Les études ici rassemblées traitent du romantisme allemand, de Bergson, de la phénoménologie sartrienne, de la réception d'Emerson en France et de Dewey en Italie, enfin de la notion de dégoût chez Spinoza. Malgré leur forme disparate, ces textes ont en commun une façon de lire les philosophes et d'écrire sur eux en déjouant les conventions d'un discours figé.
Il y a dans la notion de court-circuit l'idée de passer outre certains intermédiaires qui l'apparente à celle de raccourci. Si court-circuiter quelqu'un dans le langage ordinaire signifie tout simplement l'évincer dans un processus de décision, le terme évoque plutôt la figure de l'ellipse permettant l'économie d'un certain nombre d'intermédiaires qu'une certaine rhétorique philosophique oblige souvent à emprunter mais dont la nécessité n'est pas absolue. Ce titre évoque aussi une forme d'écriture plus rapide en surface mais peut-être pas moins susceptible de jeter sur les thématiques et les auteurs cités un éclairage différent.
Le court-circuit indique aussi une différence de potentiel entre deux points mis en relation, soit deux ou plusieurs types de pensées, de traditions, de styles. Il peut en résulter certaines trouvailles, certains éclairages obliques qui engagent à travers un détail un mouvement plus profond.
L'auteur
Gilles A. Tiberghien est philosophe, il enseigne l'esthétique à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a publié entre autres, Land art, éditions Carré, 1993, Nature, Art, Paysage, Actes-Sud/ENSP, 2001, Notes sur la nature, la cabane et quelques autres choses, Le Félin, 2005, Emmanuel Hocquard, Seghers, 2006, Finis terrae, Bayard, 2007 et Amitier, Le Félin, 2008.