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James Morrison - Undiscovered

Undiscovered sort le 23 octobre chez AZ / Universal




Imaginez que vous avez 19 ans et que vous venez tout juste de vous faire virer d’un boulot sans avenir consistant à laver des fourgonnettes. C’est arrivé après neuf mois qui vous ont sapé le moral et une dispute avec votre patron parce que vous avez eu l’audace de vous pointer avec dix minutes de retard. Vous haïssiez ce boulot. Les mauvais traitements routiniers, les corvées, l’apathie générale. N’empêche que c’était, au moins, un revenu régulier. Maintenant vous êtes fauché. Toute votre famille est fauchée, vous n’avez aucune aide à espérer de ce côté-là. Vous rentrez chez vous et vous finissez par vous disputer avec votre copine. “J’ai 19 ans et je vis la vie d’un mec de 40 ans,” vous plaignez-vous.

James Morrison n’est pas seulement le chanteur en possession de la voix soul la plus pure, la plus impressionnante et la plus charismatique qui puisse exister pour un anglais blanc. Il possède la substance qui correspond à son style. Ses textes sont remplis d’un authentique punch émotionnel. Il a reçu suffisamment de coups pour s’en inspirer. Une famille brisée; le fardeau des dettes; peu de perspectives d’avenir; des gens s’effondrant autour de lui. Des amis d’enfance devenant junkies à l’âge adulte. Heureusement, il y a aussi eu de l’amour, de la chaleur et des rires – des choses qui l’ont fait tenir tout en traversant des années très dures.

James est né à Rugby, il est le cadet d’une famille de trois enfants. Son père était un ‘vagabond’ (allusion à la chanson des Temptations, « Papa Was a Rolling Stone », NdT) et quitta le foyer quand James était encore jeune. Lorsqu’il eut 13 ans, son oncle lui montra un riff de blues sur une guitare acoustique. “J’ai fait, Whoa! Tu dois m’apprendre ça! En une semaine, j’avais appris à jouer trois morceaux en entiers.” Chaque soir, à partir de ce moment-là, James jouait de la guitare “J’avais été tellement frustré de ne pas pouvoir sortir, d’avoir à nettoyer la maison, de devoir repasser les habits, etc. C’était libérateur.”

A partir de ce moment-là, il commença à faire la manche localement. “J’avais l’habitude d’emmener tous mes copains avec moi, et certains jours il y avait une énorme foule qui s’arrêtait pour regarder. C’est comme ça que j’ai acquis l’expérience de jouer devant des gens sans devenir nerveux. Et je pouvais me faire pas mal d’argent – parfois 70 Livres en une heure. Et il y avait une foule d’adolescentes... J’avais des mecs qui chahutaient parce qu’ils étaient jaloux!”

A l’époque il jouait de la guitare tous les soirs depuis deux ans. Il s’asseyait pour écouter Otis Redding, Marvin Gaye, Stevie Wonder. “J’adorais l’âpreté de ces musiques – l’émotion. C’est ce que je voulais apprendre, comment faire passer une émotion.” Il enregistra sa voix, au début en copiant, puis développant ensuite naturellement sa propre sonorité. “Je veux dire, tout anglais blanc qui essaie de chanter exactement comme Otis Redding va avoir l’air complètement stupide. Donc, j’avais besoin de trouver ma propre façon d’exprimer mes sentiments.”

Après s’être fait virer d’un énième boulot, James écuma la ville pour trouver des concerts, mais les pubs ne voulaient que du karaoké. Il était prêt à tout laisser tomber, à retourner à Porth, quand un guitariste qu’il avait rencontré lors d’une soirée scène ouverte et qui possédait un peu de matériel d’enregistrement, lui offrit de l’aider, l’invitant à enregistrer une maquette sur CD. L’ex-directeur artistique, Spencer Wells, qui avait travaillé par le passé avec Beverley Knight et David Gray, l’entendit et le contacta.

“Il est entré en traînant des pieds, un gamin blanc maigrichon vêtu d’une grosse veste de travail et d’une vieille casquette avec une guitare dans le dos et j’ai pensé, ça ne peut pas être le même que sur le CD,” se souvient Spencer. “Il m’a dit ‘Vous voulez que je chante?’, et au bout de deux mesures, j’étais conquis. Sa voix est tout simplement incroyable – mais c’est un garçon tellement modeste qu’il ne réalise même pas ce qu’il a.”

Spencer et son associé Paul McDonald négocièrent un contrat avec Polydor. Juste après, James se retrouva confortablement installé dans un somptueux studio de l’ouest londonien avec, entre autres, le producteur Martin Terefe (Ron Sexsmith, KT Tunstall et Ed Harcourt) et un groupe de musiciens venus de Nashville. Il réalisa rapidement qu’il n’y avait aucun intérêt à essayer de chanter des choses qui ne voulaient rien dire pour lui, ou des chansons écrites par d’autres. “Je dois penser à quelque chose qui m’est proche pour bien chanter.”

Le style soul de James Morrison ne veut pas pasticher la musique noire américain du passé. Mais il exprime la franche honnêteté, la passion et le fait de libérer ses émotions. Comme le dit James, “Si vous ne le ressentez pas ici [il se frappe le cœur], alors vous n’avez rien à faire là-dedans.”

Jeudi 12 Octobre 2006 - 22:54
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