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Feloche - "La vie cajun"

Sortie le 26 janvier 2010




Feloche - "La vie cajun"
Fêlé Féloche ? Pas tout à fait. Quoique ses chansons douces-amères laissent percer entre les lignes un regard décadré des visions académiques, à l’image de son parcours hors du commun. Du punk ukrainien à l’électro cajun, le petit Parisien a fait un sacré bout de chemin. Début 1980, il apprend la trompette, au conservatoire et puis à l’harmonie municipale. Fin de la même décennie, années lycée, il enfourche la guitare, tendance groupe de rock. Il se prénomme Félix, se surnomme déjà Féloche, fan de Prince, de sa « Parade » qui le convie dans le monde magique de la musique. Le bac ciné en poche, il se retrouve bombardé ingénieur du son en Arménie, en pleine guerre. A partir de là, il intègre de 1993 1995 Vopli Vidopliyassova, un combo punk qui cartonne en Ukraine. Du coup, il passe de café concerts devant dix personnes à des stades, en première partie de Slade et Samantha Fox ! Un temps, il rentre à Paris où il prend des cours avec le guitariste Tal Farlow, et puis s’achète une mandoline. C’était « pas cher » chez Paul Beuscher. « J’y suis allé à l’instinct. » Comme un antidote aux leçons du jazz. Comme une envie de retrouver l’énergie de la scène, le rythme saccadé et le blues dépouillé. Celui d’avant l’électricité, Son House et Hank Williams, après avoir aimé Taj Mahal et John Mayall. C’est ainsi qu’il rebranche sur la musique cajun, « ce qu’écoutaient mes grands-parents.». En 2007, il autoproduit un premier EP, cinq titres qui frappent en pleine tête Solal, lui-même trempé des pieds à la tête dans le Moonshine.

Féerique Féloche ? La cuisine cajun, une mandoline fétiche et un accordéon dézingué qu’il filtre à celui de la musique électronique. Tel est l’univers de ces treize titres qui traduisent à sa manière toute singulière son goût pour le bayou louisianais : celui de Féloche a des parfums de périphérique, « le marécage de la banlieue » comme il dit. Au programme une contrebasse au son épicé et des cordes emberlificotées, des morceaux autobiographiques et des textes plus fantasmagoriques, une chanson à la coule et un gimmick bien énervé, une valse techno sur fond de réverb’ et un délire psycho-slavo-déglingo-punk en souvenir de ses années VV… « Mais pas de guitare ! » Féloche convie à son gumbo des potes musiciens de toutes les époques : sa bande de Parisiens, mais aussi le New-Yorkais Sxip Shirey, « un clown performer et un sacré human beat box », qui joue de l’harmonica passé dans un octaveur, mais encore l’Ukrainien Alexander Sasha Pipa, alias Shurik, bassiste à la personnalité digne de « Spinal Tap ». Last but not least, Dr John lui répond au piano et de la voix sur « un texte provoc, comme un appel où je parle de son maraboutage et lui évoque les dieux vaudous et divinités créoles. » Féloche est parti l’enregistrer outre-Atlantique chez le sorcier de La Nouvelle-Orléans. « La Louisiane, je n’y étais jamais. C’était juste un fantasme. Ce qui me plaît, c’est la racine poétique. Comme un pont. » Qui sonne comme une évidence, comme une boucle idéale dans ce drôle de parcours faits d’allers en détours : « Toute l’histoire de ce disque commence avec « Gris-Gris » de Dr John, un album avec un son poisseux et envoûtant. Et l’enregistrement se finit avec lui, en direct. »

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Lundi 11 Janvier 2010 - 18:11



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