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Jeanne Balibar - Slalom Dame

Par Pierre DERENSY




Depuis 3 ans Jeanne Balibar est devenue (aussi) une prima donna, de toute évidence la fonction lui va à merveille. Tout le monde a accueilli sa nouvelle carrière avec applaudissements et réjouissances. C’est pourquoi, en partie, il ne faut pas s’étonner que son histoire d’amour avec la musique ne se soit pas arrêté à un coup d’essais mais se soit transformé ces jours ci en coup de maître, par un second opus aussi avenant que son grand frère que l’on aurait pu croire fils unique.

Au cinéma sa voix faisait déjà partie intégrante de son charme, sur disque elle provoque encore plus d’émotions à la limite de l’envoûtement. «Paramour » avec la collaboration de Rodolph Burger était un de ces premiers disque plaisant ou l’on découvrait l’univers d’une femme sensible et intelligente qui savait porter la note au delà de nos plus doux désirs. Ce « Slalom Dame » poursuit l’élégance vocal dans les mêmes ondulations, la musique hachée par une contrebasse divine ou la guitare électrique et les rythmes de Burger frisent la récompense d’un album magique. Voilà donc les clefs de la réussite Balibar : s’encrer sur de bonnes bases tout en défraîchissant d’autres territoires pour ne pas ennuyer l’auditeur (les rythmes vaporeux de Dominique A et Fred Poulet nouvellement invités). Belle et sensuelle, mélancolique, Jeanne transperce les cœurs à coups de flèches aiguisées et cherche l'émoi sur 12 titres de haute couture. Ses différents Pygmalion de la musique saisissent automatiquement la chance de trouver une muse charismatique en cette belle demoiselle. A croire qu’à la première rencontre, lorsque les chansons sont encore au niveau de projets et pas tout à fait tangibles, dans l’instant où ces garçons caméristes de l’adorable Jeanne pensent pour elle, que ces laquais de cette princesse superstar prennent le pouvoir de son cœur, ils signent une donation notifiant qu’ils ne sont là que pour offrir le meilleur d’eux même afin de l’épauler. Sensationnelle cette intellectuelle morveuse fait tourner les têtes par amour, en amour et pour toujours.

Sur « Slalom Dame » elle accepte l’aide de ces guides tout en mettant son nez partout pour que l’on hume sa touche personnelle et son parfum de fleur dangereuse. C’est donc drapée d’un voile vaporeux et suggestif qu’elle descend une piste noire a tombeau ouvert. Avec quelques titres phares comme « Ton Diable » ou « Néologie », les textes de l’écrivain Pierre Alferi appuient son phrasé particulier pour créer un beau moyen d’enchevêtrer la pensée complexe d’une chatte sur un toit brûlant et sa facilité de les miauler.

Tout est évidence chez Balibar que ce soit sur pellicule ou sur bandes. Elle ne joue pas un rôle elle le vit, elle ne chante pas une chanson elle l’habite.

Lundi 16 Octobre 2006 - 17:47
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