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Fall Out Boy - Folie à Deux

Sortie le 15 décembre 2008 - Mercury/Universal


“Honnêtement, nous n'avons jamais été un groupe encensé par la critique ou un groupe 'cool', mais nous avons toujours continué d'avancer à cause de nos fans, et nous ne voulons pas que cela change.”



Pete Wentz, le bassiste/parolier de Fall Out Boy, a écrit cette phrase sur son blog quelques semaines avant de finir "Folie à Deux," le quatrième album du groupe. Bien que le groupe ait grandi de façon exponentielle durant ses sept années d'existence – depuis les premières parties à VFW Halls, jusqu'aux enceintes les plus prestigieuses et aux sommets des hit-parades – il y a, chez ce groupe, une cohérence qui ne se mesure pas simplement en termes de disques ou de billets vendus. "Folie" peut ne pas sonner au premier abord comme ce groupe qui avait émergé sur la scène punk/hardcore de Chicago, mais il est habité par le même esprit. C'est audacieux, dynamique et, disons-le, sacrément entraînant – toutes caractéristiques auxquelles s'attendent le groupe et ses fans depuis maintenant près d'une décennie.

“Nous avons toujours le sentiment que nous sommes le même groupe que celui qui a fait [2003, l'année de la percée] 'Take This to Your Grave,'” a déclaré le chanteur soliste Patrick Vaughn Stump dans une interview juste avant l'achèvement de l'album. “Je ne pourrais certainement plus écrire cet album, mais tant que nous sommes motivés, nous faisons la même chose, et nous le faisons de la même façon que nous l'avons toujours fait.”

Etonnamment, “Folie à Deux” sonne à la fois comme le résultat de sept années de dur labeur et quelque chose qui ne pouvait être produit que maintenant. C'est à la fois cynique et plein d'espoir, lyriquement et musicalement provocateur, personnel et politique, et sans nul doute l'album le plus varié que le groupe ait enregistré à ce jour.

Ce que “Folie” n'est en tout cas pas : un disque de la 'maturité' (autrement dit : ennuyeux, grand public); ce serait même plutôt l'album le plus dénué de complaisance dans la carrière du groupe. Ce fait est clairement mis en évidence dans le premier single, “I Don’t Care”; sur un martèlement puissant des percussions, Stump chante “Je me fiche de ce que tu penses/tant que c'est à moi que tu penses.” Le gag, ici, est que tandis que la mélodie a le feeling d'un grand hymne de glam-rock (à la Gary Glitter), le texte, lui, véhicule un message plutôt "terrible", selon le chanteur.

“Les gens ne s'intéressent plus à rien d'autre qu'au superficiel, et c'est véritablement tragique,” dit-il. “C'est donc un hymne quelque peu ironique. On n'a pas trop envie de chanter dessus. Je voulais que les gens soient interpellés par le message.”

Bien que Wentz ait déclaré que l'album "n'est pas ouvertement politique," on trouve plusieurs commentaires sociaux, tout au long de "Folie." Dans "Coffee's for Closers," Stump chante : "Jette ton appareil photo en l'air/Fais comme si t'en avais rien à faire." Selon le chanteur, le refrain ("le changement viendra, mais je ne croirai plus jamais à rien") propose une vision cynique de l'idéalisme des années 1990 et de la façon dont la culture dominante semble pencher de plus en plus vers le culte de la célébrité. "Je crois que les gens ont cessé de croire à la bonne volonté de l'homme et au fait qu'on peut changer le monde ou faire un peu de bien," dit-il.

Musicalement, dans "Folie", le groupe se lance dans tout un tas de nouvelles directions, souvent épiques, passant des harmonies façon Beatles (“America’s Suitehearts,” “20 Dollar Nose Bleed”) aux ornements symphoniques tout au long de “Coffee’s for Closers.” On a aussi un très impressionnant “What a Catch, Donnie,” un sing-along de stars (tout le monde chante ensemble) où figurent Elvis Costello, Brendon Urie de Panic at the Disco, le soliste de Gym Class Heroes, Travis McCoy, Alex deLeon de The Cab, et William Beckett, de The Academy Is.

Pour les fans de l'approche groove utilisée l'an dernier sur “Infinity on High,” l'album met là aussi la barre encore plus haut. Lil Wayne fait une apparition dans “Tiffany Blews,” teinté de hip-hop, tandis qu'un funk robotique alimente “w.a.m.s”, produit par The Neptunes, ainsi que la première moitié de “Headfirst Slide Into Cooperstown on a Bad Bet” (qui finit par laisser la place à un rock à base de piano plus ambitieux).
Pas insensible aux grands concepts du passé, le groupe a récemment lancé une importante campagne de marketing viral pour l'album intitulé “Citizens for Our Betterment,” qui a démarré par une série de messages web sibyllins et a fini par inclure un téléchargement gratuit d'un enregistrement underground de nouvelles chansons et de démos de FOB ainsi que de divers groupes de chez Decaydance. Dans cet esprit de collaboration avec son public, Wentz déclare que cela pourrait continuer sous d'autres formes. "Toute cette campagne fait partie de l'album... la bande underground fait partie de cette campagne et on verra bien ce qui arrivera à partir de là. Je sais que les gens ont dit que c'était une campagne virale, mais ce qui est important, c'est que nous changeons ce que nous faisons au quotidien. Et en créant cette organisation autocratique, nous avons créé une campagne démocratique, car les gens l'ont fait évoluer dans la direction qu'ils voulaient."

Au final, “Folie à Deux” est tout simplement le message artistique que Fall Out Boy voulait faire passer en 2008. "J'adore cet album, [mais] est-ce que quelqu'un d'autre va l'aimer ? Je n'en sais vraiment rien," s'est interrogé Stump récemment. "Pourquoi faisons-nous des disques ? Parce que nous avons quelque chose à dire. A la seconde où vous n'avez plus rien à dire, vous arrêtez de faire de l'art – vous vous mettez à faire du produit. Et ce qui m'intéresse, c'est d'être un artiste."
Fall Out Boy - Folie à Deux

10 Albums de Fall Out Boy - Folie à Deux


Jeudi 11 Décembre 2008 - 18:36



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