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Interview de Indiana Gregg

Par Damien MERCEREAU

Indiana Gregg est certainement une de mes plus belles rencontres de ces dernières semaines sur MySpace. Cette femme a une histoire et une détermination incroyables. Son album « Woman at work », disponible sur iTunes, mélange de pop, de soul et de country, est une petite merveille à découvrir sans hésiter. Son MySpace a dépassé les 1 500 000 visites et sa popularité est grandissante. Découverte avec Indiana Gregg qui maîtrise admirablement notre belle langue française.



Interview de Indiana Gregg
Indiana, tu as une vie incroyablement mouvementée. Dans ta biographie, tu te compares à Forrest Gump en fille lorsque tu étais petite avec des défauts de prononciations, des chaussures thérapeutiques et des armatures aux bras pour garder le dos droit. Comment as-tu réussi à prendre le dessus sur tous ses handicaps ?
En fait, je n’ai pas trop remarqué que j’étais « différente » des autres. J’étais très occupée, car ma mère étant prof de danse, elle m’a beaucoup fait travailler pour corriger mes problèmes de marche avec les disciplines de la danse classique. Puis en arrivant à l’école primaire, ma maîtresse a très vite reconnu que des séances d’orthophoniste étaient nécessaires pour corriger mon bégaiement. L’orthophoniste m’a encouragé à chanter pour corriger mon bégaiement. J’ai trouvé du plaisir à écrire mes propres chansons et puis à écrire mes propres mélodies et morceaux de piano. Ma grand-mère m’avait offert son vieux piano et j’ai passé beaucoup de temps dessus. Mes parents m’ont beaucoup encouragé dans ma vie musicale… Mais ils m’ont aussi fait faire mes études universitaires en médecine et orthopédie plus tard… Il y avait un côté pratique et artistique dans ma famille. Ils étaient très respectueux de ma connexion émotionnelle avec la création musicale et ils n’ont jamais essayé de me casser ce rêve.

Est-ce que tout ces obstacles que tu as eu dans ton enfance t'ont rendu plus mûre, plus mature que les autres enfants ?
Quelque part, je pense que j’étais plus sensible que d’autres enfants et peut-être j’ai eu un regard un peu différent que d’autres enfants vis-à-vis de ma situation. Par contre, je ne crois pas que j’étais plus mûre. J’ai eu une belle vie d’enfant quand même et j’ai passé beaucoup de temps dans le jardin en plein air. J’étais une enfant créative et j’avais une petite vie imaginaire dans laquelle j’étais capable de tout faire comme Superwoman ! Aujourd’hui, je pense que j’ai créé ce monde imaginaire pour me protéger de ce monde extérieur, où les autres enfants se moquaient souvent de moi, mais cette situation m’a aussi permis de développer ma créativité musicale très tôt dans mon enfance. Maintenant que tu me poses cette question, je crois que c’est quand même probable que les « obstacles » m’ont fait apprendre très tôt qu’on existe avec plein d’imperfections, mais on peut toujours s’améliorer. Je suis sûre que cette période de ma vie m’a rendue plus tolérante. L’imagination… les rêves m’ont aidé à construire une vie dans laquelle je continue à apprendre et m’inspirer justement par le fait qu’on est tous « uniques » et « différents ».

Pourquoi ne pas avoir pris le temps de rester dans ton pays pour élever tes enfants ?
J’avais 23 ans à la naissance de mon premier enfant. Mon mari et moi étions tous les deux à la fin de nos études universitaires et mon mari a trouvé un emploi en France sur la Cote d’Azur. J’ai rapidement recommencé à faire de la musique… quand mon bébé dormait. Quand mon mari a commencé à avoir des missions courtes partout en Europe, je l’ai suivi jusqu'à ce que notre aînée soit rentrée au CP. Vu que notre « base » était la France, il a semblé logique de la scolariser en France.

Qu'as-tu appris de tous tes voyages ? Qu'as-tu fais durant tes douze années en France ?
Quand les séjours dans plusieurs pays se suivent de si près, on a une bonne base de comparaison et on voit comment la culture et la société dans laquelle on grandit influencent la façon de penser et de conduire notre vie. Et on apprend très vite pourquoi on dit « A Rome, faisons comme les Romains… » Voyager m’a appris à mieux m’adapter et à comprendre les « règles » de chaque société. J’ai appris à parler l’Allemand en Allemagne et en France, j’ai passé beaucoup de temps à apprendre le Français (Diplôme de la Langue Française Approfondi). Mais la plupart du temps, je me suis occupée de me trois enfants et de la maison, j’ai chanté dans un groupe de jazz puis dans un groupe de rock, et j’ai écrit et enregistré beaucoup de chansons. C’étaient mes premières années en tant qu’adulte indépendant et j’avais beaucoup à apprendre et j’ai commis beaucoup d’erreurs. Faire des erreurs nous permet d’apprendre plus rapidement, tant qu’on ne les répète pas plusieurs fois…

Tu as eu tes trois enfants assez rapidement, est-ce que ça n'a pas ralenti ta carrière de chanteuse ? Est-ce que tu arrives à t'occuper de tes enfants tout en menant ta carrière d'artiste ?
Eh bien c’est difficile de répondre à cette question. Peut-être que les personnes qui me sont proches pourraient mieux répondre à cette question. Je fais de grands efforts pour que mes enfants aient l’amour et le soutien dont ils ont besoin. En même temps, je ne suis pas quelqu’un qui répond à chacune de leurs demandes et leurs désirs. C’est difficile d’expliquer. J’essaye d’élever mes enfants de la même manière que mes parents m’ont élevé : avec beaucoup de soutien mais aussi avec l’attente de devenir de plus en plus indépendant. Quand je voyage, les grands parents s’occupent des enfants. Le studio se trouve dans le sous-sol de la maison, et on enregistre le soir quand les enfants dorment.
Je ne suis pas une mère qui met beaucoup de pression sur les enfants… Ils semblent le faire eux-même et ça suffit. Ils se fixent leurs propres objectifs et ils ne se comparent pas l’un à l’autre ou à moi. Ils ont chacun leurs points forts et leurs passions dans la vie. Et dans un certain cadre, je les observe et je les soutiens lorsque c’est nécessaire.

En 2003, ton mari te quitte et tu te réfugies dans la musique. J'ai l'impression que toute ta vie, la musique ta permis de te sortir des moments les plus difficiles, de sortir la tête de l'eau. Est-ce que c'est le cas ?
Je n’ai qu’une réponse à cette question et c’est OUI ! La musique est ma façon de confronter la réalise et elle est essentielle à mon bien-être. Sans musique, je suis comme un poisson qu’on sort de l’eau…

Est-ce que tu as refais ta vie avec un autre homme ? Est-ce que tu arrives de nouveau à aimer depuis ton divorce ?
Dans sa chanson « Believe », Cher pose la question : « Est-ce que tu croies en l’amour après l’amour ? » Pour moi, la réponse est OUI. Ce n’est pas facile et il y a beaucoup choses sur lesquelles il faut travailler dans son cœur et dans sa tête pour pouvoir faire confiance à nouveau. J’ai rencontré Ian en enregistrant mon album « Woman at Work » C’est lui qui a fait les arrangements. Sa femme l’avait quitté pour quelqu’un d’autre donc nous avons beaucoup en commun. Nous nous sommes mariés en mars 2007 et c’est pour ça que j’habite maintenant en Ecosse. Temporairement j’espère car je compte bien revenir en France.

Parles-moi de ton album « Woman at Work », sorti en avril dernier.
Ma façon d’écrire mes chansons ressemble beaucoup à ma façon de faire de la cuisine : j’essaye de prendre les meilleures expériences que j’ai goûtées et puis je rajoute les épices. Les résultat : les gens ne savent pas exactement ce que c’est, mais ils aiment. Mes chansons sont des histoires, des expériences de ma vie. « Something like me » parle de qui je suis, de mon héritage familial et de comment je vois que cet héritage passé à mes enfants. « Sweet Things » parle de comment je perçois notre société parfois. « Love is blind » parle d’amour et de comment on peut perdre son sens d’identité (voir le clip de « Love is blind », cliquez ici). J’ai écrit toutes les paroles et la musique soit seule, soit en travaillant avec d’autres compositeurs.

Qu'est-ce que ça t'a apporté de rencontrer des groupes comme Wet Wet Wet et Kool & The Gang ?
Eh bien, travailler avec des icônes comme Kool & the Gang a été super et ils sont des grands musiciens. C’est bien pour cela qu’ils vendent des albums et remplissent leurs concerts depuis les années 60. Quand j’ai rencontré Kool pendant un déjeuner à Nice, il m’a dit d’être « vraie dans ma musique », et avec mon album, j’essaie de faire justement cela. Wet Wet Wet était un groupe avec lequel j’étais moins familière et c’est avec grand plaisir que j’ai fait leur connaissance et découvert leur musique. Ils ont expérimenté avec tellement de styles différents et je pense qu’on en entendra reparler dans le futur.

Je retrouve des sonorités country pop à la LeAnn Rimes ou Carrie Underwood dans ton album. Est-ce que tu es retournée aux Etats-Unis pour t'imprégner de ce style country ?
Mes racines sont dans le rock, bluegrass, gospel et soul et bien aussi de country. J’ai eu l’occasion de composer avec quelques compositeurs de Nashville sur mon album. En fait, je remarque que j’ai quand même plus d’influences country que j’aurais voulu avouer ! Mais la musique pour moi, en la créant, est surtout une procédure très naturelle et surtout honnête. Je fais ce que je ressens.

Parles-moi des « House Concerts ». Cela t'a rendu très populaire sur Internet, est-ce que tu t'attendais à un tel impact ?
Les « House Concerts » est une idée avec laquelle je me suis réveillée un matin en me disant que j’allais faire une vidéo pour Youtube… Je pensais que ça allait être amusant de faire des concerts directement dans les maisons de mes fans. J’ai trouvé quelqu’un qui travaille pour une chaîne de télévision et il a été ravi de participer. Je n’avais pas imaginé que cette vidéo allait être partout sur Internet. En deux jours, elle a été regardée 200 000 fois ! Nous avons fait plusieurs vidéos et les gens étaient très intéressés. Nous avons interrompu le tour des « House Concerts » parce que nous avions prévu un tour avec Lemar, mais nous avons repris ces concerts après et je pense que nous allons en faire partout en Europe. Nous étions 4emes sur Youtube avec l’une des vidéos . Résultat : plus de mille vidéos d’imitation de « House Parties » ont été postées. Nous sommes donc à l’origine d’un nouveau phénomène.

Est-ce que tu passes beaucoup de temps sur Internet ?
Oui, je passe entre deux et trois heures par jour pour répondre à mes messages sur Internet. Je crois qu’il est important de prendre contact avec les gens qui ont pris le temps d’écrire. Pourquoi avoir un système où on peut se connecter et ne pas en profiter pour vraiment écouter les gens ? C’est aussi une source d’inspiration puisque, des fois, ils me racontent leur historie de vie, d’amour, etc... Cela me donne quand même beaucoup d’inspiration pour ma musique et aussi me fait mieux comprendre la vie.

Quand est-ce que tu reviens en France pour un petit concert et pour présenter ton bel album ?
Très bientôt j’espère ! On est en train d’organiser une tournée pour la fin d’été et pour l’automne 2008, donc, viens y assister ! Nous avons enregistré quelques titres en Français et donc, j’ai aussi un MySpace en Français.

Je JavaScript  http://www.wazzup.fr/

Revue de Presse Infos Jeunes 2007 le Jeudi 14 Février 2008


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