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Corneille - Les marchands de rêves




« D’ou je viens ? Très loin. Où je vais ? Personne le sait. En attendant je vous dis où je suis… » Le ton est détaché mais lucide, le style laconique. Cette voix, c’est celle de Corneille. Ainsi l’artiste a-t-il choisi de se présenter à son auditoire. Une phrase, lâchée solennellement en introduction du morceau « Seul Au Monde », qui, loin d’être anodine, en dit long sur le parcours chargé de son auteur.

Corneille Nyungura voit le jour le 24 mars 1977 à Fribourg en Allemagne, alors que ses parents, d’origine rwandaise, n’étaient alors qu’étudiants. Sept ans plus tard il retourne sur la terre de ses racines, direction Kigali. Là-bas il s’initie aux sonorités de la pop occidentale, fonde son premier groupe et en 1993, remporte le concours « Découverte » de la télévision locale. Sa carrière prometteuse se voit pourtant avortée par les affres de la guerre. Nous sommes en 1994. « Seul Au Monde », car survivant miraculé d’un génocide qui le voit amputé de tous les membres de sa famille directe, Corneille ne vit désormais que par et pour la musique.

La bonne étoile qui le guide lui permet de trouver refuge en Allemagne. Retour à la case départ. Il se replonge dans le quotidien d’un adolescent de 17 ans, passe son bac. Mais la musique est sa force, son moteur. Elle sera sa rédemption. En 1997, il plie bagage et s’envole pour Montréal, sa nouvelle terre promise. Il y fonde le trio O.N.E. aux côtés de Gage Pierre et Gary Martin et obtient un premier succès majeur avec le titre « Zoukin’ ». Mais les aspirations de Corneille sont ailleurs. Sa démarche créative et son vécu, bien trop personnels, ont raison du groupe. Corneille s’attèle en 2001 à l’écriture et à la composition de son premier album solo. Fin 2002, l’album « Parce Qu’On Vient De Loin » arrive dans les bacs canadiens. En France, le titre « Avec Classe » débarque sur les ondes. Les relents zouk r&b de cette ritournelle à la légèreté candide séduisent rapidement le public et permettent à l’album, paru chez Wagram en février 2003, de connaître un premier écho favorable.

Intègre et entier, Corneille n’hésite pas à s’engager dans les causes qui lui semblent nobles. Sollicité par la Croix Rouge canadienne, il devient le parrain de la campagne « Même les guerres ont des limites », afin de sensibiliser la jeunesse au sort des milliers d’enfants soldats victimes des ravages de la guerre. Puis il offre le titre « Vivre Pour Soi », interprété en duo avec la chanteuse québécoise Mélanie Renaud, à la campagne « Aimer Sans Violence » soutenue par le gouvernement du Québec. Fin 2003, une version rééditée de son album voit le jour, prélude à une grande tournée qui se veut intimiste, le chanteur ayant choisi de se présenter sur scène dans un format minimaliste. Une orientation acoustique qui fait l’unanimité auprès du public. En décembre 2003, Corneille s’offre une semaine à guichet fermé au Nouveau Casino de Paris et, poussé par le succès du single « Parce Qu’On Vient De Loin », promène alors son groove épuré sur toutes les scènes de France.

La démonstration affective du public va peu à peu se transformer en véritable frénésie. Sur scène Corneille est en état de grâce. S’il admire la maîtrise scénique d’un Prince, l’humanité d’un Bono, le sens mélodique d’un Sting, le charisme d’un Marvin Gaye, comme eux, il a hérité de cette étincelle qui est l’apanage des plus grands. Reconnu par ses pairs (en duo avec Cheb Mami ou sur scène avec Lokua Kanza), remarqué par la profession (Victoires de la musique, Gala de l’Adisq), plébiscité par le public (un album déjà écoulé à 600 000 exemplaires et un premier Zénith rempli en quelques semaines à peine), Corneille s’impose aujourd’hui comme l’une des valeurs sûres de la nouvelle scène francophone. Après avoir été à l’affiche des principaux festivals de l’été dernier (notamment lors des Francofolies de Montréal, La Rochelle et Spa), Corneille a effectué une grande tournée à l’automne 2004

Mardi 22 Novembre 2005 - 02:55
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