont déjà plusieurs chefs-d'œuvre comme "Rome ville ouverte" de Roberto Rossellini qui inaugure le style néo-réaliste. "La bataille du rail" de René Clément plonge le Festival dans le combat encore si récent de la Résistance.

1948: Pas de Festival, faute de financement dans une France en pleine reconstruction. Idem en 1950.

1954: Gina Lollobrigida, Sophia Loren font tourner les têtes et ancrent le mythe de la beauté sensuelle italienne. Robert Mitchum se fait piéger lors d'une séance photo en serrant une starlette britannique aux seins nus, Simone Silva. L'acteur américain se remettra de la polémique, mais pas la pin-up, expulsée de Cannes, harcelée par les ligues de vertu. Elle se suicidera trois ans plus tard.

1955: Trois ans après avoir succombé à Marlon Brando dans "Viva Zapata", Cannes découvre James Dean dans "A l'est d'Eden" d'Elia Kazan qui rate de peu la première "Palme d'or" décernée par le Festival. Invitée d'honneur, Grace Kelly fait la connaissance, lors d'une visite de la Principauté voisine, du Prince Rainier, qu'elle épousera un an plus tard.

1956: Le documentaire d'Alain Resnais sur les camps de concentration, "Nuit et brouillard", est retiré de la sélection sur l'insistance de la délégation allemande. Le cinéaste français subira la même mésaventure en 1959, avec le retrait de "Hiroshima mon amour" à la demande des Américains, dans un Festival alors contraint de composer avec les gouvernements. Les photographes, eux, s'intéressent surtout à Kim Novak, qui émeut jusqu'au jeune critique radical François Truffaut, et à Brigitte Bardot, qui tourne cette année-là "Et Dieu créa la femme".

1959: Couvé par Jean Cocteau, flanqué d'un adolescent du nom de Jean-Pierre Léaud, François Truffaut, 28 ans, fait l'événement à Cannes avec "Les 400 coups", qui obtient le prix de la mise en scène. Premier ministre de la Culture à se rendre au Festival, André Malraux célèbre "la merveilleuse fraternité des images de la terre heureuse et de la terre sanglante ou menacée".

1960: Une des plus mémorables années à scandale. Des rixes opposent spectateurs conquis ou hostiles au récit déconstruit de "L'avventura" d'Antonioni, et des sifflets accueillent la Palme d'or attribuée à "La dolce vita" de Fellini.

1968: Mai 68 "déborde" à Cannes. François Truffaut et Jean-Luc Godard s'accrochent au rideau de la scène pour empêcher la projection d'un film. Le réalisateur de "La Chinoise" interpelle les festivaliers: "moi je vous parle solidarité avec les ouvriers qui occupent les usines Renault et vous me répondez travelling et gros plans". Dans la cohue, le Festival est contraint de clore le 19 mai, cinq jours avant son terme.

1973: Nouveaux scandales après les projections de "La grande bouffe" de Marco Ferreri et de "La maman et la putain" de Jean Eustache. Cannes reflète les soubresauts des années 70 : intervention violente des CRS lors d'une projection d'un film pro-avortement, "Histoire d'A", en 1974. En 1976, le très cru "Empire des sens" de Nagisa Oshima, découvert par la Quinzaine des réalisateurs, fait courir tous les festivaliers.

1980: La direction multiplie les subterfuges pour pouvoir projeter l'hallucinant "Stalker" d'Andrei Tarkovsky, au nez et à la barbe des Soviétiques. Les bobines arrivent sous un nom d'emprunt, le projectionniste est enfermé dans sa cabine, et la délégation soviétique furieuse sera promenée d'un bout à l'autre de la Croisette pendant la durée de la projection.

1981: Palme d'or pour "L'homme de fer" du Polonais Andrzej Wajda, dont "L'homme de marbre", sur la naissance du syndicat Solidarité, avait déjà fait sensation en 1978.

1987: Lady Di vole la vedette aux actrices sur la Croisette. Maurice Pialat reçoit la Palme d'Or pour "Sous le soleil de Satan": "Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus", lance le réalisateur français à la partie de la salle qui siffle copieusement.

1998: Il n'a obtenu pour "La vie est belle" que le Grand prix, et pas la Palme d'or, mais Roberto Benigni transforme cette demi-déception en triomphe, en multipliant les embrassades, y compris au président du jury Martin Scorsese, au comble de l'embarras.

1999: Une mémorable bronca accueille les choix radicaux du jury présidé par le Canadien David Cronenberg: la Palme à "Rosetta" des frères Dardenne, trois prix à "L'Humanité" de Bruno Dumont et seulement un accessit pour "Tout sur ma mère" d'Almodovar, chouchou de Cannes.

2004: Un an après l'invasion de l'Irak, le jury présidé par Quentin Tarantino attribue la Palme d'or à "Fahrenheit 9/11", charge anti-Bush signée Michael Moore.

2006: Triomphe public pour "Indigènes" de Rachid Bouchareb, qui honore le rôle des soldats des colonies françaises pendant la seconde guerre mondiale.

2011: Venu présenter son film "Melancholia", le réalisateur danois Lars Von Trier provoque la presse en disant "comprendre" Hitler en tant qu'"homme". Il est déclaré "persona non grata" par le conseil d'administration du Festival.

Mercredi 16 Mai 2012 - 01:42



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