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Feist - The Reminder

Sortie le 23 avril 2007




Avant «The Reminder», la canadienne Feist a eu plusieurs vies. Diva punk adolescente du côté de Calgary, elle a tout d'abord fait partie d'un groupe rock avant de sévir à Toronto dans une autre formation nommée By Divine Right. Puis, au sein de Broken Social Scene, elle sert ce collectif à géométrie variable, précurseur de l'indie-rock sur la scène musicale canadienne.

Après un détour par Berlin où elle partage un appartement avec sa copine electroclash Peaches, cap sur Paris avec son vieux pote le pianiste barré Chilly Gonzales. Là, les expatriés s'acoquinent avec le producteur Renaud Létang (Souchon, Manu Chao, Birkin...) et s'attelent à «Let It Die». Rapidement, le premier extrait «Mushaboom» devient un tube et la voix de Feist, tour à tour douce et caressante, passe définitivement les frontières (disque d'or en France, platine au Canada), flattant les oreilles du grand public des deux côtés de l'Atlantique.

Trente-trois mois de concerts et autant de festivals plus tard sur trois continents, il est temps pour Feist de penser à retourner en studio. C'est à La Frette-Sur-Seine, un charmant village du Val-d'Oise située à une vingtaine de kilomètre de Paris, qu'elle décide finalement de s'installer. Dans un manoir vieux de 200 ans, le groupe de tournée se réunit (Julian Brown, Bryden Baird et Jess Baird), rejoint par Gonzales, Mocky, Renaud Létang et Jamie Lidell. Rapidement, la bâtisse s'orne d'un piano, d'un vibraphone, d'orgues, de guitares et d'amplis. Contre les vitraux, deux batteries sont installées et des micros dispersés un peu partout sur le parquet ciré.

L'isolement et le calme de l'endroit les sensibilisent au moindre son et ils utilisent alors leur environnement comme matière sonore : un chant d'oiseau, un aboiement de chien, le passage d'une voiture ou d'un avion... Forts de leur complicité et de leur expérience sur scène, Feist et son équipe travaillent vite. En deux semaines, l'affaire est bouclée : «The Reminder» est né.

Premier extrait du CD, «My Moon My Man» et son riff de piano donnent le ton. En pleine maîtrise de son chant, Feist y souffle le chaud et le froid tandis que basse et batterie s'entremèlent. Quant à «Brandy Alexander», sa rythmique syncopée de grosse caisse se synchronise peu peu avec celle d'un battement de coeur. Effet hypnotique garanti. Dans «1234», une chanson testée sur scène, elle rend à hommage à la grande Dusty Springfield, période «Dusty in Memphis». Hommage, encore, avec «Limit To Your Love» où Feist se projette dans la peau de Nico, l'égérie du Velvet Underground, jouant au piano accompagnée aux percussions de Maureen Tucker. On trouve aussi dans cet album des traces de reminiscences d'un long laps de temps passé sur les routes avec «Sea Lion Woman». Chant traditionnel adapté avec succès en son temps par Nina Simone, Feist en a fait un des tours de force de ses prestations live. Sur disque, il devient un morceau afro-electro à grands renforts de synthétiseurs, d'applaudissements et d'une mini chorale gospel. «The Water», elle, plonge la voix de Feist sous des couches de vibraphone et de piano, laissant le texte dériver entre la rudesse des montagnes, une mer dangereuse et des piles d'ossements qui émergent des profondeurs... Guitare fragile et cordes pincées en avant, Feist joue dans «Intuition» au jeu des questions-réponses avec, au loin, le choeur d'une foule.

Bref, «The Reminder, qui fait suite et sens au succès de «Let It Die», est un condensé de Feist. Le disque d'une artiste se retrouvant après s'être dispersé, se posant après avoir parcouru le monde. Une artiste, enfin, qui rassemble en quelques chansons toutes les facettes de sa personnalité.

Voir le site : www.listentofeist.com

Lundi 19 Mars 2007 - 13:01
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