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FORGET THE HEROES - Atomized




Ce n'est pas tous les jours que l'on reçoit un album aux atmosphères softs et jazzy. Qui plus est d'un groupe dont la simple évocation du titre de son premier opus le rendait hors scope. En effet, "We Don't Need Guitar" n'aide par à la délivrance d'un passeport vers les colonnes de Music in Belgium… Pourtant, Forget The Heroes, puisque c'est bien d'eux qu'il s'agit, ont changé leur fusil d'épaule et proposent "Atomized", un deuxième effort qui, bien que toujours bercé par des mélodies rêveuses, s'ouvre à des influences plus rock.

A ce propos, le choix des collaborateurs n'y est sans doute pas étranger (on y revient). Car Forget The Heroes, c'est avant tout la voix et le piano de Corinne Carré, compositrice et interprète de talent, entourée d'un groupe emmené par une autre nana, Virginie Bocher, qui manie le violon à la perfection, mais aussi d'un (contre)bassiste, Philippe Henner et d'un batteur, Sébastien Tanquart.

Mixé par Frank Redlich (Indochine, Sébastien Tellier,…) et masterisé par Raphaël Jonin (Bashung, Lily Allen,…) qui ont contribué à "durcir" le ton, ce deuxième album, on l'a dit, se veut plus conventionnel tout en conservant l'originalité qui avait fait d'eux une révélation avec le précédent. Rassurons tout de suite les fans, le groupe n'a rien perdu de son aura, comme le démontre la plage d'intro, "See My Home", loin de décontenancer les puristes, avec ces nappes de violon omniprésentes et la puissante voix de Corinne Carré, à l'intonation très soul, entre Norah Jones et Amy Winehouse. Ces atmosphères dignes d'un après-midi ensoleillé où l'on a envie de se prélasser au fond du jardin avec un bon bouquin parsèment la plaque, à l'instar des très jazzy "Such A Shame" et "What My Love Is" alors que le très beau "Atomized" touche une corde sensible.

L'adjonction de guitares prend tout son sens sur des titres comme "Another Lie" ou "Ten Memories" (ce solo façon slow crapuleux…), sans altérer le travail de composition qui se cache derrière. En revanche, on sent que le groupe se lâche avec beaucoup de bonheur sur l'enlevé "OhOohAhAha" et sur le très radiophonique "Distinct Is Your Life". Cela dit, la fin de la plaque, mis à part un sursaut lyrique sur "On The Moon", a tendance à se tirer en longueur. La conclusion, c'est qu'"Atomized" est plutôt un album à conseiller aux amateurs de ce que les anglophones appellent AOR (Adult Oriented Rock), c'est-à-dire une musique mature qui, dans ce cas présent, ne prendra vraiment son sens que si l'auditeur arrive à dompter la voix particulière de Corinne Carré.

Lundi 10 Mai 2010 - 23:40



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