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L’échappée belle de Carl Barât




Les rockeurs ont une longueur d’avance sur vous et moi. Au lien de dépenser leurs royalties chez des psys, ils soignent et apaisent leurs âmes torturées en écrivant des chansons. Carl Barât, coleader, avec Peter Doherty, des flamboyants Libertines, ne déroge pas à la règle. Son premier album solo sobrement intitulé Carl Barât n’est rien d’autre qu’une thérapie, à peine déguisée d’ailleurs : l’ancienne figure de proue des Dirty Pretty Things concède rapidement que l’écriture du disque et de ses dix chansons s’est apparentée à un « long et douloureux processus thérapeutique ».

Carl Barât est un mec très cool. Il est dix heures du matin, ce lundi 30 août, et il fait soleil sur Bruxelles. On propose à Carl de prendre la table dans la salle réservée aux interviews et de l’installer dehors. Notre homme s’occupe ensuite des cafés comme s’il vous recevait à la casbah. On amène les cookies et Barât, mine de papier mâché, allume la première d’une longue série de cigarettes.

Quelques jours plutôt (le 27 à Leeds et le 28 à Reading), Carl Barât était sur scène à l’occasion des deux concerts de reformation des Libertines. Il se murmure que le cachet avoisina 1,5 million d’euros. « Les gens semblaient ravis. Nous avons bien joué et on trouvait ça vraiment cool de voir que notre public était très mélangé et brassait plusieurs générations », raconte Carl. Et nous tend une perche grosse comme une maison… « Allons-nous encore travailler ensemble ? Je vais d’abord m’occuper de mon disque solo et le défendre sur scène. Il n’est bien sûr pas exclu que les Libertines retournent ensuite en studio. »

A un collègue, un peu plus tard, le Britannique affirmera catégoriquement que l’option est un troisième album des auteurs de Up the bracket. Pour revenir aux deux concerts anglais, Carl Barât regrette juste de ne pas avoir pu profiter de l’après-concert. « Dès que je suis descendu de scène, mon manager m’a mis dans une voiture, direction Amsterdam, où j’ai immédiatement commencé la promotion. » C’est tellement vrai que l’animal porte toujours les mêmes vêtements que deux jours plus tôt, sur la scène du Reading Festival…

Son premier album solo, Carl l’a écrit après une longue période de repli sur soi, conséquence d’une longue période d’abus dangereux. Ce qui explique certaines chansons comme « Je regrette, je regrette », « What have I done ? » ou « The Fall », marquées par le seau de la culpabilité. « J’ai été honnête à 110 %, avoue Carl. Et c’est vrai que je m’en veux pour plein de choses. Personnelles et professionnelles. Une des dernières qui me mine, c’est le mauvais deuxième album des Dirty Pretty Things. C’est normal, j’étais raide en permanence. »

Carl Barât en concert le 4 octobre au Botanique et le 30 du même mois à l’Aéronef à Lille, avec Drums, Surfer Blood et Free Energy.

Vendredi 1 Octobre 2010 - 08:55



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