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Emma Daumas - Le chemin de la maison

Sortie 3 novembre 2008




Emma Daumas - Le chemin de la maison
Il y a ceux qui subissent les étiquettes qu’on leur met sur le dos, et ceux qui arrivent à les décoller sans préjudice. Emma Daumas, rescapée de la Star Ac’, fait désormais partie de la seconde catégorie.

Après un premier disque évidemment fracassant, le syndrome du toujours difficile deuxième album l’a frappé de plein fouet. Mais là où d’autres auraient baissé les bras ou ressassé une vieille haine stérile contre le showbiz, Emma la douce a préféré prendre un autre chemin, le sien.

« Tout s’est passé après la sortie de l’album Effets Secondaires, explique-t-elle. J’ai éprouvé le besoin de partir en tournée. Il y a eu beaucoup de galères à gérer, un bon contrecoup après le succès du premier album, et pourtant c’est la période qui m’a été la plus bénéfique. Je me suis rendue compte d’incohérences dans mon travail et ma vie qui ne me faisaient pas avancer dans le bon sens. À partir de là, j’ai changé d’équipe et j’ai commencé à m’intéresser de plus près au music business pour reprendre le contrôle de choses qui m’échappaient. Parallèlement à ça, ma tournée a été annulée et je suis rentrée en studio. C’était en avril 2007 ».

Arrivée, à 24 ans, à un tournant crucial de sa vie d’artiste, Emma veut être au contrôle de sa destinée. Qu’elle réussisse ou pas, ce qui arrivera sera de sa responsabilité. C’est dans cet état d’esprit combatif et décidé que la jeune chanteuse commence à travailler sur les maquettes de ce qui va devenir son troisième album, le premier qu’elle peut revendiquer à 200%.

Les quatre premières démos donnent le ton : « Adieu Baïkonour », « Secret Défense », « Jolie Jeanne » et « Neverland » sont à mille lieux de cette image lisse que certains voudraient lui coller. Volontaire, Emma va elle-même démarcher Peter Von Poehl, ex-guitariste d’AS Dragon et producteur du dernier Vincent Delerm, qui lui compose « Lipstick et Rimmel ». Et tout s’accélère lorsqu’Emma croise le chemin de Mickaël Furnon, discret leader de Mickey 3D devenu Mick est tout seul, qui lui offre un cadeau inespéré : une chanson à double sens titrée « J’suis Conne ». Le genre de petit bijou à la musique d’une déroutante simplicité qui s’insinue dans les esprits avec ces rimes qui lui vont si bien : « Les hommes me voient toujours comme une poupée/ Ils regardent mon cul… rriculum/ Et ça les fait rigoler ».

« Avec Mickey, j’ai trouvé quelqu’un qui m’a prouvé qu’on pouvait être simple sans être simpliste, et cette rencontre a été très rassurante. On a le même environnement tous les deux, on est des provinciaux dans l’âme. Je viens d’un petit village près d’Avignon, et c’est vrai que ces racines-là me manquent de plus en plus », explique Emma qui va co-composer la musique de deux autres textes signés Mickey, « Adieu Baïkonour » et « Secret Défense ».

Juste après Mickey arrive Marcel Kanche, poète, aventurier de l’underground, auteur pour Bashung, -M- et Vanessa Paradis. « Je ne le connaissais pas, j’ai passé deux jours sur le net à tout écouter de lui et je me suis dit “j’adore ce mec !“ On lui a fait tourner l’instru de “Neverland“ et en deux jours il m’a balancé un texte magnifique, “L’eau de mes rives“. Vu mon âge et l’atmosphère de l’album, je ne me voyais pas l’assumer donc je lui ai demandé de partir sur l’idée de Neverland, sachant que j’avais déjà bossé une ébauche de texte qui me tenait à cœur, vu que c’était une période de remise en question et de retour aux sources. Je lui ai raconté mon parcours pour lui dire qui j’étais et ce que je faisais. À la lecture du mail, il m’a dit “voici une bio jetée comme un parpaing“. On a fini par accoucher du morceau ensemble ». Le résultat est une balade douce amère sur l’enfance perdue agrémentée de cordes aériennes aux lyrics en mode mélancolie (« Avant de m’éloigner, j’avais tous les jouets, tous les fiancés d’été, qu’en reste t-il ? (…) Et les illusions qui nous illuminent, qu’elles nous bercent encore, qu’elles nous bercent encore »).

Pour réaliser l’album, Emma s’entoure d’un petit gang retranché dans un studio de la banlieue parisienne dirigé par un certain Ramon, jeune producteur prolifique accompagné de Sylvain Carpentier (Damien Saez, Alizée). « Jolie Jeanne » est finement transgressif, et Elodie Frégé co-écrit avec Emma le texte de « Dansez », irrésistible ritournelle plus complexe qu’il n’y paraît. Dans l’ambiance studieuse d’un grand studio de la banlieue parisienne, Emma finalise l’album, écrit son histoire, supervise l’équipe, s’implique comme jamais elle ne s’est impliquée. Une telle évidence pour cette jeune artiste sous les feux de la rampe depuis déjà six ans qu’elle a choisi un titre lumineux pour ce retour aux sources en douze chansons : Le Chemin de la Maison.

« Pour résumer cet album, conclut Emma, je ne suis pas en mesure de dire que c’est l’album de la maturité mais c’est en tout cas un album qui a maturé. C’est la première fois que j’ai l’impression de maîtriser mon projet de A à Z. Ce disque peut toucher un large public, j’en suis sûre. Si les gens prennent la peine de l’écouter. Je suis ravie de mon parcours et quoi qu’il arrive, je fais confiance au chemin que me trace la vie, toujours riche en apprentissages ».

Ceux qui auront la finesse d’aller au-delà des clichés rebattus sur les chanteuses pop ne seront pas déçus : Emma n’est conne que le temps d’une chanson, celle-là même qui marque son renouveau artistique. Olivier CACHIN


Mercredi 22 Octobre 2008 - 20:18



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