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Ecoutez Stacie Orrico - I'm Not Missing You




Stacie Orrico n’a jamais demandé à devenir une star. C’est la célébrité, avec toutes ses belles promesses, qui est venue à elle. Découverte à l’âge de 12 ans, Stacie a sorti un album qui a été disque d’or à 14 ans, et trois ans plus tard, elle parcourait le monde pour promouvoir un deuxième opus. A l’âge de 18 ans, Stacie Orrico avait déjà vendu plus de 3,4 millions de disques dans le monde.

Mais les exigences d’une brillante carrière ont presque failli éloigner à tout jamais de la musique cette jeune chanteuse, surnaturellement douée. Heureusement, Stacie Orrico possède non seulement une voix superbe, mais aussi une rare maturité, qui lui a permis il y a trois ans de prendre du recul pour redécouvrir qui elle était et qui et quoi comptait vraiment pour elle. Beautiful Awakening, son élégant nouvel opus, à la fois soul et d’inspiration R&B, raconte l’histoire de ce voyage, qui a amené Stacie là où elle est aujourd’hui, lui permettant de devenir une jeune femme pour la première fois maître de sa vie et de sa carrière.

“C’est vraiment un album paisible,” déclare la jeune femme désormais âgée de 20 ans. “Je voulais faire un disque qu’on ait envie d’écouter le soir dans sa chambre après une rude journée. Je voulais des chansons que je puisse interpréter juste avec une guitare acoustique.” Le résultat est un disque dépouillé dans lequel quelques cordes, quelques beats simples, une guitare, un piano, viennent accompagner la puissante voix aux accents jazz de Stacie Orrico. Le disque d’une artiste en plein épanouissement. Et de confier à propos des thèmes qu’elle aborde - la rupture (“I’m Not Missing You,” “Don’t Ask Me to Stay”), les ballades romantiques (“Easy to Love You,” “Wait”), les mères célibataires (“Babygirl”) et un hommage à la famille (“So Simple”) – qu’ils “sont le reflet d’une période joyeuse de ma vie, où l’amour a trouvé une place, alors qu’autrefois ma musique s’inspirait d’un contexte émotionnel plus dur.”

Pour comprendre d’où vient la Stacie Orrico de Beautiful Awakening, il est nécessaire de revenir sur sa vie avant que la célébrité ne vienne la transformer. Née à Seattle en 1986, Stacie est la fille de missionnaires chrétiens, elle a grandi dans une fratrie de cinq enfants au sein d’un famille italo-américaine unie. Lorsqu’elle a 7 ans, ses parents s’installent en Ukraine où la jeune Stacie s’occupe d’orphelins atteints de la tuberculose dans un hôpital local. La famille Orrico vit dans un complexe qui n’est pas équipé en eau chaude. “Nous prenions des douches froides glacées,” se souvient la jeune femme. “L’eau était tellement froide que le fait de mettre sa tête dessous déclenchait une migraine.” Une expérience, dit-elle qui “m’a appris que quelque soit le milieu social dont nous sommes issus et la langue que l’on parle, nous avons des liens communs, des choses qui nous touchent tous.”

Après une année en Ukraine, les Orrico s’installent à Denver, où Stacie va à l’école et chante à l’église. “J’étais la seule petite fille blanche au sein d’une chorale gospel noire,” dit-elle. “On disait souvent que je chantais bien et que j’avais du feeling et on conseillait à mes parents de me faire écouter Fred Hammond et Shirley Caesar. Mon père écoutait beaucoup de jazz, des artistes comme Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan, j’ai donc été en contact avec cette musique très jeune.”

En 1998, Stacie Orrico suit un séminaire de musique à Estes Park et participe à un concours pour s’amuser. C’est finalement elle qui va le remporter et qui se voit proposer un contrat d’enregistrement par un directeur artistique du label ForeFront. Stacie a alors 12 ans.

“Ça m’est tombé dessus en quelque sorte,” dit-elle. “A l’époque la seule chose qui m’intéressait, c’était d’avoir mon propre meuble de rangement sans devoir le partager avec les autres”. Deux albums sortiront sur ForeFront : Genuine en 2000, un disque pop truffé de mélodies accrocheuses qui s’est vendu à plus de 500 000 exemplaires entrant à la première place du classement Heatseekers du Billboard, et un EP de Noël intitulé Christmas Wish en 2001. Quelques temps plus tard, les Destiny’s Child lui proposent la première partie de leur tournée Survivor aux Etats-Unis. “Il s’est trouvé qu’elles adoraient le gospel et lorsqu’elles ont entendu ce que je faisais, elles ont eu envie de m’aider”. Malgré une proposition du père de Beyonce, Matthew Knowles, Stacie signe avec Virgin Records au cours de l’hiver 2002.

La famille Orrico s’installe ensuite à Nashville et Stacie sort son premier album éponyme sur Virgin en 2003. Fort de deux singles classés dans le Top Ten, “(There’s Gotta Be) More To Life” et “Stuck”, cet album propulse la jeune fille de 17 ans dans un tourbillon promotionnel : elle se produit dans le cadre de la ‘Thanksgiving Day Parade’ de Macy’s, lors d’une cérémonie d’illumination d’un arbre de Noël au Rockefeller Center et dans l’émission TRL de MTV; elle annonce les nominations aux Grammy Awards (dont une pour elle dans la catégorie “Best Pop Contemporary Gospel Album”) et arpente le tapis rouge des MTV Video Music Awards.

Suite au succès de son album en Asie, Stacie s’embarque pour une tournée promotionnelle dans le cadre de laquelle elle donne des interviews de 7h du matin à 11h du soir et change de pays tous les trois jours. Le lycée, le bal des étudiants et surtout les vacances en famille ne font pas partie de sa vie, ce qui lui manque particulièrement vu son attachement aux siens. “A un moment donné j’ai senti que j’étais de plus en plus épuisée,” dit-elle. “C’est là que j’ai commencé à réaliser qu’en fait je ne m’étais pas battue pour tout ça. Sans avoir frappé à plein de portes pour essayer de décrocher un contrat, je me retrouvais complètement enfermée dans le système l’industrie du disque. Je n’avais plus de vie en dehors — ni rien derrière moi pour me soutenir. Il était temps pour moi de décider si je voulais vraiment faire une carrière musicale.”

Stacie fait alors le choix de tout arrêter. Elle rejoint sa famille revenue sur Seattle, se régale des plats cuisinés par sa mère, assiste au spectacle de danse de sa soeur et au match de foot de son frère et rattrape le temps perdu. Elle se trouve un job de serveuse à 7,50 $ de l’heure dans un restaurant des poissons et crustacés où elle est employée avec sa meilleure amie. “Je voulais juste mener une vie normale,” dit-elle. “On devait porter un uniforme horrible – avec une cravate, une jupe sous le genou, des collants blancs et des chaussures bleues marines. J’adorais ça.”

Quand elle perd ce travail, Stacie part à L.A. pour y retrouver sa soeur inscrite à la fac de Malibu. Elle se fait de nouveaux amis et se sent mieux entourée de gens qui n’ont rien à voir avec sa carrière. “Cela peut s’avérer assez déstabilisant d’être en permanence entourée de gens qui sont à vos pieds et n’ont de cesse de vous dire à quel point vous êtes parfaite 24 heures/24, 7 jours / 7 et ce pendant 8 ans,” explique Stacie. “Ils s’extasiaient tous devant mon étonnante maturité et mon sérieux, ignorant que lorsque je retournais dans ma chambre d’hôtel le soir, j’étais capable de me commander six desserts en room service tellement j’étais stressée.”

Grâce à cette pause, Stacie retrouve la confiance que lui confèrent ses amis et sa famille, ce qui lui permet d’envisager à nouveau de revenir à la musique. “J’ai fini par comprendre que c’est la musique qui m’intéresse — c’est ça qui me passionne,” dit-elle. “Pour moi ce n’est pas seulement le fait d’enregistrer des disques – c’est un outil de communication: raconter des histoires et partager des expériences. C’est au moment où j’étais trop épuisée et détachée pour parvenir à communiquer avec les gens, que j’ai eu envie de tout arrêter.”
Stacie se remet alors à écrire des chansons et retrouve l’envie de faire des disques. “Je suis plus excitée que jamais par ma carrière, car ce n’est plus le fruit d’un hasard mais d’une décision que j’ai prise.”

Ce regain de passion pour la musique — à tous les niveaux du chant à l’écriture et aux arrangements vocaux — transpire des titres de Beautiful Awakening. Stacie a co-écrit la majorité des chansons de l’album et a collaboré avec une myriade de producteurs réputés, notamment : Dallas Austin, Dwayne Bastiany, Kaygee, ainsi que des auteurs comme Shekspear, Track & Field, Anthony Dent et Novel, un rappeur, chanteur, producteur et auteur-compositeur pas encore connu qu’elle a rencontré dans un studio d’Atlanta en train de concocter des beats dans le couloir. “C’est mon âme soeur musicale,” dit-elle à au sujet de ce jeune homme qui n’est autre que le petit-fils du légendaire Solomon Burke et a écrit des chansons pour Kelis et India Arie. “Nous avons la même perception de la musique et plein d’influences en commun.”

Stacie Orrico a également hâte de partir en tournée et de monter sur scène. Ses références étant Lauryn Hill et Alicia Keys, des artistes qui se sont imposées sans tralala, il ne faut donc pas s’attendre à un show avec dix danseurs et cinquante costumes différents.
“Ce n’est pas mon truc,” dit-elle. “Je ne suis pas du genre à faire des bonds sur scène sur des titres pré-enregistrés. J’ai vraiment l’impression de repartir vers autre chose, je veux faire de la soul music. C’est ce qui me correspond. C’est toujours la vérité, la sincérité et la vulnérabilité qui font la qualité des grands artistes.”

Vendredi 21 Juillet 2006 - 22:15
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