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Krystle Warren - The up Series




Voir Krystle Warren pour la première fois sur scène est une expérience saisissante. D'abord par le côté complètement improbable de sa prestation : elle débarque discrètement sur scène en se contentant d'un simple 'hello', puis se met à chanter en dégageant une sorte de puissance naturelle qui contraste totalement avec sa frêle silhouette. En entendant sa voix retentir dans une salle pleine à craquer, sans le recours à un micro, on ne peut qu'être impressionné. A cela s'ajoute sa technique vocale, comme son mélisme aussi riche que celui de Stevie Wonder ou Donnie Hathaway, qu'elle utilise dans des genres musicaux qui n'en sont pas coutumiers comme le folk et la country, des chansons visiblement inspirées aussi bien de Nick Drake que Joni Mitchell ou Willie Nelson. Une fois que l'on s'est familiarisé avec ces incongruités, on ne peut qu'être sensible aux qualités de cette auteur-compositeur-interprète-poète vraiment originale, comme on en rencontre rarement.

On pourrait penser, à entendre sa voix mielleuse et les paroles sophistiquées de ses chansons, que Krystle est issue d'une lignée de musiciens professionnels, mais il n'en est rien. Krystle est née et a grandi à Kansas City, dans une maison où l'on n'écoutait qu'occasionnellement de musique, entre le magnéto 8 pistes de sa grand-mère et les berceuses chantées dans la maison, sans oublier son mauvais souvenir d'un bref passage dans une chorale d'église. Krystle se souvient avoir commencé à chanter à l'âge de 4 ans, mais c'est à 13 ans, après avoir regardé une émission spéciale consacrée aux Beatles sur ABC, qu'elle se passionne vraiment pour la musique. Elle apprend ses premiers accords à l'oreille en écoutant Rubber Soul et Revolver, avant de s'intéresser rapidement au grunge (Smashing Pumpkins et Soundgarden), à des formations de Brit Pop (The Kinks, The Who, The Faces) et même au jazz, surtout Betty Carter, Nina Simone, Kurt Elling et Mel Tormé. Forte de cette richesse d'influences variées, elle trouve assez vite un son qui lui ressemble.

A 17 ans, Krystle décide de se faire connaître sur la riche scène underground de Kansas City, où elle se lie d'amitié avec des artistes d'avant-garde, des peintres, des poètes de rue ou des chanteurs, qui la poussent à persévérer dans la musique. "J'ai rencontré plein de gens extraordinaires à Kansas City," raconte la jeune femme. "Notamment quelques musiciens et compositeurs qui essayaient vraiment d'innover. Après avoir démarré sur la scène des auteurs-compositeurs-interprètes, j'ai commencé à me produire dans des salles de jazz, lorsque j'avais environ 20 ans, et cela a vraiment été très formateur."

Bien qu'elle ne se sente pas limitée par un plafond de verre dans le Midwest, Krystle a par contre très envie de voyager. "J'aurais pu partir n'importe où, Austin, San Francisco; ça n'avait pas beaucoup d'importance pour moi. J'avais juste envie de découvrir de nouveaux horizons et c'est comme ça que je me suis retrouvée à New York. Quitter Kansas City n'a pas été facile - je n'avais jamais vécu ailleurs. Ma toute première soirée à New York a été fantastique, mais au bout de quelques temps, j'ai commencé à me demander si je n'étais pas en train de perdre les pédales dans cette ville." Krystle finit par rencontrer quelques musiciens de jazz chez lesquels elle s'installe à Harlem. Elle collabore ensuite avec d'autres musiciens, puis, en un an, rencontre ceux qui vont former le noyau dur de son groupe, The Faculty.

Les concerts de Krystle, accompagnée de The Faculty, sont salués tant par le public que les critiques. Elle tourne alors aux Etats-Unis avec d'autres artistes tels que Martha Wainwright, Zap Mama, Rodrigo & Gabriela ou Erykah Badu. Récemment elle a même réalisé l'un de ses grands rêves en se produisant dans le cadre du légendaire Newport Folk Festival. "Ce que j'ai adoré, hormis le fait de jouer là-bas bien sûr, ce sont les coulisses - à un moment donné je me suis retrouvée à côté d'Elvis Costello et Diana Krall en train de regarder le concert de Bright Eyes ! L'autre moment fort, c'est lorsque je n'arrivais plus à retrouver la sangle de ma guitare et que le manager d'Emmylou Harris est venu me proposer sa sangle à elle."

Diary, le premier EP de Krystle Warren & The Faculty, est désormais disponible. Le groupe est en train d'achever son 1er album, enregistré avec Russell Elevado, producteur déjà couronné de deux Grammy Awards. Enregistré dans l'illustre Electric Lady Studio, Circles sortira en 2008 chez Because Music. "La principale différence entre Diary et le prochain album est le temps que nous avons pu y consacrer. Diary a été enregistré rapidement, alors que j'ai eu la possibilité de peaufiner davantage le travail sur Circles. C'est fabuleux la production, surtout pour quelqu'un comme moi, terriblement fan de Rufus Wainwright ! J'adore mettre en forme les arrangements et façonner un concept. En outre, nous avons travaillé uniquement en analogique, de sorte que la musique a une texture plus épaisse, qui rappelle un peu le son de Steely Dan."

Entre temps, Krystle se produit régulièrement sur les scènes de New York avec toujours autant de talent et de brio. "Qui sait ce qui va se passer ?" dit-elle à propos de la sortie prochaine de son album. "Je n'en sais certes rien. J'ai eu extrêmement de chance de ne pas me laisser décourager après mes trois premiers mois à New York. Maintenant, en voyant le public s'élargir, je prends de plus en plus de plaisir à constater que les gens semblent apprécier ce que je fais. Pourtant, je joue ce que j'aime, tout simplement, de la Brit pop, du rock classique, du jazz et du R&B - tant de styles qui ont tous la même origine."

Son premier album "Circles" sortira le 6 avril 2009.

Jeudi 29 Janvier 2009 - 01:38



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