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Interview de Naive New Beaters

Par Pierre Derensy




Interview de Naive New Beaters
Les Naive New Beaters sortent donc leur premier disque « Wallace ». Et l’on se pose forcement des questions sur ces 3 gitans délurés. Sont ils sérieux comme Placebo ? Sont ils couillons comme Didier Super ? Sont ils d’improbables imposteurs ou de véritables rockeurs ? Tout ceci reste assez obscur, cependant la chose indéniable dans l’affaire c’est qu’en toute décontraction ils balancent leur pop dansante sans aucun effort et que toute cette histoire va faire un carton. Rencontre surréaliste et réponses mi figue, mi raisin. Mêlant fantasme, réalité et jackasserie verbales. A vous de trier.

Comment vous êtes vous rencontrés les garçons ?

NNBS : «C’est une bonne question parce qu’on était en train d’y penser l’autre jour. On se connaissait du lycée et pourtant on ne s’aimait pas beaucoup. La fois où ça a vraiment accroché c’est lorsque nous avons fait un stage en entreprise. Chez Ranx-Xerox. C’est cette entreprise qui nous a soudé. Après on a fait de la musique ensemble pour se retrouver en 2007 dans le CQFD des Inrocks. Ensuite on a sorti le maxi « Bang-Bang » avec des remix. On a fait un clip sympa car on recevait des trucs dans la figure. Pour se retrouver à faire des concerts, à trouver un tourneur qui nous a encore plus fait tourner et on a sorti le maxi « Live Good » avec le clip qui a bien marché sur le net. Maintenant nous sommes signé chez Cinq 7 et on sort ce disque. »

Quel joli résumé…

NNBS : «Pas mal hein ! C’est la première fois qu’on arrive à condenser notre histoire ! En plus il n’y a pas eu de pauses, pas de « heu… », Franchement on peut être fier (rire). »

J’en arrive à vos noms d’artistes : David Boring, Eurobelix et Martin Luther BB King, vous ne pensez pas exagérer sur les références ?

NNBS : «C’est arrivé très vite nos noms. Il n’y a pas eu beaucoup d’hésitations en fait (rire). C’est encore Ranx-Xerox : car à force de mettre la tête dans la photocopieuse tu reproduis des modèles. »

NNBS c’est mieux que BRMC ?

NNBS : «C’est juste pour mettre les initiales du groupe et aller plus vite. De toute manière il y a pleins de bons groupes qui ont 4 initiales pour dénominations. En ce qui nous concerne c’est 3 lettres capitales et 1 minuscule alors on ne sait pas si on fait partie de cette bande. Ca rentre peut être ? Notre objectif c’est d’arriver à 4 pour enfin être un groupe qui compte. »

En revenant sur ce concours CQFD de 4 lettres également, cela vous a-t-il bien aidé ?

NNBS : «Pour nous c’était la première fois qu’on était dans un magasine et qu’on gagnait un truc. Enfin on n’a pas gagné le concours mais on était sélectionné. Ca a amené sûrement de la visibilité. »

Faut il beaucoup coucher pour faire la première partie de Cassius ou des Kills ?

NNBS : «Pour Cassius on a rencontré Zdar à la terrasse d’un café.»

Et ?

David Boring : «Il était avec mon amoureuse quand j’étais petit. Elle m’a un peu reconnu… enfin moi je l’ai reconnu car elle de son coté m’avait oublié. Et du coup j’ai papoté avec lui, je lui ai donné le maxi « Bang-Bang » et lors d’une autre rencontre il m’a simplement dit « Je pense à un truc », je lui ai demandé à quoi il pensait, et il m’a dit « je sais pas ». Au final il devait penser que nous serions capable d’assurer sa première partie car c’est ce que nous avons fait. »

C’est aussi simple que ça ?

NNBS : « Sauf que nous on a répondu « non » tout de suite (rire). Il a du lourdement insister. Faire appel à des amis communs pour qu’on le fasse. C’est pour ça que nous n’avons joué que 15 minutes. Ca limitait les risques. »

Tout a décollé pour vous surtout avec le titre «Live Good » mais aussi ce clip fantastique ?

NNBS : «Pourtant nous avions utilisé la même méthode que pour le premier « Bang-Bang ». Il se trouve qu’il a beaucoup mieux marché et je t’assure que lorsqu’on faisait ce clip on ne pensait pas être propulsé dans la stratosphère. Par contre quand on l’a vu fini on savait qu’il était bien. Ce n’était pas évident au début car on l’a tourné sur 3 mois. Comme il était de qualité il a pas mal tourné à l’étranger. C’est ce qui nous a permis d’être booker au Mexique l’année dernière. Des mecs l’avaient vu et ont demandé à écouter nos morceaux. Ils ont voulu que l’on fasse 2 dates là bas. Des dates en Angleterre aussi car le clip a bien voyagé sur la toile. »

C’est quelque part : l’image avant la musique ?

NNBS : «Sauf que c’est quand même mieux d’avoir les 2. Sans la musique ça marche moins bien (rire). »

Joe Dassin voulait avoir l’Amérique mais nous a quitté avant. Les Naive New Beaters veulent ils simplement la Californie pour exister plus longtemps ?

NNBS : «On reprend le flambeau (rire) mais dans une échelle plus modeste. On va retourner dans cette ville très bientôt d’ailleurs. »

Qu’est ce qui vous plait dans cette ville ?

NNBS : «Les autoroutes énormes. Des 4 voies. C’est très urbain comme vision. Il y a aussi des filles en fuseaux qui font du roller skate. Enfin on doit plus dire « fuseaux » maintenant… on reprend « il y a des filles qui font du roller skate en leggings ». Même si fuseaux c’est plus classe. Bref : notre but c’est d’aller jouer à la mi-temps du Superbowl. Bon on ne s’y connaît pas en football américain mais on s’y connaît à mort en logo d’équipes. »

Il y a 10 chansons sur l’album, des titres qui sont déjà sortis et des inédits ?

NNBS : «Déjà il faut travailler. Il faut bien le préciser. Notre technique c’est de faire pleins de chansons et s’il le faut d’en jeter. Là nous voulions, de notre point de vue, faire un album qui se tient bien et qui s’écoute facilement plutôt que de mettre tout ce qu’on avait en magasin. Il y a quelques titres qui étaient sur notre Myspace mais il y en a pas mal dont nous avions les embryons et sur lesquelles nous avons travaillé avant même d’arriver en studio. Le studio nous a permit de produire ce que nous avions maquetté chez nous. »

En Californie je ne sais pas, mais ici : il faut cataloguer les genres… alors vous faites quoi exactement comme musique ?

NNBS : «Dans le 10ème arrondissement surtout : ils sont vachement rigide (rire). On aime bien dire que c’est de la pop rappé avec des sentiments chaloupés. Allez tu peux nous mettre dans une catégorie pop-rap. Mais tu sais un mec qui aime l’éléctro il nous dit qu’on fait pas de l’éléctro et un mec qui vient du rock il trouve qu’on fait tout sauf du rock. Bref on fait tout sauf ce que nous devrions faire (rire).»

C’est plus musical en tout cas de chanter en anglais ?

David Boring : «Je parle les deux couramment. J’ai vécu à Los-Angeles dans mon enfance et pour manier l’une et l’autre de ces langues je pense qu’en anglais notre musique sans « genre » passe mieux. »

Maintenant que nous sommes ensemble depuis quelques minutes, j’aimerais avoir la signification du titre de votre disque « Wallace » ?

NNBS : «En gros c’est la Wallace. Wallace point d’exclamation. Wallace est né dans un camping, là on a fait ensemble une bonne Wallace. Tout à l’heure on était avec une Wallace, on a prit la pose et elle nous a wallacé comme des mal propres. »

Sur le visuel du disque pourtant Wallace a du mal à rentrer dans l’entrepôt ?

NNBS : «Mais on pousse quand même. Bon David s’occupait des à cotés avec 2 filles mais avant le cliché il essayait aussi de pousser. Je t’assure qu’on a encore des chances de le faire rentrer. »

Fatalement je vais vous demander : rentrer ok mais rentrer où ?

NNBS : «Ca on verra quand on sera à l’intérieur (rire). »

Pour l’enregistrement comment cela s’est il passé ?

NNBS : «On a pas mal rencontré de réalisateurs et on est tombé sur Clive Martin. C’était la première fois que nous rentrions en studio. Et il nous a rassuré car il est parti de nos maquettes avec les sons qu’on aimait bien. D’autres réas voulaient partir de zéro. Lui, il avait une vision personnelle et généreuse. Il était cohérent avec notre univers. La règle du jeu c’était d’améliorer ce qui n’allait pas et de ne pas toucher à ce qui allait. »

J’ai vu vos dates de concerts : vous êtes capable de passer d’un super festival à une date dans la cambrousse française ?

NNBS : «Cela donne des sensations différentes. Tu te retrouves sur le plateau de Taratata et ensuite tu vas dans un village ou personne ne te connaît. »

Sinon j’ai aussi remarqué que les dames vous faisaient du tord, la première c’est Patricia Kass qui fait l’Eurovision alors que vous jouez vous aussi en Russie ?

NNBS : «Oui mais elle c’est Poutine qui l’a pistonné ! Il lui a offert des fleurs, etc. Mais ça c’est parce qu’il nous connaît pas encore. Tu verras prochainement. »

Deuxième injustice : Jenifer défend dans une publicité la Ka de chez Ford et vous simplement un Nokia ?

NNBS : «C’est une publicité qui évoque les musiques que tu télécharges sur ton téléphone alors tant qu’à faire autant que ce soit nous plutôt qu’un autre groupe. Va demander à Jennifer de mettre un MP3 dans la jante de sa voiture ! (rire) Ce qui est chiant avec nos potes, c’est que maintenant ils pensent tous qu’on est multimilliardaires. C’est un peu chiant car avant, après les concerts, les gens voulaient nous payer des bières, là dorénavant c’est à nous qu’on demande de payer la tournée de champagne. En définitive on a juste eu le droit à un forfait illimité, et 2 téléphones pour 3, et 10 MMS par mois.»

Mardi 26 Mai 2009 - 15:12



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