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La classe moyenne se sent en dessous de la moyenne




Contrairement à l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou même les Etats-Unis, il n'y a pas de déclin de la classe moyenne en France. Au contraire, selon un rapport du Crédoc*, que LCI.fr s'est procuré, elles sont aujourd'hui plus nombreuses qu'au début des années 1980 et leur pouvoir d'achat a continuellement progressé depuis cette date et même plus rapidement que celui de l'ensemble de la population. Alors pourquoi ont-elles cette impression de disparaître ?

L'étude du Crédoc fournit une première explication : les dépenses dites "contraintes", (loyer, charges, gaz, électricité, assurances...), pèsent de plus en plus sur le budget des classes moyennes. Aujourd'hui elles représentent 38 % contre 21 % en 1989. La progression a été moins rapide chez les hauts revenus. Deuxième explication : l'augmentation du prix des loyers a progressé de 3,4% par an au cours des vingt dernières années, à un rythme supérieur à celui de l'inflation (+ 2,3%). Il en est de même pour le prix de l'immobilier qui a explosé ces dix dernières années.

32 années pour atteindre la classe supérieure

Les dernières enquêtes du Crédoc sur les "conditions de vie et les aspirations des français" montrent que les conséquences de cette pression financière sur les classes moyennes ne sont pas neutres. En 2008 près d'une personne sur deux disposant d'un budget médian (1500 euros après impôts) n'est pas partie en vacances (48% exactement) ; 37% ne sont jamais allées au cinéma, 34% n'ont pas de voiture, 50% n'ont pas accès à internet à domicile, 40% n'ont pas de produit d'épargne liquide de type livret. Pour ce même budget, il ne reste plus que 294 euros par mois pour toutes les autres dépenses : loisirs, sorties, habillement, biens d'équipements... ce qui laisse une marge de manœuvre étroite.

Le désenchantement et cette impression de déclin, viennent aussi du fait que la croissance économique est moins forte aujourd'hui qu'elle ne l'était pour les générations précédentes. L'amélioration des conditions de vie est donc moins perceptible. Surtout, note le Crédoc, les classes moyennes ont l'impression qu'il est difficile d'atteindre le niveau de vie des catégories plus aisées. Dans les années 1960, en 11 années seulement les classes moyennes pouvaient espérer atteindre le niveau de vie des gens aisés, aujourd'hui il en faut 32. L'éloignement de la perspective d'une ascension sociale peut donc expliquer l'amertume des classes moyennes.

Dimanche 8 Mars 2009 - 00:21



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