Connectez-vous S'inscrire

HAMEL : sortie de l'album "Nobody's Tune" le 24 mai




HAMEL : sortie de l'album "Nobody's Tune" le 24 mai
Les chansons de Hamel sont d’une efficacité douloureuse. Elles sont parfois simplement douloureuses. Elles mélangent souvent des textes profondément tristes voire acerbes à des mélodies pleines de gaieté qui vous emportent avec elles. Imaginez un big band jouant avec Frank Sinatra ou Peggy Lee tout en empruntant à la palette émotionnelle de Jeff Buckley.
Hamel est complexe, séduisant, malin. Ses chansons reflètent la subtilité, l’anxiété, l’euphorie.
« Lorsque j’ai eu 17 ans et que je suis sorti du lycée, j’ai immédiatement quitté la maison de mes parents. Pas parce que je ne les aimais pas mais parce que je n’aimais pas l’endroit où ils habitaient. J’ai alors gagné la ville d’Utrecht. » Il s’inscrivit à des cours de littérature et de journalisme mais les abandonna au bout d’un an. « Moi ce qui m’intéressais, c’était de travailler pour des magazines comme Vanity Fair, or ce cours était très technique […]. » Il joua avec l’idée de s’inscrire dans une école de musique. Il prenait des cours de guitare et écoutait les Smashing Pumpkins de manière compulsive. Il se demanda si un tel établissement ne tenterait pas de changer son style avant même qu’il ne l’ait développé, mais, malheureux dans le journalisme, il décida de poser sa candidature. « Je voulais que ma voix prenne de l’épaisseur et apprendre la théorie afin de pouvoir écrire des chansons. 120 personnes se présentèrent aux inscriptions et seules quatre d’entre elles furent acceptées, dont moi, ce qui constituait un honneur certain. »

Hamel passa cinq ans à l’école de musique, entre 1995 et 2001. « Ils ont en effet essayé de me changer. Tous ceux qui m’avaient mis en garde avaient raison. Mais en même temps, quelle bénédiction de jouer de la musique tous les jours. Je suis arrivé à l’école avec cette voix légère, éthérée. Ils ont essayé de me transformer en crooner. J’ai tout chanté des classiques du jazz à la bossa nova. Ils ont fait ressortir une voix que j’avais en moi et que je n’aurais peut-être jamais connue sans cela. Il m’a fallu du temps pour apprendre ce qu’il fallait que je laisse tomber et ce que je devais conserver. Ca m’a pris un moment pour développer à nouveau mon propre style. »

Ce qu’il avait gagné en connaissance, il semblait l’avoir perdu en confiance. Perdue également cette sensation de savoir qui l’on est. Lorsqu’il quitta l’école de musique, il commença à travailler comme professeur de chant. Mais quatre années s’écoulèrent avant que ses amis eux-mêmes l’entendent chanter. « Ma technique de chant était vraiment bonne. Tous ces cours que j’ai donnés m’ont permis d’apprendre beaucoup de choses, mais je n’avais vraiment pas confiance en moi. Les nouvelles personnes que je rencontrais ne m’entendait jamais jouer de la musique ou chanter. Je ne me rendais plus à des jam sessions. Un jour, dans un journal j’ai vu une annonce pour un concours adressé aux chanteurs de jazz autrichiens. Pour blaguer, j’ai dit que je pouvais gagner. Je ne pensais pas vraiment que cela soit possible… » Mais bien sûr, il l’emporta et commença à réaliser que le conservatoire lui avait permis d’acquérir un background impressionnant. Il n’était pas obligé de chanter des standards du jazz. « Peu à peu, je me suis débarrassé de mes inhibitions et j’ai commencé à écrire des chansons. »

En 2006, il signa un contrat avec le label autrichien Dox Records. « J’étais vraiment enthousiaste, surtout à l’idée de travailler seul et avec d’autres pour écrire des chansons. » Il commença à collaborer avec Benny Sings, producteur et membre de la « Dox Family » avec lequel il continue à travailler aujourd’hui. « Je connaissais les accords et la mélodie, mais je ne savais pas comment faire un rythme, faire que quelque chose marche et obtenir un son particulier. Mais Benny, lui, savait. »

Le son de la musique de Hamel est inhabituel, mélange complexe d’influences variées. L’un de ses mentors était Jon Hendricks, légende du jazz américain avec qui il participa à des ateliers. « Mais en même temps, j’aimais écouter PJ Harvey, Jeff Buckley, Peggy Lee qui est à la fois très sexy, stricte et mélancolique. J’aimais aussi Prince et Carmen McRae. » De ses propres influences il apprit comment les chansons les plus puissantes peuvent naître de la contradiction et du paradoxe. Les mélodies sont entraînantes et les paroles sont tristes. Etrangement cela rend les mélodies d’autant plus entraînantes et les paroles encore plus tristes. « J’ai découvert que la musique constitue ma thérapie. Grâce à mon écriture, j’en ai appris plus à propos des facettes de ma personnalité, qu’elles soient lumineuses ou sombres. Musicalement, on pourrait qualifier ça de mélancolie, une sorte de nostalgie à l’égard d’un endroit merveilleux dont vous avez perdu la trace. Si je devais passer en revue mes chansons favorites, beaucoup d’entre elles seraient mélancoliques. Les plus grandes chansons ne sont jamais les plus heureuses, mais bien plutôt celles qui vous affectent, qui vous font accepter la vie avec tout son lot de bonheur et de tristesse. Parfois, les choses qui me rendent heureux me rendent également triste. Jouer live - c’est excitant et terrifiant. La musique me rend heureux. » Mais bien souvent, musicalement, il exprime la tristesse.

A quoi ressemble Hamel en amour ? Heureux ou le cœur brisé ? « Les deux. Je ne crois pas que l’amour rende heureux. Je crois dans les relations et dans le fait d’être amoureux, mais je pense que vous ne cessez d’attendre quelque chose que vous ne pouvez pas expliquer et que vous avez tendance à idéaliser les relations passées. Je n’analyse pas les paroles quand je les écris…Seulement après. En vous basant sur mes chansons vous pouvez en conclure que je suis plus souvent celui qui est largué que celui qui largue. Et bien que cela soit vrai […], je m’estime très chanceux car, à présent, je suis très heureux. Il semblerait que je place toute ma mélancolie dans mes chansons. »


Lundi 17 Mai 2010 - 12:54



Nouveau commentaire :

sur cette page