C'est la première fois que Johnny Hallyday s'exprime dans la presse depuis son hospitalisation à Los Angeles en décembre dernier. Il a choisi de se confier à l'écrivain Daniel Rondeau, ambassadeur de France à Malte, "privilège d'une amitié qui dure", selon ce dernier. L'entretien a été réalisé à Saint-Barthélemy, fin août, au moment du passage sur l'île de l'ouragan Earl. Il est publié sous la forme d'une longue interview dans le Journal du Dimanche.
"Pour la première fois depuis des mois, j'ose regarder en avant. (...) Ma voix est là, l'énergie remonte", déclare le chanteur. Et les projets reviennent aussi : Johnny Hallyday prépare notamment un album avec Matthieu Chedid. "Tout est déjà assez bien calé. On enregistrera en septembre, à Los Angeles", indique le chanteur à propos de sa collaboration avec M, précisant que celui-ci lui a présenté "onze chansons, écrites avec son complice Hocine Merabet".
Jean-Claude Camus "a vendu son affaire"
Outre le théâtre (Le paradis sur terre de Tennessee Williams), il a "aussi des projets de cinéma". "Mickey Rourke m'a appelé pour me proposer de tourner dans un film de Tony Scott", indique-t-il, ajoutant qu'il va "participer au prochain film de Nicolas Poiré, une comédie d'humour noir". "Je repense aussi à la scène", déclare le chanteur qui vient de changer de producteur. "C'est grâce à mon public que je peux envisager presque sereinement une nouvelle tournée pour 2012", affirme-t-il.
Johnny s'explique sur sa séparation d'avec Jean-Claude Camus. "Il a vendu son affaire et ce n'est plus lui qui s'en occupe. Je lui garde une certaine tendresse, il y avait une part de folie qui lui permettait de me comprendre, son successeur est uniquement un businessman". Il revient aussi longuement sur l'interruption de sa tournée 2009, confiant avoir "souffert atrocement", et les suites de son hospitalisation à Los Angeles.
"Je reviens de loin"
"Je reviens de loin", reconnaît-il, rendant un hommage appuyé à sa femme Laeticia. "Je lui dois la vie", dit le chanteur, racontant s'être vu "dans une position de faiblesse inouïe" et avoir traversé "une phase de dépression terrible". "Je suis tombé dans un gouffre et je suis en train d'en sortir, non sans peine. Je suis très fragile, et je suis très fort (...). Je peux mourir, ou je peux vivre, ça dépend comme on m'aime", analyse-t-il. "Cette tournée, elle avait pourtant bien commencé, se souvient-il. Mais à partir du mois d'octobre, j'ai eu à nouveau des problèmes de dos. Mes douleurs ont commencé à devenir terribles. Il y avait des jours où je ne pouvais plus marcher, j'en aurais pleuré tellement j'avais mal, mais je ne voulais pas annuler, alors je me faisais piquer à la cortisone, j'avalais des anti-inflammatoires, des doses de cheval. Et j'ai chanté, même si cette douleur m'angoissait et pourrissait mes journées". Jusqu'au drame et au coma : "Mon dernier souvenir, avant de perdre connaissance (...) ce sont des visages. J'ai vu apparaître puis s'éloigner les visages de Gilles Paquet, de Ticky Holgado et de Carlos, mes amis morts. Et celui de Laeticia. Ceux qui me demandaient de les rejoindre, et celle qui me retenait".
Le chanteur évoque brièvement sa famille, soulignant que les "basses querelles" lui "répugnent". "J'aime tendrement Laura, et David sera toujours mon fils, même s'il s'est montré disons... assez léger avec Laeticia", déclare-t-il. "Mes enfants adoptés sont mes vrais enfants, à l'égal des deux autres", ajoute-t-il. Avant de conclure : "J'ai décidé que je verrai grandir mes filles (Jade et Joy) et que j'allais reprendre la route du vagabond du rock que je n'ai jamais cessé d'être. Je veux montrer que je suis encore le boss".