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John Galliano: la décision sur son sort ce jeudi




Six mois après les accusations d’antisémitisme portées contre John Galliano, le styliste britannique saura ce jeudi 8 septembre ce qu’a décidé la justice française à son égard.

Le 22 juin dernier, son procès devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait rassemblé curieux et presse internationale pour voir l’ancienne icône de Dior.

Ce dernier a d’ailleurs décidé de ne pas assister jeudi au délibéré, afin de ne pas réitérer ce genre de bain de foule.

Rappelons qu’à l’audience, il avait reconnu une « triple addiction » à l’alcool, aux somnifères et au valium, et dit avoir passé deux mois en cure de désintoxication, en Arizona puis en Suisse. Il précisait que cette situation est née après avoir perdu son père en 2005, puis « un ami très cher » en 2007, événements à la suite desquels il s’était mis à boire de plus en plus, avant de tomber dans l’engrenage de l’addiction.

Au moment des faits, dans un bar parisien fin 2010 et début 2011, « je ne pouvais plus aller au travail sans prendre de cachets », avait-il dit. « Je ne me souviens pas très bien de ce qui s’est passé », avait-il témoigné, assurant avoir « toujours condamné le racisme et l’antisémitisme ».

Malgré cela, Anne de Fontette a requis sa condamnation à au moins 10.000 euros d’amende, bien qu’ayant reconnu qu’à ses yeux, John Galliano n’était « pas un théoricien du racisme anti-juif ou anti-jaune ». Elle ajoutait cependant que « c’est le racisme et l’antisémitisme du quotidien, des parkings et des supermarchés, qui est pitoyable et effroyable. »

En effet, rappelons que Géraldine Bloch, l’une des victimes, a assuré lors du procès que le styliste lui avait lancé « dirty Jewish face » (« sale face de juive »). Son ami, Philippe Virgitti, a dit avoir été traité de « fucking Asian bastard » (« putain de salaud asiatique »).

« Jewish » (juif en anglais, ndlr), c’est l’un des termes qui a été le plus récurrent », répété « au moins trente fois », se souvient-elle. « C’était non stop ». Il l’aurait également traitée de « pute ». La jeune femme, tout comme son ami, ont reconnu que le styliste parlait alors « très doucement ».

Mais voilà, pour condamner John Galliano, le tribunal doit s’assurer que ces mots ont réellement été dits. Une tâche qui va s’avérer difficile s’il était difficilement audible, surtout que deux témoins, alors clientes du bar, ont témoigné à l’audience qu’elles n’avaient jamais entendu le mot « Jewish ».

Pour ce qui est de la seconde altercation, deux témoins ont en revanche confirmé avoir entendu l’injure « sale pute juive » à l’encontre d’une de leurs amies.

John Galliano encourt jusqu’à six mois de prison et 22.500 euros d’amende.

La décision sera donc rendue ce jeudi.

Jeudi 8 Septembre 2011 - 16:03



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