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Kt Tunstall - Eye To The Telescope


KT Tunstall est une nouvelle auteur-compositrice pleine de talents avec du sang chinois, une âme écossaise, des superbes jambières et un nom sympa – “ça a un peu plus d’allure que Kate, qui me fait penser à la fille du fermier,” explique-t’elle en riant.



KT Tunstall rend hommage à des auteures-compositrices-interprètes telles que Rickie Lee Jones, Carol King et Fleetwood Mac, mêlant avec clarté et simplicité, un certain culot plein de bon sens, des questionnements mélancoliques et des ambiances nocturnes.

Petite dernière dans la lignée de talentueux artistes écossais comme Texas, Fran Healy, Teenage Fanclub et The Beta Band, KT possède un univers unique d’une rare intensité aux textes cinglants et aux mélodies émouvantes.

KT a grandi dans la ville universitaire de St Andrew (“un bel endroit mais trop protégé, on s’y sent un peu comme dans une bulle”). Elle a toujours su qu’elle avait été adoptée à sa naissance : “J’ai grandi tout en sachant que j’aurai pu avoir un million de vies différentes. Ça donne un côté mystérieux et ça permet de s’imaginer tout un tas de trucs.”

::: En concert le 07 septembre au Café de la Danse :::

Son premier album, ‘Eye To The Telescope’, est le fruit de cette imagination débordante. Et d’expliquer : “Mes chansons examinent et explorent des sentiments, des situations ou des histoires bien précises. Ce sont des chansons de la vie ordinaire, semblables à une conversation que je pourrais avoir avec quelqu’un, c’est un peu comme un extraterrestre qui serait venu sur terre prendre quelques échantillons de vies humaines pour les réunir sur un disque.”

KT a passé son enfance à crapahuter et dormir sous la tente avec ses parents bourlingueurs. La musique n’avait pas vraiment sa place dans cette existence jusqu’à ce que son frère découvre les joies du hair metal. “Assise de l’autre côté de la porte de sa chambre, j’enregistrais la musique qu’il écoutait.”

Son premier album fut la bande originale du film ‘Une Histoire Sans Fin’, mais son disque préféré demeure fort heureusement ‘Hunky Dory’ de David Bowie. “J’ai vraiment été touché par le son de ce disque, son côté barré,” dit-elle. “Quand j’étais gamine je lisais beaucoup de livres de science fiction. Mon père était physicien et souvent, quand nous étions petits, il nous emmenait, mes frères et moi, dans son labo. Nous jouions avec de l'azote liquide et des générateurs Van de Graaff. Il avait les clés de l’observatoire de l”université de St Andrew et nous avait réveillé en pleine nuit pour voir la comète Halley. Cela explique en partie pourquoi cet album s’intitule ‘Eye To The Telescope” (l’œil sur le télescope).

KT, une enfant très dynamique, se met au piano, puis à la flûte, tandis que progressivement elle travaille sa voix singulière. “Je pense que c’est grâce à une cassette d’Ella Fitzgerald que l’on m’avait donnée que j’ai appris à chanter – elle a été mon professeur de chant.”

Vers 15 ans, KT commence à écrire ses propres chansons : “Ce n’était guère que des sottises à l’eau de rose. Une logorrhée de niaiseries. Mais je m’y croyais.” A 16 ans, elle se met à la guitare, apprenant par elle-même avec le livre d’un musicien de rue. Dès lors finis les trucs à l’eau de rose, KT a une révélation musicale.

Assoiffée d’expériences et d’indépendance, elle obtient une bourse pour la Kent School dans le Connecticut, en Nouvelle Angleterre, et assiste avidement aux concerts de The Grateful Dead et 10,000 Maniacs. Elle intègre également une communauté hippie, forme son premier groupe, The Happy Campers, et donne quelques représentations informelles. “Après avoir pris le micro régulièrement pendant deux semaines, j’étais devenue leur ‘invitée spéciale venue d’Ecosse!’,” raconte KT.

KT suit ensuite des cours de musique au Royal Holloway College, où elle essaye en vain de former un autre groupe. “Je suis arrivée à remporter le ‘Battle Of The Bands’ avec un joueur de mandoline! J’étais en compétition avec onze groupe gothiques et j’ai gagné.”

Après avoir vaincu les gothiques, KT revient à St Andrews et se plonge dans la scène locale qui a engendré The Beta Band et Fence Collective, forme un groupe avec Pip Dylan de Fence et peaufine sa culture musicale en suivant un régime de choix à base de James Brown, Lou Reed, Billie Holliday, Johnny Cash et PJ Harvey.

Quelques années et quelques groupes plus tard, KT amorce un nouveau tournant. Elle retourne à Londres, où les choses commencent à prendre enfin tournure. Elle noue des relations professionnelles et se lance dans différents projets. Elle démarre une collaboration avec le producteur/auteur-compositeur suédois Martin Terefe et Jimmy Hogarth, un natif des Orcades basé à Londres, ainsi que le londonien Tommy D. Avec plus d’une centaine de chansons sous le coude, elle enregistre son premier opus entourée d’un nouveau groupe et de Steve Osborne, producteur légendaire ayant collaboré avec U2/New Order/Happy Mondays.

“Steve a rempli les fonctions de producteur et ingénieur – il a tout fait. Il m’a même invitée chez lui, dans sa famille, afin que nous puissions prolonger notre collaboration. L’enregistrement a été réalisé dans un excellent petit studio, situé dans les bois à Wiltshire. C’était la maison d’un handicapé. Pour enregistrer les voix on se servait de la pente reliant la chambre à la salle des commandes, de sorte que je pouvais monter ou descendre à ma guise. C’était super cette manière de travailler, sans sophistication. Il a une petite cabane dans le jardin où tous les groupes du coin viennent enregistrer. Ça rappelle le film Deliverance.”

Vraisemblablement sans les psychopathes, ni les duels de banjos. “Je ne voulais pas d’un studio trop équipé car c’est en cherchant à être inventif que l’on fait de la musique intéressante. Tom Waits a déclaré que si on veut restituer le son d’un coup de pied dans un carton, il suffit de le faire.”

Un côté lo-fi, viscéral, qui lui a été inspiré par les chuintements et craquements des premiers enregistrements de blues. “Dans l’ensemble je suis plutôt quelqu’un d’enjouée et d’optimiste, mais j’aime les musiques plutôt sombres et je serai toujours attirée par ça. C’est un album positif, avec aussi bien entendu d’autres aspects sous-jacents.”

Depuis la fin de l’enregistrement de ‘Eye To The Telescope’, KT n’a cessé de tourner notamment en première partie de Joss Stone, puis en Europe chantant avec le groupe de ‘hip-hop klezmer’, Oi Va Voi, qui a mis le feu à la scène Avalon à Glastonbury.

“Il faisait un soleil magnifique et je suis montée sur scène avec une collerette bleue turquoise, une robe sexy et des bottines toutes boueuses et ce fut mon meilleur concert, si riche en émotions. Dans certains mails que j’ai reçus, les gens me racontent qu’ils ont pleuré et ils m’assurent n’avoir pourtant pris aucune drogue.”

KT est impatiente de canaliser toutes ses énergies dans sa propre musique. “Je ne sais pas exactement ce qui m’a motivée,” dit-il. “Je ne me suis jamais posée la question. Je n’ai jamais envisagé d’autres plans. Pour moi c’était la seule voie envisageable, de toute façon.”

Album Eye to the Telescope

Samedi 13 Août 2005 - 23:41



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