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La planète BJ Scott




Beverly Jo Scott chante. Et c’est déjà, dès l’entame, dès les premiers lyrics, formidable. Au refrain, la musique enfle, la voix de BJ aussi, un grand frisson parcourt l’échine, les yeux s’embuent, une boule d’émotion croît dans les tripes, dans le cœur. BJ a déjà gagné la partie.

Le projet de la chanteuse américaine installée en Belgique depuis si longtemps, c’est de faire revivre Janis Joplin, morte à 27 ans, il y a 40 ans, d’une surdose d’héroïne. Et BJ réussit son pari avec un cœur gros comme ça et un talent encore plus immense. Car elle ne veut pas se substituer à Janis, elle ne l’imite pas, elle ne s’en fait pas un clone, elle pénètre simplement dans l’univers de « Pearl « pour ancrer sa richesse dans notre tête et dans nos cœurs. Cette Planet Janis, c’est tout autant la Planet BJ Scott, tant celle-ci montre sa forte personnalité au-delà de celle de Janis.

Avec un excellent groupe à ses côtés, dont Fabrice Manzini à la guitare, avec l’apparition de Paul Personne, avec l’arrivée des deux kets de Blackbox Revelation, Beverly fait un malheur sur scène. Deux heures et demi de spectacle. Et on redemanderait encore. Tant c’est du bonheur que BJ and Co nous offrent depuis la scène. Cette fille de 50 ans a un dynamisme, un enthousiasme, une pêche d’enfer, une voix superbe, dans le chuchotement comme dans la puissance, avec des raucités sensuelles quoi prennent l’auditeur d’assaut et le laissent pantelant.

On revisite ainsi pendant plus d’une heure et demie le monde de Janis. Avec ses tubes, évidemment : « Tell Mama «, « Try (just a little bit harder « ) qui fait tellement penser à Otis Redding, « Piece of my heart «, « Coffee and cigarette «, une version très originale et tendue de « Mercedes Benz « . Et des chansons moins connues comme « Misery « . Paul Personne vient ajouter son jeu de guitare percutant et sa voix décalée à deux reprises. Et puis, après un magnifique « Move Over «, c’est le noir.

Pour deux-trois minutes seulement. Beverly revient, toujours dans son pantalon fleuri à la hippie. Et annonce un hommage à Jimi Hendrix, indissociable de cette époque et mort la même année que Janis. Et là, ça va péter encore davantage. Blackbox Revelation et le bassiste de BJ entament un « Voodoo Chile « qui casse la baraque. L’intensité croît encore. Le chanteur-guitariste Jan Paternoster et le batteur Dries Van Dijck, deux gars de Dilbeek, mettent le feu, quasi littéralement. BJ revient avec le calme et l’émotion de « The wind cries Mary « . Paul Personne déboule pour « Foxy Lady « et « Stone Free « . Et puis c’est le fameux « Hey Joe « dont la fin, pour boucler la boucle, comporte des citations de « Piece of my heart « de Janis.

C’est fini. La salle debout continue à taper des mains et chanter « Hey Joe « . BJ revient. Et entame une des plus belles chansons du répertoire US : « Me and Bobby McGee «, de Kris Kristefferson, que Janis Joplin avait transportée vers des sommets d’émotion. Tout le monde revient sur scène, Personne et Blackbox compris, et c’est le grand final avec un époustouflant « Raise your hand « . Qui laisse le public pantois. Deux heures et demie de concert, deux heures et demie d’émotions et de bonheur.

Lundi 4 Octobre 2010 - 08:39



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