Leslie, comment t'es venue l'idée et l'envie de te lancer dans une carrière musicale ?
J'ai été élevé dans un univers très proche de la musique. Quasiment tout le monde dans ma famille joue d'un instrument et j'ai toujours baigné dans la musique. Quand j'étais petite, j'avais une maladie qui m'empêchait de jouer dehors avec les autres gosses. J'ai passé la majeure partie de mon enfance à l'intérieur. Pour passer le temps, je jouais au piano, je chantais devant le miroir, et j'écrivais des chansons. Avant mes treize ans, j'avais déjà fait des petits concerts dans mon salon pour des amis et la famille. Quand je suis arrivée au lycée, j'avais enregistré une cassette que je vendais devant mon casier. Et j'en ai tellement vendu qu'une copie a terminé dans les mains d'un producteur local, Jim Peterik. Nous avons fini par travailler ensemble sur un EP de cinq chansons qui a été proposé aux maisons de disque. A mes 18 ans, j'ai signé un contrat avec Sony. A partir de là, j'ai commencé à travailler très sérieusement sur ma carrière musicale.
Parle-moi de cet album sur lequel tu travailles actuellement.
Cet album va regrouper toutes les chansons que j'ai écrites. Mon producteur et co-producteur sont comme mes compagnons d'âme, et grâce à eux mon rêve est en train de se réaliser. Mes chansons traitent de différents sujets : de la famille, des amours secrets, des excès en tous genre, des premiers rendez-vous, de la solitude, du coup de foudre, etc... J'espère terminer mon album mi-avril.
Comment se passe ta collaboration avec des artistes comme Vinnie Colaiuda et Vail Johnson ?
Je suis ravie de travailler avec des musiciens de ce niveau. C'est incroyable pour moi du haut de mes 25 ans d'avoir la chance de travailler avec eux. Ils sont très à l'écoute de mes attentes et ça me gène presque d'avoir à leur dire ce qu'ils doivent faire pour moi. Mais tout se passe admirablement bien.
Tu as une superbe voix très groovy et jazzy, et tu joues à merveille au piano. Est-ce que tu trouves ton inspiration des artistes que tu admires comme Stevie Wonder et Nina Simone. Es-tu une sorte de « Nina Wonder » ?
(rires) Tu sais, plus j'avance dans l'enregistrement de mon disque, plus je constate que mes influences musicales sont vastes. J'ai certainement un peu du vibrato de Stevie Wonder, un peu de Nina Simone, de la pureté de Feist, de la puissance de Bjork… De toutes les façons, j'essaye de faire passer mes mots au travers d'une musicalité que j'aime. Ce serait difficile et présomptueux de se rapprocher de tous ces grands artistes.
Comment définis-tu ta musique ?
Il y a une forte sensibilité pop avec des saveurs de jazz qui vous transportent. Mon père est batteur dans un groupe de jazz et il joue uniquement dans l'improvisation. Cette approche innovante de la musique est aussi présente chez moi. J'ai grandi dans les clubs de jazz de Chicago en compagnie de musiciens très imaginatifs.
Quels souvenirs gardes-tu de ton passage dans l'émission American Idol ?
C'était à la fois décourageant et à la fois très instructif. J'ai chanté du Stevie Wonder, « Living for the city » et du Aretha Franklin, « Baby i love you » parmi de très nombreuses autres chansons qu'ils n'ont pas montré à la télé. J'en retiens de très longues journées, un goût de célébrité et beaucoup de poids dans mon cœur. On a voulu me donner une image de has been avant même d'avoir fait ma place dans le monde de la musique. Avoir été retenue parmi 104 000 personnes restera une expérience incroyable quoi qu'il en soit. J'ai avancé dans l'aventure en pensant que j'avais une superbe voix, ce que j'ai peut être finalement (rires), mais ce n'était rien comparé aux « centrales électriques » afro-américaines de la saison précédente comme Melinda Doolittle et Lakesha Jones. Cette émission m'a donné encore plus envie de faire ce métier et de réussir.
Est-ce que tu ressens un début de popularité aux Etats-Unis ?
J'étais la première à être éliminée donc à ce moment là, on me reconnaissait partout où j'allais et on me demandait des autographes. C'était sympa et ça m'a aidé à ne pas être accablé par ma sortie. Les gens me disaient que j'avais été éliminée bien trop tôt et qu'ils aimaient ma manière de chanter. C'était bon de l'entendre à un moment où j'étais particulièrement vulnérable.
Dans ton questionnaire sur le site d'American Idol, tu racontes que ton héros est un docteur qui t'a sauvé la vie au Brésil. Que c'est-il passé ?
J'étais en vacances avec mon petit ami au Brésil et au bout de deux jours, j'ai fait une mauvaise réaction au vaccin contre la fièvre jaune. J'ai eu le pire mal de tête de toute ma vie, j'ai fait un malaise et je me suis faite hospitalisée. Je n'ai plus aucun souvenir des dix jours qui ont suivi. Quand je suis revenue à moi, mes parents étaient là parce que les docteurs pensaient que je n'allais pas survivre. Je suis la seule personne à avoir survécue à ce type de réaction depuis 1970.
Tu racontes également que le plus gros handicap de ta vie, c'est de souffrir d'un lupus…
Oui, le lupus m'handicape dans différents moments de ma vie. Je n'ai pas le droit d'être exposée au soleil. Je prends un médicament qui s'appelle le Plaquenil et qui m'aide beaucoup. J'ai également des douleurs chroniques aux articulations ce qui rend difficile la pratique du piano. J'ai malgré tout la chance de ne plus avoir un lupus aussi sévère que lorsque j'étais enfant.
Parle-moi de ta vie privée, est-ce que tu arrives à mener ta carrière de chanteuse tout en ayant une vie de couple stable ?
Oui, j'ai mon fiancé ! Il m'a demandé ma main la vieille de notre départ pour Los Angeles. C'est possible de mener sa vie et sa carrière à bien si tu as une relation saine. Je suis avec mon fiancé depuis presque quatre ans. Il est d'un grand soutien pour moi et je me sens vraiment bien avec lui. Si je devais partir longtemps pour une tournée, je suis sûre que soit il me suivrait (avec nos chiens bien sûr) ou soit il m'attendrait sagement à la maison.
Qu'est-ce que tu aimes faire en dehors de la musique ?
J'adore faire de longues balades avec mes chiens, je suis aussi une éleveuse de chien d'une certaine manière. J'ai finalement deux passions : la musique et les chiens. Mon fiancé travaille dans l'industrie du cinéma donc on regarde beaucoup de films, il a de bons prix (rires). Mon film favori est « Amelie ». J'aime beaucoup la lecture également, je dévore actuellement « Cent ans de solitude » qui est un excellent bouquin.
Un petit mot sur la France pour finir.
Je ne suis jamais venue en France ! J'adorerai y venir et faire un concert. Mon but est vraiment de devenir une artiste internationale. Espérons que j'y arriverai.