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God save Ninja Tune




30 /09

posté le 30 septembre 2010 | catégorie LES INTERVIEWS

soir-ninja-tune-visuel.jpgLe label au logo reconnaissable entre tous est né à Londres, voulu par le duo Coldcut. Deux décennies plus tard, Ninja Tune défriche toujours autant. Les concerts proposés ce soir à l’AB dans le cadre de cet anniversaire sont complets depuis un moment !

Vingt ans d’existence, par les temps qui courent et dans un contexte de marché en crise, ça se fête, by Jove ! D’où ce plantureux coffret fait d’inédits et de remixes sorti il y a peu. D’où aussi cette soirée éclectique à l’Ancienne Belgique, complète depuis plus d’un mois ; la preuve s’il en fallait encore de l’importance de Ninja Tune, jalon dans le paysage musical d’outre-Manche, au même titre que leurs quasi-contemporains de chez Warp, ou que 4AD, né une dizaine d’années auparavant.

Le label au logo figurant un ninja lanceur de disques a vu le jour en 1990, fondé par Jonathan More et Matt Black, alias le duo Coldcut. C’est en effet en septembre de cette année-là qu’ils commercialisaient l’album Zen brakes vol. 1 (sous le pseudo de Bogus Order). « Leur idée était de pouvoir sortir leur propre musique, et celle d’autres artistes tout en étant attentifs à ce que ceux-ci désiraient faire », commente Peter Quicke, le managing director depuis 18 ans maintenant. « Ils ne supportaient plus la manière de faire des majors, leur envie de contrôler les marchés, de s’arranger pour être en permanence présents dans les charts… Si l’industrie a bien changé depuis, les raisons qui ont poussé Coldcut à quitter ce circuit existent toujours : si vous êtes signé sur un gros label et qu’on n’y aime pas votre deuxième album, soit vous êtes viré tout de suite, et c’est encore ce qui peut vous arriver de mieux, soit on va vous laisser moisir dans un coin… »

Les gens de Ninja Tune s’orientent dans un premier temps vers des productions expérimentales en matière de jazz et de hip hop, avant de s’ouvrir plus largement aux explorateurs des chemins de traverse de la musique électronique, aux adeptes des collages sonores et autres détailleurs de beats. Avec les années, forcément, on s’y accommode aussi de la nouvelle donne de cette industrie. En 2005 par exemple, Amon Tobin est le premier artiste du label à voir ses compositions venir agrémenter un jeu vidéo (Splinter Cell).

Attachés à leur indépendance comme leur Souveraine à ses bijoux, More, Black et compagnie n’en ont pas moins fait œuvre de pionniers. Qu’il s’agisse du veejaying, de l’art du remixage ou du trip hop, toutes ces disciplines doivent quelque chose aux artistes de la maison. C’est elle aussi qui a permis au hip hop made in England de s’assurer une crédibilité : en 2001, il était incarné par Roots Manuva (Run come save me), en 2009, il l’est par Speech Debelle qui décroche le convoité Mercury Prize (Speech therapy). « Roots Manuva a évidemment été un artiste important pour Ninja Tune, et Big Dada surtout. Je crois sincèrement que s’il n’avait pas existé, le hip hop anglais aurait ressemblé à autre chose », commente Peter Quicke.

Ninja Tune, c’est aujourd’hui un catalogue où les anciens, comme Coldcut, The Herbaliser, Kid Koala, Luke Vibert et autres Mr. Scruff ont ouvert la voie à des petits nouveaux qu’on aime beaucoup, du côté de Kennington Park. D’ici peu, ce même catalogue s’agrémentera d’un nouveau Cinematic Orchestra ainsi que du prochain Amon Tobin, dans la veine de ce « Lost & found » présent sur la compilation anniversaire.

Certains des petits nouveaux seront ce soir à l’Ancienne Belgique où l’on verra notamment Andreya Triana, l’une des récentes (et jolies) signatures, qui nous est arrivée cet été avec un premier album soyeusement teinté de soul, Lost where I belong (produit par Simon Green alias Bonobo, autre artiste maison). Egalement au programme de l’AB : Coldcut, Daedelus, DJ Food & DK, Dorian Concept, Eskmo, Flowdan, Kid Koala, King Cannibal, Poirier, Roots Manuva, The Bug, The Heavy et VJ Mox. Plus un gros gâteau ?

Vendredi 1 Octobre 2010 - 08:54



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