Sortie de Koh Lanta après douze jours d'aventure, Jessica revient sur son expérience. Derrière son image de jolie jeune fille fragile se cache le caractère d'un vrai garçon manqué.
Jessica, quatre mois après l'enregistrement de l'émission, comment vas-tu ? Est-ce que tes problèmes de santé sont définitivement réglés (ndlr : Jessica a été hospitalisée en raison d'une infection du foie et de l'estomac) ?
Aujourd'hui, ça va très bien. C'est vrai que le mois d'avril a été plutôt difficile au niveau de ma santé. Je perds un peu mes cheveux mais c'est normal, c'est le contrecoup de Koh Lanta.
Est-ce que les candidats sont suivis médicalement après le jeu ?
Le médecin fait le point avec nous avant de partir. Mais je m'attendais à un peu plus de suivi au niveau médical. Une fois chez nous, on doit se prendre en charge comme avant. Ce n'est pas le premier candidat à qui ça arrive. Il y a souvent quelques contrecoups de santé après Koh Lanta et tout fini par revenir à la normale.
Cega est parti en raison d'un ulcère. Qu'est-ce que vous avez mangé chez les Jaunes pour que ça se passe si mal ?
(rires) Justement, on n'a pas assez mangé ! L'angoisse de l'aventure y est également pour beaucoup.
Est-ce que tu es contente de ton parcours dans Koh Lanta ? Est-ce que tu pensais mériter d'aller au-delà de ces douze jours ?
Je suis contente dans la mesure où je ne me suis jamais plaint. Même malade, je me suis donnée à 200% dans les épreuves. Je n'ai aucun regret si ce n'est d'avoir manqué de caractère face aux garçons.
Est-ce qu'il y avait un côté machiste dans cette tribu des Jaune ?
Oui, il y avait un côté « les garçons sont les plus forts et les filles doivent se taire et écouter ». Du coup, ce sont des filles qui sont parties en premier. Mentalement, j'aurais pu tenir encore longtemps mais physiquement, j'étais tombée à 38kg, ce n'était plus possible.
Est-ce que l'aspect stratégique du jeu n'a pas été oublié dans votre tribu, est-ce qu'il n'aurait pas fallu faire d'entrée une alliance entre filles par exemple ?
Quand on est là-bas, on oublie vraiment tout et personnellement, je ne pensais pas du tout à la stratégie. Je n'ai pensé qu'à la survie.
Peux-tu me dire quelques mots sur chaque membre des Jaune ?
Oui ! Irya est partie tôt et ce n'est pas quelqu'un avec qui j'ai eu d'affinité. Pour Hakim, même aujourd'hui je n'arrive pas à me faire une idée sur lui. Parfois je l'aime bien et parfois je ne le comprends absolument pas. J'ai un avis mitigé mais ça reste quelqu'un d'attachant. Régis, c'est mon collège du sud, on était tout le temps ensemble. Il a beaucoup d'expérience, c'est un bricoleur et c'était très important. Valérie m'a semblé bizarre sur l'île mais j'ai appris à la connaître par la suite et c'est une femme fabuleuse. Je n'étais pas très proche de Jean-Bernard mais j'ai beaucoup de respect pour lui. Cega, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour le connaître. Il était très volontaire. Quand j'ai été malade à mes débuts, il a été à mes côtés. Dommage qu'il soit parti si tôt. Alain s'est bien intégré, il a une très bonne mentalité. Et Charlène, je suis content d'être tombée dans son équipe parce qu'on a le même âge. C'est une fille merveilleuse.
Jessica de Koh Lanta saison 8Quel est le meilleur souvenir que tu gardes de ton aventure ?
C'est le voyage en hélicoptère au tout début avec la vue aérienne, j'en ai pris plein les yeux, c'était magnifique. Et le saut dans la mer puis la découverte de l'île sont des moments que j'ai adorés.
Tu es une vraie casse-cou en fait : tu as fait un stage militaire en 2006, tu affectionnes les manèges à sensation dans les parcs d'attraction et là, tu n'attendais qu'une chose, c'était de sauter dans la mer depuis l'hélicoptère…
Ca fait plaisir que l'on s'en rende compte parce qu'il n'y a que le côté petite fille gâtée qui ressort. On ne voit pas assez mon côté casse-cou qui est important chez moi.
Quels ont été les moments les plus durs de l'aventure ?
C'est le onzième jour, il ne faisait que pleuvoir, le moral n'était pas bon, j'avais très faim et je commençais à faiblir. Et j'avais le dos bloqué. C'est là que le chocolat nous passe sous le nez dans l'épreuve de confort, ça n'a rien arrangé (rires).
Tu n'as pas été ménagée par les soucis de santé : tu as été malade les premiers jours, tu as souffert de coups de soleil, tu as eu le dos bloqué et un œil enflé à cause d'une piqûre d'insecte… Tu n'as jamais eu envie de renoncer ?
Ah non non, jamais ! Je n'aime pas du tout l'échec. Partir en abandonnant, ce n'est pas envisageable.
Comment se passent les sélections pour Koh Lanta ?
Au départ, on est entre 25 000 et 30 000. On envoie une lettre de motivation avec deux photos. Je me suis appliquée et les mots venaient tout seul tellement j'étais motivée. On m'a rappelée quelques temps plus tard. Un millier de candidats sont retenus pour un entretien d'une demi-heure. Ensuite, je suis montée sur Marseille pour un casting filmé. Là, on n'est plus que 400. La dernière étape est à Paris, on n'est plus que 50. On passe des tests médicaux, on rencontre des psys et on fait un test de natation.
Quelle a été la réaction de tes proches lorsque tu leur as appris que tu étais retenue ?
Au départ, ça les faisait rigoler que j'essaye de m'inscrire à Koh Lanta. Quand je suis montée pour le casting de Paris, ils ont commencé à prendre les choses au sérieux. Et lorsque j'ai été retenue en janvier, ils trouvaient ça surréaliste. Mon père se moquait, il me disait que je reviendrai vite. Et ma mère était plus inquiète alors je l'ai beaucoup rassurée.
Que penses-tu du portrait d'une ou deux minutes qui a été fait de toi durant l'émission ?
J'ai été déçue. Ils n'ont pas passé mon côté garçon manqué. On avait beaucoup parlé de l'armée et ce n'est pas passé. Il n'y a que le côté fille gâtée qui est ressorti. Je n'ai pas à me plaindre parce que j'ai joué sur ce trait de caractère durant le casting. C'est juste dommage.
Est-ce que tu te reconnais dans les termes « pourrie gâtée » employés dans ton portrait ?
Oui, j'ai toujours été gâtée, j'ai toujours eu ce que je voulais mais je n'ai jamais rien exigé.
Pourquoi est-ce que ton petit ami, Fred, avec qui tu es depuis près de deux ans n'apparait pas dans ce portrait ?
Il n'a pas souhaité apparaître dans ce portrait parce qu'il n'aime pas trop s'exprimer devant la caméra. Il a juste refusé.
Qu'est-ce que Fred a pensé de ton choix de rejoindre Koh Lanta ?
Il avait postulé il y a trois ans mais n'avait pas été appelé. Il était fier et effrayé à la fois. Il avait peur que je devienne très différente à mon retour ou que je rencontre quelqu'un là-bas.
Et finalement, il n'y a pas eu de soucis…
(hésitante) A mon retour, j'avais vraiment beaucoup changé. Je n'avais plus de repères, je ne savais plus ce que je voulais et ce que je ne voulais pas. En général, à leur retour de Koh Lanta, les candidats ont besoin d'être seuls. Moi je voulais être seule, c'était bizarre. Mais quand j'ai été hospitalisée, il s'est inquiété pour moi, il a été adorable alors que j'avais été dure avec lui juste avant. Il y a eu un petit arrêt dans notre relation mais maintenant, tout va mieux. On a pris un nouveau départ en quelque sorte.
Quelles ont été tes impressions lorsque tu as regardé les diffusions de l'émission ?
Au départ, je ne supportais pas de me voir et de m'entendre. Et puis je m'y suis habituée et j'ai fini par apprécier. Je regarde l'émission en comité restreint avec ma famille. Et vendredi (ndlr : le 1er août), je vais voir le cinquième épisode avec Charlène, Jean-Bernard et Régis.
De nombreux blogs et sites sur Internet ont repris tes photos personnelles sur ton Facebook et ton MySpace pour te présenter comme la candidate « la plus sexy » de Koh Lanta…
Oui, ils ont trouvé ça sur mon blog et mon MySpace. Ca ne me dérange pas plus que ça, j'en rigole.
Jessica de Koh Lanta saison 8Quel est ton parcours au niveau des études ?
J'ai eu un bac STT avec mention puis un BTS Commercial. Cette année, j'étais en licence de communication et j'ai dû arrêter en janvier pour faire Koh Lanta. Je reprendrai en septembre prochain mais dans une autre école. Je trace mon chemin petit à petit mais je suis incapable de dire ce que je vais faire plus tard.
Tu as été élue Miss Fun Radio en 2007 du haut de tes 1m57. Est-ce qu'une carrière dans le mannequinat t'aurait plu si la nature t'avait offerte 20 centimètres de plus ?
Oui, quand j'étais petite, je me répétais souvent « quand je serai plus grande, je serai mannequin » (rires). J'aimais bien être sur le devant de la scène mais la nature en a voulu autrement. Avec du recul, le mannequinat ne me fait pas rêver plus que ça.
A Koh Lanta, tu as mis à l'épreuve ton image en te montrant devant des millions de gens sans maquillage, les cheveux sales, amaigrie... Ce n'est pas une manière de montrer que tu n'es pas une fille superficielle ?
Pour Koh Lanta, il faut beaucoup de courage. On peut me croire superficielle à priori, je peux le comprendre. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Je suis aussi une vraie casse-cou, un vrai garçon manqué et ça ne me gène pas d'apparaître démaquillée, les cheveux frisés… Depuis mon retour de Koh Lanta, je me soucie beaucoup moins de mon apparence et ça c'est plutôt une bonne chose (rires).
Est-ce que c'est facile de rester nature devant une caméra ?
Au début, c'est très difficile. On fait très attention à notre manière de parler. On n'est pas toujours très naturel. Le travail des journalistes qui nous suivent est vraiment très difficile aussi. Ils sont là sous la pluie et durant la nuit. Et ils doivent subir l'humeur de certains candidats.